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Derrière les sourires?
Il ne faut pas compter sur les états-majors politiques pour se faire une idée de la tendance qui se dessine à Piton-Rivière-du-Rempart. Evidemment, dans les deux camps, on crie victoire, avec une certitude déconcertante, des fois même convaincante.
Mais derrière la rhétorique, archi-entendue des Paul Bérenger, Pravind Jugnauth, Navin Ramgoolam, et les mines radieuses des candidats Rajesh Jeetah et Prakash Maunthrooa, quelle est réellement la situation sur le terrain ?
A trois semaines de l?élection, il est difficile de faire un pronostic, tellement la joute semble serrée.
« Il y avait un écart manifeste entre les rouges et le gouvernement après les deux meetings du 14 novembre. Clairement l?alliance sociale était en tête et le MSM-MMM, lui, en difficulté après le changement de candidat et l?épisode Cehl Meeah. Mais aujourd?hui l?écart semble s?amenuiser, mais rien n?est définitif », observe le propriétaire d?un commerce à Rivière-du-Rempart, féru de la chose politique. Observation partagée par beaucoup, y compris des activistes des deux principaux bords.
A Piton, autre important village de la circonscription, les deux alliances semblent faire jeu égal. Il ne faut surtout pas se fier aux agents, dont la plupart sont des chômeurs, pour avoir un pronostic. Ils sont tellement versatiles, se plaignent plus d?un dirigeant politique.
Effectivement, après avoir obtenu un peu d?argent pour coller des affiches ou accrocher des oriflammes, ces « activistes » vont, dès le lendemain, voir du côté des adversaires pour proposer leurs services. Et quand ils sont au service des « adversaires », ils n?hésitent pas à enlever les affiches qu?ils avaient eux-mêmes collées la veille. Explication, sans détour, d?un activiste pointé du doigt : « En réalité, la politique on s?en fout. Nous n?avons pas de travail. Et la campagne est une occasion pour nous d?avoir quelques sous avant les fêtes de fin d?année? »
Un ancien ministre, aujourd?hui dans l?opposition, confie que l?électorat du n° 7 est « surprenant » : «Lors des séances de porte-à-porte, le gouvernement et l?opposition sont accueillis de la même façon. Les habitants veulent bien écouter les politiciens mais ils veulent surtout savoir ce que ces derniers peuvent faire pour eux. »
Sur ce plan, le gouvernement joue sa meilleure carte: le développement infrastructurel qui saute aux yeux au n° 7 (voir texte plus loin). En revanche, plus d?un ministre sont mal à l?aise devant la pression exercée par nombre de jeunes pour trouver un emploi. Le chômage est une réalité criarde à Piton-Rivière-du-Rempart; l?opposition en a d?ailleurs fait l?un des thèmes majeurs de sa campagne, jouant sur l?amertume des chômeurs.
«La force de l?alliance sociale, c?est les faiblesses du gouvernement qui n?a pas pu résorber le chômage, comme promis, fait ressortir un membre d?une association de jeunesse, mais la faiblesse de l?alliance sociale, c?est une absence de bilan. En revanche, son langage communal joue à la fois pour et contre elle, dépendant des milieux...»
Mais la difficulté majeure au n° 7, que rencontrent d?ailleurs les services de renseignements de la police, c?est la majorité silencieuse qui « suit la campagne de loin ».
Dans les rassemblements, il y a beaucoup qui ne sont pas habitants du n° 7. Ils créent un impact psychologique certes, mais ils faussent les données, rendant tout sondage difficile, voire impossible. Tous les jours, jusqu?à tard dans la nuit, les deux blocs jettent d?ailleurs tout leur poids dans la bataille, comme s?ils voulaient se convaincre eux-mêmes...
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