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Des contacts téléphoniques entre Vinesen et Lagesse établis
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Des contacts téléphoniques entre Vinesen et Lagesse établis
?To capave gagne entre Rs 3 et 5 millions.? Ces paroles auraient été proférées par Gérald Lagesse, allègue le planton Poovaden Subbaroyan, alias Vinesen, dans sa déposition hier après-midi. Il corrobore la version d?un autre suspect, arrêté dans le cadre du ?hold-up? à la Mauritius Commercial Bank (MCB), Jiawed Ruhumatally. Elément de taille : les enquêteurs sont en présence de relevés téléphoniques confirmant qu?il y avait bel et bien un lien entre Vinesen et la victime, Gérald Lagesse, Customer Service Supervisor de la banque.
Des liens qui dateraient du début de cette année car c?est à partir de cette période que les appels se font plus fréquents. Et hors des heures de travail. Poovaden Subbaroyan explique, de son côté, qu?il connaissait bien la victime ?parski mo travay planton, li conn moi, mo abitie rann li servis?.
Du coup, la participation de Gérald Lagesse à ce délit dans lequel ce dernier a été retrouvé mort dans la salle des coffres et Rs 51, 8 millions ont disparu, s?en trouve précisée. Ces éléments tendent à confirmer qu?il y aurait bien un lien Lagesse-Vinesen-Ruhu-matally. Car dans un premier temps, les relevés du suspect Ruhumatally avaient confirmé un contact téléphonique entre les deux.
Les yeux sont maintenant braqués vers un sobriquet : Boss 007. Et là, le suspect Subbaroyan fait ressortir qu?il ne le connaît pas mais que ce dernier serait un haut cadre de la banque. Il aurait ainsi entendu Gérald Lagesse évoquer ce nom à plusieurs reprises.
Deux Rosehilliens incriminés
Au cours de sa déposition, Poovaden Subbaroyan a aussi incriminé deux habitants de la région de Rose-Hill. Ces personnes, allègue-t-il, étaient présentes à la banque au matin du 11 février. Et la Criminal Invesigation Division (CID) de Port-Louis-Sud et la Major Crime Investigation Team (MCIT) ont déclenché diverses opérations pour retrouver les deux hommes.
Dans ses aveux, le suspect Vinesen a aussi disculpé ses deux collègues plantons, Ashad Boodhoo et Shailendra Bungaradu qui n?auraient aucun lien avec cette affaire.
Ce plan, allègue le suspect Subbaroyan, aurait été concocté début novembre 2004. Il a aussi confirmé qu?il était le ?contact? entre Gérald Lagesse et les suspects arrêtés dans le cadre de cette affaire notamment Ruhumatally et Steve Monvoisin.
La déposition du planton a duré plus trois heures. Trois heures durant lesquelles il a relaté en détail son implication dans le délit. Il était en compagnie de son homme de loi, Me Rama Valayden.
Ce matin du 11 février, explique-t-il, il se trouvait à son lieu de travail à la MCB. Pour informer Jiawed Ruhumatally et Steve Monvoisin que la voie était libre, il a jeté des pièces de monnaie dans les escaliers. Les suspects avaient en leur possession une barre en aluminium et Gérald Lagesse l?aurait utilisée pour bloquer la porte de la salle de contrôle. La somme de Rs 51, 8 millions aurait quitté la MCB le même jour, ajoute Poovaden Subbaroyan à l?inspecteur Clency Meeterjoye.
Le quatrième suspect arrêté dans le cadre de ce délit, Satrojeetsingh Sotrooghan, affirme qu?il n?a fait que véhiculer Jiawed Ruhumatally et Steve Monvoisin le jour du délit. Il a aussi été examiné par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, médecin légiste, lundi. Le suspect devrait également participer à une reconstitution des faits devant la MCB, à Port-Louis, aujourd?hui. Pour le déroulement de l?exercice, un important dispositif de sécurité a été mis en place.
Dans les milieux des enquêteurs, on avance que la déposition de Vinesen devait prendre fin ce week-end. L?inspecteur Clency Meeterjoye a enregistré sa déposition sous la supervision du surintendant de police, Clifford Parsad de la MCIT. L?enquête est menée sous la supervision de l?adjoint au commissaire de police, Tangavel Seerungun.
Avant sa déposition, le suspect Poovaden Subbaroyan a demandé que l?inspecteur Rugbur de la CID-Sud se récuse de l?affaire. Il a expliqué qu?il se sentirait plus à l?aise loin du regard de l?inspecteur et ce dernier a volontairement quitté la pièce.
Me Gavin Glover, avocat de Steve Monvoisin, a de son côté été aperçu aux Casernes centrales hier après-midi. Il était à la MCIT pendant une demi-heure.
