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Des armes saisies chez le général Fidy

22 novembre 2006, 20:00

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Le gouvernement joue sur le terrain médiatique pour acculer un peu plus le général Randrianafidisoa, après le “coup de force” à Ivato, la semaine dernière.

L’étau se resserre sur le général Randrianafidisoa. Les armes et matériels de transmission “sophistiqués” que les autorités affirment avoir saisis dans les résidences de l’officier général risquent de se retourner contre lui.

Des radios de transmission, des détonateurs et des explosifs, plusieurs boîtes de cartouches de long rifle ou de chasse ont été exposées à la presse, à la Brigade de recherche de la Gendarmerie nationale hier, à Fiadananana.

“Ces matériels ont été trouvés aux domiciles du général Randrianafidisoa”, explique le commandant Tahiana Ramaroson, chef de section de recherche criminelle. “Ils ont été saisis par les enquêteurs de la Gendarmerie nationale lors des perquisitions, à Ambolonkandrina et à Ambodirotra, lundi et mardi”, toujours selon le chef de section.

<B>Gestion de la communication</B>

Pour le commandant Tahiana Ramaroson, ces matériels peuvent être qualifiés de “sophistiqués”.

“Nous ne disposons pas d’un matériel de transmission aussi performant”, souligne le chef de section de recherche criminelle auprès de la Gendarmerie nationale. “Or, le général Randrianafidisoa ne dispose que de l’autorisation pour la détention d’une seule radio de bande latérale unique (BLU)”, ajoute-t-il

Le commandant Tahiana Ramaroson voit dans ces matériels des “preuves tangibles” qui risquent de jouer en défaveur du général Randrianafidisoa. “Nous avons également saisi un document de près de 200 pages, lors des perquisitions”, soutient le chef de section. Il se garde toutefois de dévoiler le contenu et l’auteur. “En tout cas, tout cela évoque quelque chose qui mérite enquête”, poursuit-t-il.

De son côté, le général Lucien Raharijaona, commandant de la circonscription de la Gendarmerie nationale (CRGN) se montre beaucoup plus prudent. “Pour le moment, nous sommes encore au tout début de l’enquête”, tempère le CRGN. “Il est encore prématuré d’affirmer dans quelle mesure ces matériels sont liés à l’action menée par le général Randrianafidisoa”, ajoute-t-il.

Mais avec ces matériels que les autorités affirment avoir saisis aux domiciles du général Randrianafidisoa, ce dernier risque gros. “Il doit répondre, devant les enquêteurs, de plusieurs soupçons pesant sur lui. Ceux-ci concernent, entre autres, une atteinte à la sûreté de l’état, une rébellion, un meurtre ou une séquestration”, selon la qualification évoquée par le commandant Tahiana Ramaroson.

Les autorités commencent à jouer sur le terrain médiatique pour acculer le général Randrianafidisoa. La présentation des matériels, annoncés comme retrouvés chez lui hier, peut être perçue dans ce sens.

Depuis le “coup de force”, vendredi et samedi, à la base aéronavale d’Ivato, le général Fidy a toujours réagi, en usant du téléphone, face aux déclarations des autorités. Lundi, les propos de l’officier général se résument à un communiqué, sans signature.

<B>Quatre militaires auditionnés</B>

Depuis hier, il n’est plus joignable au téléphone pour donner sa version des faits.

Depuis l’ouverture de la procédure d’enquête sur le “coup de force” à Ivato, les autorités ont déjà interrogé quatre militaires. Le général Lucien Raharijaona, commandant de la circonscription de la Gendarmerie nationale (CRGN) se garde toutefois de divulguer les noms de ces personnes. “Cela fait partie des secrets de l’enquête”, affirme-t-il.

“Pour l’instant, nous ne procédons pas à des arrestations, car nous sommes encore au stade du début de l’enquête”, affirme le CRGN. “Ce n’est qu’après une recherche beaucoup plus poussée que nous pouvons établir l’existence ou non d’infractions”, continue-t-il.

Cela n’empêche pas les enquêteurs, après le feu vert du Parquet, de lancer des avis de recherche contre le général Randrianafidisoa. Un autre avis de recherche est également émis à l’encontre de six autres officiers et sous-officiers.

