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Denis Pilot : ?Les producteurs de sucre sont découragés?

26 juin 2007, 00:00

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Anxiété et découragement. Deux mots qui résument le sentiment actuel des producteurs de sucre, planteurs et usiniers confondus, et mis en exergue par Denis Pilot, président sortant de la Chambre d?agriculture lors de l?assemblée générale annuelle de l?organisme hier.

La réforme, dit Denis Pilot, est au point mort, alors que le protocole sucre prend fin le 30 septembre 2009. Sans compter que les pays moins avancés (PMA) et les pays non-PMA du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) auront un accès ?grandissant? et ?accéléré? aux marchés européens. Et puis, le 1er octobre 2012 marquera la fin du prix garanti pour notre sucre exporté vers l?Europe.

Pour ces raisons, Denis Pilot estime que le plan d?action de Maurice, ou la Stratégie d?adaptation multi-annuelle, doit être mis en ?uvre dans son intégralité. Ses différentes composantes sont totalement imbriquées et ne peuvent être considérées de manière indépendante ou isolée.

?Ce plan rassemble différents opérateurs de l?industrie, petits et grands planteurs, usiniers, travailleurs et prestataires de services. Il soutient l?activité des petits planteurs en proposant de nouvelles stratégies de regroupement et d?économies d?échelle?, rappelle Denis Pilot.

?Le plan relance aussi certaines initiatives pour encourager davantage les planteurs à investir dans la modernisation de leurs opérations, afin qu?ils puissent participer pleinement au projet de réforme et en récolter les fruits. Il fait aussi de la place, ajoute-t-il, pour de nouveaux arrangements participatifs entre les acteurs tout au long de la filière.?

Denis Pilot estime que, sans la possibilité de développer des centrales thermiques utilisant la bagasse et le charbon en période hors récolte, l?investissement additionnel en capacité de production de sucre n?est pas économiquement viable.?Il faut optimiser la filière de production, et ainsi réduire des opérations intermédiaires inutiles. Certains proposent de transporter toute notre mélasse jusqu?au port et d?utiliser l?huile lourde pour y produire de l?éthanol. Cela est illogique?, estime-t-il.

Il trouve ?incompréhensible? qu?à ce jour, le prix du sucre sur le marché local demeure inchangé, depuis 15 ans, à cause du contrôle des prix. Le sucre consommé localement a coûté aux usiniers, gros planteurs et petits planteurs, Rs 473 millions, soit l?équivalent d?un manque à gagner de Rs 934 pour chaque tonne de sucre produit.

Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie, a, lui, déclaré qu?il n?est pas question de subventionner ceux qui utilisent le sucre sur une base industrielle. Il a mis l?accent sur la nécessité de produire du sucre raffiné sur une grande échelle, à cause du prix compétitif de production par rapport au sucre roux. ?Cela est essentiel à la survie de l?industrie sucrière?, a dit le ministre.

Sur la question d?application de la semaine de 40 heures pendant la coupe, le ministre a dit que le verdict du Tribunal d?arbitrage permanent engage (binds) toutes les parties. Le gouvernement va étudier les modalités de sa mise en ?uvre, pour s?assurer que les intérêts de tous soient sauvegardés.

Le successeur de Denis Pilot a été élu lors de la réunion. Il s?agit de Jean Ribet qui occupera le poste de président de la Chambre d?agriculture en 2007-2008. Cet expert-comptable de formation est Group Chief Executive de Constance Group.

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