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Demi-mesure
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
La population du pays vieillit. Il y a moins d?actifs pour financer les retraites. Cette réalité nouvelle oblige l?Etat à adapter les régimes de pensions. Quels sont les changements qui sont préconisés par les experts ? Ils proposent que l'âge de la retraite soit repoussé et demandent que la pension de vieillesse soit octroyée aux seuls nécessiteux. Or, la réforme, telle que le Premier ministre l?a définie hier, n?est qu?une demi-mesure. Elle n?apporte pas de solution durable à la question des pensions.
Navin Ramgoolam a annoncé le maintien du principe universel de la pension de vieillesse. Tous, riches comme pauvres, continueront à en bénéficier, a-t-il promis, à la seule condition qu?ils aient 60 ans ou plus. Mais, le Premier ministre s?est prononcé, dans le même souffle, en faveur du report de l?âge de la retraite à 65 ans. Il y aura donc une catégorie de citoyens qui percevront des salaires jusqu?à l?âge de 65 ans tout en touchant une pension de vieillesse. Cela n?est pas conforme à la logique. C?est une réforme qui manque de cohérence. Décidément, la politique est un domaine qui ne sera jamais régi par la raison !
Certes, il fallait encourager le maintien dans la vie active des personnes encore aptes à travailler. Cela soulagera les jeunes générations appelées à travailler et à cotiser pour payer les pensions des seniors.
Actuellement, on compte sept personnes qui travaillent pour un retraité. Dans 40 ans, si le système reste inchangé, il n?y aura que deux salariés pour supporter la pension d?un retraité. Le Fonds national de pension était donc mathématiquement condamné à mourir en l?absence d?une réforme. Avec le report de l?âge de la retraite, la population active s?accroît et, du coup, le nombre de retraités baisse.
Pour sa part, le PRB a annoncé une révision du système des pensions des fonctionnaires. Sa proposition sera sans doute acceptée par le gouvernement et, probablement, par les syndicats aussi. Désormais, tout comme les salariés du privé, ceux du secteur public devront cotiser pour pouvoir bénéficier d?une pension. Cela réduira d?autant la note de l?Etat pour le paiement de la pension de ses employés. La pension non-contributive des fonctionnaires était une anomalie qui mobilisait une partie trop importante des revenus de l?Etat.
Le Fonds national de pension sauvé, les régimes de retraite des secteurs public et privé rendus homogènes, il reste l?essentiel : s?attaquer au principe universel de la pension de vieillesse, payable à partir de 60 ans. Il est ruineux pour l?Etat de maintenir au niveau actuel l?enveloppe des prestations sociales. La Banque mondiale le disait en juin 2004 dans un rapport sur la modernisation du système des pensions : «The unfunded nature of the universal scheme, together with the income maintenance scheme of the civil service, are endangering the country's economic stability.»
Mais la raison politicienne a prévalu. Elle ne s?encombre pas de l?opinion des spécialistes.
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