Mais pour l’instant, seuls les actes du général Randrianafidisoa sont pris en compte par les enquêteurs, après le “coup de force” à la base aéronavale d’Ivato. Il s’agit d’atteinte à la sûreté de l’état, de rébellion, de meurtre, de menace verbale de mort, d’usurpation de titre ou encore de séquestration.

“Ce qui n’est pas, du moins pour l’instant, le cas des autres militaires recherchés”, explique le commandant Tahiana Ramaroson, chef de section de recherche criminelle à la Gendarmerie nationale. Il s’agit de deux colonels, de deux lieutenants-colonels, d’un capitaine et d’un sergent.

Interrogé sur l’éventualité d’autres perquisitions, le commandant Tahiana Ramaroson se montre également évasif. “Cela dépend du développement de l’enquête”, se contente-t-il de déclarer.

Iloniaina ALAIN</B>

MUTINERIE

<B>Le général Fidy nargue les autorités</B>

■ Vingt-quatre heures après le lancement de l’avis de recherche contre lui, le général Randrianafidisoa n’est toujours pas arrêté. Mais la bataille est déjà engagée entre le gouvernement et lui sur le plan médiatique.

Le cache-cache entre le général Randrianafidisoa et le pouvoir continue. Malgré l’avis de recherche lancé par les autorités contre lui, l’ancien directeur général de l’Office des mines nationales et des industries stratégiques (Omnis) échappe toujours aux mailles de la police.

“Nous continuons à poursuivre nos recherches”, soutient, hier, Lucien Victor Razakanirina, secrétaire d’état chargé de la Sécurité publique, joint au téléphone. “L’opération n’est pas facile. Il est très mobile”, reconnaît-il.

Selon des indiscrétions, le général Randrianafidisoa se déplace entre quatre à cinq résidences. D’où les difficultés des autorités à l’appréhender. Mais Lucien Victor Razakanirina assure que le pouvoir “ne compte pas renoncer” à l’arrestation du général Fidy afin qu’il s’explique sur ses actes”.

Trois jours après l’initiative du général Randrianafidisoa, les autorités militaires commencent également à sortir de leur réserve. Elles occupent le terrain médiatique sur lequel l’ancien directeur général de l’Omnis cède peu à peu. Hier, le général Raonenantsoampianina, chef d’état-major général de l’armée (Cemgam), est intervenu pour donner, pour la première fois, sa version des faits, après s’être muré dans le silence.

“Quelques militaires proches du général Randrianafidisoa ont commencé à reprendre du service”, souligne le Cemgam. “Ils ont fui le camp après les événements de vendredi et samedi, mais nous leur avons lancé un appel tout en leur expliquant qu’ils ont été manipulés”, ajoute-t-il, sans plus.

Le général Raonenantsoampianina souligne également la responsabilité du général Randrianafidisoa dans la prise du camp de la base aéronavale d’Ivato.

Tout en évitant les autorités, le général Randrianafidisoa tente de répliquer, toujours par presse interposée, en donnant sa version des événements du week-end dernier. Dans une lettre, ni signée ni authentifiée, le général Randrianafidisoa laisse entendre qu’il est à Toamasina. Mais aucun élément ne vient confirmer une telle affirmation. Dans sa lettre, l’ancien directeur général de l’Omnis nie également toutes les accusations lancées contre lui par les autorités.

Iloniaina ALAIN </B>

MESSAGE

<B>Respecter le choix des Malgaches</B>

■ Les états-Unis dénoncent toute prise de pouvoir par la violence. L’ambassadeur américain James McGee recommande le respect de la liberté d’expression politique.

Les hommes politiques sont prévenus. Celui qui soutiendra toute réaction violente consécutive à l’élection présidentielle verra ses relations avec les états-Unis remises en cause.

Dans un communiqué, l’ambassadeur des états-Unis, James McGee, annonce “clairement que l’ambassade des états-Unis ne cautionnera aucune violence quelconque, et remettra en question sa relation avec tout leader politique qui encouragerait de telles hostilités”.