L?opposition crie au ?cover-up?, le gouvernement nie
L?opposition s?est heurtée à un mur, hier, au moment de la Private Notice Question (PNQ). Elle avait beau crier au ?cover-up? et au ?total blackout? dans l?affaire du ?hold-up? à la Mauritius Commercial Bank (MCB), le Premier ministre (PM), Paul Bérenger, n?en était pas plus bavard. Une attitude qui n?a fait qu?irriter l?opposition.
Le chef du gouvernement a en effet décidé de se garder de commenter quelque aspect que ce soit ?avant que l?enquête policière ne soit achevée?. Il a précisé qu?en temps et lieu, il reviendra à la Chambre avec une déclaration officielle.
En réponse aux interrogations de l?opposition, il s?en est donc tenu aux faits : jusqu?ici, six suspects ont été arrêtés et sont maintenus en prison jusqu?au 28 février 2005.
Il n?en fallait pas plus pour provoquer le leader de l?opposition. ?Onze jours se sont écoulés depuis le plus grand casse de ce pays et le PM dit qu?il ne peut répondre. Je comprends qu?il y a une enquête policière, mais il aurait pu donner de plus amples détails.? Paul Bérenger ne bronche pas.
L?opposition, elle, verra dans ce comportement des similitudes avec ce qui s?était passé après le détournement de fonds du National Pension Fund à la MCB. Elle affirme que, dans ce cas aussi, ?il y avait une tentative d?étouffer l?affaire?. Ce que réfute Paul Bérenger.
Le PM est de même très peu disposé à divulguer des informations sur les visites des inspecteurs de la Banque de Maurice (BoM) à la MCB pour vérifier les mesures de sécurité prises. Il ajoute ne pas détenir d?informations sur la date de la dernière visite des inspecteurs avant le ?hold-up?, tout en faisant comprendre qu?il ne souhaite pas s?ingérer dans les affaires de la BoM.
La brèche est ouverte pour parler de la précédente affaire MCB. ?A cette époque, l?actuel PM avait demandé au PM de ne pas en faire état?, avance Navin Ramgoolam. ?Je n?ai jamais demandé au PM de faire cela?, rétorque Paul Bérenger hors de lui.
Le speaker, Dev Ramnah, réagit : il rappelle que ces allégations de tentative d?étouffer l?affaire constituent une ?réflexion sur la conduite du PM? et n?ont pas leur place dans le débat. Ce à quoi le leader de l?opposition répond que les actionnaires de la MCB ont le droit de connaître les dessous de l?affaire ? et les actions prises dans leur intérêt.
Le PM rappelle alors que dans le cas MCB-NPF, la compagnie d?experts Ntan a été sollicitée et les recommandations exécutées. L?opposition n?en démord pas. La non-publication de ce rapport est, pour elle, ?preuve qu?il y a des tentatives pour étouffer les affaires liées à la MCB?.
Prise de bec
Pour Paul Bérenger, la raison est toute simple : la BoM?didn?t consider it fit to release the report?. Il affirme également avoir ?ni lu ni vu le rapport?, ce qui suscite l?incrédulité du leader de l?opposition.
Ce dernier trouve un autre filon à exploiter : le rapport, dit-il, laisse entendre que des directives ont été émises en haut lieu pour stopper toute enquête supplémentaire.
Le PM nie et une fois de plus, l?hémicycle s?emballe. Nouvelle intervention du speaker, avec, à la clé, une prise de bec entre ce dernier et le député de l?opposition, Madan Dulloo. (voir page 5)
Le leader de l?opposition ouvre alors un nouveau chapitre. Il veut savoir si la BoM a fait sa propre enquête pour connaître la somme dérobée ou si elle se contente des chiffres de la MCB. ?Je suis sûr que la BoM a fait son travail, mais je dois aller vers le gouverneur pour de plus amples renseignements?, déclare alors Paul Bérenger.
Navin Ramgoolam estime que là, la preuve est faite qu?il y a eu ?cover-up?. Une nouvelle fois, le PM nie. ?La police travaille en toute liberté et en toute indépendance. Quant à la BoM, elle sait ce qu?elle doit faire. Il n?y a pas le moindre soupçon d?interférence de qui que ce soit.?
L?opposition veut encore savoir si la police savait d?avance qu?il y aurait un braquage à la banque. Paul Bérenger répète qu?il ne fera ?aucun commentaire?. A quoi l?opposition brandit à de nouveau les accusations de ?cover-up? et ?black-out?. Le PM nie de nouveau.
Dev Hurnam, qui siège en indépendant, parlera, lui, de la circulation de l?information. Il veut savoir comment le gouvernement a réagi face aux fuites de l?enquête vers la presse et si quelque chose peut être fait pour empêcher les hommes de loi de parler. Le PM laisse alors entendre que le commissaire de police a déjà pris les dispositions et demandé aux officiers par écrit de ne pas donner d?informations à la presse. La question a également été évoquée au Bar Council.
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