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Denrées alimentaires : la hausse des prix inquiète la Banque de Maurice

4 mars 2008, 00:00

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«Seul l?exercice de prudence dans la fixation des prix par toute la chaîne de distribution pourrait aider à atténuer la situation inflationniste qui sévit au niveau des prix des denrées alimentaires». Le message de Ahmad Jameel Khadaroo, deuxième vice-gouverneur de la Banque de Maurice est on ne peut plus clair face à la hausse généralisée des prix qui sévit dans le pays, et particulièrement dans la chaîne de distribution des produits alimentaires de base.

Le second vice-président de la Banque centrale s?exprimait au cours d?une conférence qui a eu lieu vendredi à l?université de Maurice.

Les mesures prises par la Banque de Maurice au cours du mois de juillet 2007, où le taux d?intérêt directeur a été revu à la hausse (il était, à l?époque, passé de 8,5 à 9,25 %), n?ont eu une influence que sur le Consumer price index inflation (headline inflation). Celui-ci a connu une tendance à la baisse depuis cette période. En ce qui concerne l?inflation relative au prix des denrées alimentaires (Food inflation), elle est restée insensible aux politiques monétaires de la Banque centrale et, au contraire, amorce une tendance à la hausse.

Pourtant, toutes les analyses se sont accordées en ce qui concerne les effets bénéfiques de la hausse du taux d?intérêt de juillet 2007 sur la réduction de l?inflation. Cette hausse du taux d?intérêt a eu pour effet, entre autres, la stabilisation de la roupie, l?afflux d?un plus grand nombre d?investisseurs étrangers et une nouvelle impulsion à l?épargne dans le pays.

Malgré cela, l?inflation des denrées alimentaires n?a pas connu de tendance à la baisse. D?où l?appel lancé par Ahmad Jameel Khadaroo à toute la chaîne de distribution de l?alimentation afin qu?elle fasse preuve de retenue et surtout de transparence dans le processus de fixation des prix de ses produits.

Erosion du pouvoir d?achat</B>

Même si les autorités de la Banque centrale reconnaissent que la situation inflationniste est en grande partie due à l?environnement international, caractérisé par une forte demande des produits de base conjugué à une baisse de l?offre découlant des perturbations climatiques observées ici et là, il n?en demeure pas moins que des causes internes sont également à déplorer.

Lors de la conférence de vendredi, d?autres intervenants, à l?instar de Jitendra Nathsing Bissesur, Assistant Director, Research (Statistics) ont tour à tour pris la parole, avec force détails et chiffres à l?appui, pour attirer l?attention sur l?ampleur de cette crise inflationniste qui met au défi la politique monétaire de la Banque de Maurice. La stabilité des prix sans laquelle il ne peut y avoir de croissance économique, était en définitive, la principale préoccupation des intervenants de cette conférence. The Bank of Mauritius Act (2004) fait en effet ressortir que les objectifs principaux de la banque centrale sont de «maintenir une stabilité de prix et de promouvoir un développement économique ordonné et équilibré ».

La stabilité des prix est loin d?être réalisée dans un environnement économique où l?inflation a pris, ces derniers mois, une ampleur tout aussi déroutante qu?inquiétante. Les prix des produits de base se sont en général envolés provoquant l?érosion accrue du pouvoir d?achat des ménages. Ainsi, selon les chiffres de la Banque centrale, les prix des céréales, tels le blé, le maïs et le riz ont fortement augmenté. En janvier 2008, on a observé une augmentation de 143 % au niveau du prix du blé, de 111 % de pour le maïs et de 36 % pour le riz sur la période 2005- janvier 2008.

Alors que le taux d?inflation enregistré en janvier 2008 était de 8,9 %, il ressort que ce taux découle en grande partie de la situation inflationniste enregistrée sur le marché des denrées alimentaires. En effet, toujours selon les chiffres de cette institution bancaire, ce taux d?inflation est précisément le résultat ? dans une proportion de 51% ? de l?envolée des prix des aliments et des boissons non alcoolisées.

Face à cette situation, plusieurs voix se sont élevées ces dernières semaines, imputant la hausse démesurée des prix à la chaîne de distribution. Elle est soupçonnée de se tailler de larges marges de profit au détriment des consommateurs, et de ne pas répercuter assez les avantages de change dont elle bénéficie depuis maintenant plusieurs semaines, depuis que la monnaie locale est devenue plus forte. La réponse des distributeurs ne s?est d?ailleurs pas fait attendre. Au cours du mois de février, la Chambre de Commerce et d?Industrie de Maurice a organisé une conférence de presse, au cours de laquelle elle a lavé la chaîne de distribution de tout soupçon, estimant que les avantages de change dont les consommateurs auraient pu bénéficier sont en fait emportés dans la spirale d?une hausse généralisée des prix sur le marché international.

Jitendra Nathsing Bissessur et Ahmad Jameel Khadaroo, entre autres, ont tour à tour pris la parole, souhaitant qu?avec le Competition Bill, viendraient aussi plus de transparence et plus de compétitivité dans la chaîne de distribution des produits alimentaires, facteurs pouvant aider à réduire l?inflation à Maurice.

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