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Des contrepoids aux politiques

5 juin 2005, 00:00

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La voix des politiques n?a pas recouvert celle de la société civile en ces temps d?élections. Il n?y a qu?à voir la presse : le tissu associatif, les anonymes et les intellectuels se font entendre pour demander que certains enjeux soient placés à l?avant-plan du débat politique. Le citoyen est interpellé, il dit ce qu?il veut, ce qu?il attend du politique. Mais ce n?est pas assez.

« La société civile a le devoir de s?exprimer plus. » L?appel a été lancé hier par Mgr Maurice Piat, évêque de Port-Louis, présent dans le cadre d?un échange d?idées, au Forum des cadres chrétiens. Ce souhait de l?évêque pour « plus de vigilance et d?engagement » du tissu associatif sur des questions relevant de « notre vivre ensemble » a eu un écho favorable au sein de cette équipe d?une trentaine de citoyens invités à réfléchir à la responsabilité politique des civils. Ils songent à lancer un club politique, qui permettra de réunir des courants différents, de favoriser les échanges et d?interpeller les politiques.

«Des îlots de richesse dans un océan de pauvreté»

Cela est d?autant plus nécessaire que le contrepoids au pouvoir politique est jugé insuffisant. « Alors que le temps est au dialogue civique, le monde politique est de plus en plus imperméable à la critique», a indiqué une intervenante.

Quelles sont les questions sur lesquelles la société civile devrait prioritairement se faire entendre ? Le financement des partis politiques, la justice sociale, la dictature des partis?

« À ce rythme, dans dix ans, la campagne électorale coûtera Rs 1 milliard », s?insurge un participant, qui appelle au débat sur le financement des partis politiques. Une autre question qui interpelle c?est l?existence « des îlots de richesse dans un océan de pauvreté ». Enfin, l?appareil des partis, qui fonctionnent comme des dictatures, est un enjeu d?importance en ce qu?ils découragent l?élite.

En somme, il faut pour favoriser l?instauration de ce dialogue civique, changer le regard sur la politique. « Faire de la politique, ce n?est pas seulement être candidat. S?engager dans une ONG et défendre des valeurs, c?est également faire de la politique », dit une intervenante. La politique, c?est l?affaire du citoyen.

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