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Des déchets pour produire de l?énergie

26 février 2006, 00:00

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Le projet est ambitieux et suscite le vif intérêt du gouvernement. C?est qu?en sortant des sentiers de la construction, Gamma propose une solution inédite à la gestion des déchets dans le pays. L?entreprise se propose de construire une usine Waste to Energy (WTE) qui incinérera 80 % des déchets ménagers et industriels du pays tout en produisant 20 mégawatts d?électricité. Et aussi en respectant des normes qui garantissent un faible taux d?émission de polluants.

« Notre projet apporte une solution environnementale durable aux problèmes de Mare-Chicose et aux graves problèmes de gestion des déchets à Maurice. Ce sera une solution profitable en termes d?économie de carburant puisque les déchets constituent une source d?énergie renouvelable », affirme Tommy Ah Teck, le directeur général de Gamma.

80 employés permanents

Pour ce projet d?envergure, les Mauriciens se sont associés avec le leader américain dans le domaine de la génération d?énergie à partir de déchets. Cette entreprise, cotée à la bourse de New York, gère 31 unités WTE à travers le monde dont les actifs dépassent Rs 140 milliards de roupies. L?apport des Américains se chiffrera à plus de Rs 3 milliards alors que Gamma, à travers un consortium de banques locales et étrangères, lèvera l?équivalent de Rs 1,5 milliard de capitaux.

Gamma attend impatiemment sa letter of intent du Board of Investment (BOI). « Le projet est solide et intéresse.

Je ne crois pas qu?il y aura d?obstacles majeurs à sa réalisation », confirme-t-on à la BOI. Tommy Ah Teck estime que si l?autorisation des autorités tombe d?ici début mars, les travaux de construction pourraient commencer dès janvier 2007. Deux ans plus tard, l?usine située sur 23 hectares à la Chaumière, à côté d?une station de transfert du Central Electricity Board débutera ses opérations. Durant la phase de construction, le chantier emploiera 400 personnes. Une fois opérationnelle, l?unité accueillera 80 employés permanents.

Pour défendre son projet, Gamma invoque l?aspect écologique de ses installations. En effet, toutes les unités que l?entreprise américaine met sur pied obéissent à des normes strictes d?émissions de polluant que l?Union européenne a mises sur pied. « Des petits pays comme Singapour, les Bermudes ou Hawaï utilisent cette technologie. Ils ont compris qu?elle ne pose aucun problème environnemental. Au moment où Maurice table sur le tourisme pour sa croissance, il est important de préserver un paysage qui n?est pas défiguré par des sites d?enfouissement », pense Tommy Ah Teck.

Mais une unité WTE de cette taille traitant la quasi-totalité des déchets du pays doit bien causer quelques inconvénients. Ne va-t-on pas assister à une vague de mécontentement parmi les habitants de la région incommodés par le ballet des camions, l?odeur ou le bruit ? Ah Teck assure que ce ne sera pas le cas. « À Singapour des unités WTE opèrent en pleine ville, sans que cela incommode qui que ce soit. »

Mais il faut bien revenir à l?essentiel? aux sous ! Certes, l?unité de Gamma sera écologique, mais l?État devra payer pour utiliser cette installation. De plus, l?électricité qui sera produite sera achetée par le CEB. « Nous allons proposer un coût compétitif par rapport aux autres Independant Power Producers (IPP) », assure le directeur de Gamma sans donner d?autres précisions. Le promoteur pencherait plutôt pour une formule de retour sur investissement prédéterminée. Le gouvernement s?engagera alors à reverser à Gamma une somme annuelle qui correspondrait à la location des services du centre. La formule est en train d?être déterminée et fait l?objet d?âpres négociations entre Gamma, les ministères des Utilités publiques, des Finances et le CEB.

Sécurité d?approvisionnement en énergie

Certains froncent les sourcils. « Rien n?est encore arrêté, mais nous avons l?impression que sur le court terme, les prix pratiqués par Gamma seront relativement chers comparés aux autres IPP », explique un ingénieur du CEB. Mais Ah Teck a la parade. Il rappelle ainsi que le coût de l?huile lourde utilisée pour produire l?électricité à Maurice a presque doublé en deux ans et avance son argument vente par excellence. « Nous sommes en mesure de garantir des prix stables à la CEB sur une période de 25 ans ! » Une prévisibilité sur une aussi longue période a en effet le mérite de rendre le projet encore plus attrayant sur le plan financier pour le gouvernement. C?est cette « sécurité » d?approvisionnement en énergie qui séduit certains au gouvernement.

Mais en attendant que Gamma reçoive sa letter of intent du BOI, les négociations se poursuivent. Pour Tommy Ah Teck, son entreprise a proposé le meilleur projet pour le pays.

« Nous sommes confiants que les autorités prendront la bonne décision. »

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