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Des bêtes qui n?ont pas de... peaux

27 juin 2004, 20:00

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Les manteaux de fourrure sont populaires parmi les élégantes. Les félins tachetés furent particulièrement en faveur au cours des années 1960. En Amérique, pendant la décennie suivante, la vogue augmenta parce qu?une très grande dame portait un manteau de léopard. Ce vêtement valait 20 000 dollars et laissait entendre que la porteuse disposait de puissants moyens. Des campagnes de protection sont arrivées à freiner l?appétit pour les fourrures de félins.

Une autre famille de carnivores continue toutefois sa contribution aux pelleteries, retenant plus l?attention que la silhouette des porteuses. Beaucoup de ces fourrures enrichissaient les romans de nos jeunes années. Ils fourmillaient de trappeurs canadiens et de leurs rapports avec nos « frères rouges ».

Le nom du groupe fournisseur de ces toisons boréales, ?mustélidés?, est dérivé de belette. C?est un diminutif de ?belle? et l?animal figure dans des fables de la Fontaine, par exemple dans Le combat des rats et des belettes.

<B>Le suicide de l?hermine</B>

Un trait qui rend la créature attirante est son habitude de se dresser en soulevant ses pattes de devant comme le fait la mangouste chez nous. Brune en Europe, sa robe est blanche en Scandinavie et dans les Alpes pendant l?hiver. Le poil est très dru car on en compte 20 000 par centimètre carré.

Le membre le plus légendaire de la famille est l?hermine, toujours blanche en littérature. Elle est un important symbole breton, dont l?usage remonterait à une époque où un roi de Bretagne aurait croisé un chasseur poursuivant une blanche hermine. Elle se trouvait devant une mare boueuse et, pour échapper au danger, aurait été obligée de traverser la vase. Elle préféra se faire tuer plutôt que de souiller sa robe immaculée.

Cette histoire, citée comme symbole de pureté, avait cours pendant nos jeunes années, et la brave dame disposant des leçons de morale la citait comme un fait établi. L?hermine se porte sur la robe de plusieurs magistrats et professeurs.

Une autre fourrure de prix est celle de la zibeline. Le mot est d?origine slave et l?on associe la bête à la Sibérie. Elle figura dans un récent polar où l?action se passait dans cette région. Un autre trait slave est la couronne des tsars remontant au XVIe qui surmontait un large bonnet de zibeline.

L?animal est dit ?sable? en anglais, le mot ici étant issu du russe qui a donné zibeline. Les poils font des pinceaux pour artistes ou ?beautés? se maquillant artistement. Mais contribuent-ils au talent et au charme ?

On a essayé un élevage de ce sauvage distingué mais pas avec beaucoup de succès. En revanche, une espèce faisant rêver les midinettes, le vison, vit bien en captivité. Au moyen de croisements et de manipulations génétiques, on produit des variétés aux noms qui poussent au péché, comme ?noir geai?, ?bleu saphir?, ?lavande?, ou encore ?blanc neige?. Des ennemis de l?élevage prétendent que cette pratique est cruelle. Mais ce sont là cris de putois inefficaces.

Parmi les autres membres de la famille au poil pour leurs poils, citons la martre. Elle est arboricole et méchante dans des contes pour enfants sages. On ne peut échapper à la fouine, animal du même genre, ne serait-ce qu?à cause de son nom équivalant à chercheur trop curieux. Le nom ajouté à chat fait chafouine, autrement dit une personne de mine sournoise.

<B> ?Il court, il court le furet? </B>

Elle doit avoir la manie de ?fureter?, verbe issu de furet. Cet animal, toujours de la famille des mustélidés, est connu pour d?autres dons que la fourrure. ?Il court il court le furet, le furet du bois joli?, chantent les gamins. Les adultes utilisent sa course et son goût pour les lapins. Grâce à son aide, les Romains auraient contrôlé des populations de cet envahisseur !

L??uvre du furet continua et, six siècles plus tard, on le voit éliminer des rongeurs à bord de navires. Aussi bien qu?à terre dans des hangars, granges et autres entrepôts infestés de vermine. Et, de nos jours, des amateurs le connaissent toujours pour la chasse au même gibier.

Le furet est une forme blanche du putois. L?animal a réputation malodorante mais il s?oublie seulement quand il est effrayé.

Il ne nous est pas familier mais, en revanche, un petit carnassier d?une autre famille, la mangouste, nous est bien connu. On l?introduisit chez nous en 1900 pour contrôler des rats et on ne devait choisir que des mâles. Nous n?osons poser de questions sur les compétences des responsables dans le domaine que vous devinez. Car il y avait aussi des femelles dans le lot et nous payons aujourd?hui le laxisme des ?spécialistes?.

Terminons avec le blaireau, autre fournisseur de poils, par exemple pour des pinceaux à raser qui survivent, malgré la mousse bien connue. Une colle logique des cours de réflexion est de dire que le barbier du village se définit comme l?artisan qui rase tous les hommes du coin ne se rasant pas eux-mêmes. Se rase-t-il lui-même ?

<B> ?Une espèce faisant rêver les midinettes, le vison, vit en captivité. Au moyen decroisements et de manipulations génétiques, on produit des variétés aux noms qui poussent au péché, comme ?noir geai?, ?bleu saphir?, ?lavande?, ou encore ?blanc neige?.?

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