Les états-Unis craignant qu’une crise similaire à celle de 2002 ne survienne, James McGee invite la classe politique à éviter tout geste et propos pouvant conduire le pays à une situation aussi “tragique”. Celle-ci a “causé trop de souffrance parmi le peuple malagasy”, écrit-il. Dans son message, il enjoint “les participants à cette élection à respecter la décision du peuple malgache”, lorsque celui-ci se sera exprimé le 3 décembre.

Après avoir rencontré la plupart des quatorze candidats et entendu leurs points de vue, James McGee a eu de quoi s’inquiéter. “Quelques leaders de l’opposition ont soulevé que leur éventuelle défaite ne serait que le fruit d’instances de fraude et que cela engendrerait une réaction violente”, raconte-t-il.

Pour éviter toute suspicion de fraude et de favoritisme, ainsi que pour permettre aux électeurs malgaches de voter en toute connaissance de cause, l’ambassadeur des Etats-Unis préconise la liberté d’expression. Ainsi, tout en exhortant les autorités “à assurer la liberté d’expression politique pendant la période de campagne”, le chef de la mission diplomatique américaine “encourage tous les candidats à prononcer des discours pacifiques, productifs et responsables”.

Quelques semaines plus tôt, l’Union européenne et quelques pays d’Europe ont déjà fait les mêmes recommandations. L’égalité d’accès aux médias publics durant la campagne électorale a été l’un de leurs principaux messages.

<B>Lova Rabary-RAKOTONDRAVONY</B>

<B>Ressources naturelles : les exploitants forestiers interpellent l’état</B>

Les professionnels de l’exploitation forestière appellent à l’établissement d’un dialogue avec l’état et revendiquent la reprise au plus vite de la délivrance des permis.

Vif débat hier à l’espace de verre d’Ankorondrano. Le syndicat national des exploitants forestiers de Madagascar (SNEFM) y a tenu une table ronde sur la planification stratégique de l’exploitation forestière. Les impacts de la suspension de la délivrance du permis depuis novembre 2000 figurent parmi les principaux problèmes évoqués par les syndicalistes.

La prolifération des exploitants informels, avec comme conséquence immédiate l’exploitation abusive des forêts, se trouve au coeur du débat. Les syndicalistes ont dénoncé de la part de l’état, le manque de volonté d’établir un dialogue avec les opérateurs.

“Nous pouvons constater aujourd’hui que les forêts sont détruites avec une vitesse incroyable. Le laisser-aller a favorisé les exploitations illicites, destinées à approvisionner les besoins croissants du pays en matière de bois”, déclare Rose Razanarisoa, présidente du SNEFM.

Auparavant, c’était le système dit “de gré à gré” qui a été pratiqué pour la délivrance de ces autorisations. à l’époque, les exploitants devaient, en contrepartie de leurs permis, payer des redevances financières et en nature à l’état et s’engager à faire du reboisement. D’après un décret publié au début de l’an 2000, l’octroi des permis forestiers devrait se faire uniquement par appel d’offres, mais ce nouveau système n’a jamais pu être appliqué.

Concrétisation</B>

“De 270 il y a six ans, le nombre de permis d’exploitation forestière encore valides à l’heure actuelle est passé à une dizaine”, déclare la présidente du SNEFM.

“L’état dans la situation actuelle n’est pas en mesure de mettre en place la délivrance par voie d’adjudication, étant donné que cela nécessiterait l’inventaire complet et précis de chaque parcelle de forêt du pays”, souligne-t-elle.

Concernant justement ce problème d’inventaire, Roland Raharison, directeur de l’exploitation des ressources forestières auprès du ministère des Eaux et forets a affirmé que la collecte des données débutera prochainement. “Les techniciens qui effectueront les opérations d’inventaire seront bientôt à pied d’œuvre”, a-t-il affirmé durant la table ronde d’hier. “On attend que cette intention se concrétise”, répond-t-on du côté du SNEFM.

En tout cas, les hauts responsables du ministère des Eaux et forêts n’ont pas assisté à la réunion d’hier. Outre quelques directeurs, ni le ministre, ni le secrétaire général n’ont répondu à l’invitation des opérateurs.

Mahefa RAKOTOMALALA</B> L’express de Madagascar</I>

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