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De nouveaux billets de banque dont un de… Rs 100
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De nouveaux billets de banque dont un de… Rs 100
On se réévalue comme on peut. Le gouvernement songe à émettre de nouveaux billets de banque dont un de Rs 100, la plus grosse coupure étant, en 1979, de Rs… 50, moins la dévaluation de 30 %… bien sûr ! Ces petites coupures, dévaluées de surcroît, gênent beaucoup les transactions majeures. Autre signe des temps, le gouvernement songe également à remplacer les billets de cinq roupies-Ringadoo par des pièces de monnaie devant, en principe, mieux résister aux usures des dévaluations annoncées.
Celles-ci ne sont pas une vue de l’esprit si l’on croit un article de l’express du 5 novembre 1979 et intitulé :“La Banque mondiale et le Fonds monétaire international tiennent la dragée haute au gouvernement.” Les discussions entre ce dernier et les représentants des institutions de Bretton Woods deviennent chaque jour plus ardues. Intransigeants, ils veillent à ce que les conditions imposées soient respectées à la lettre par les dirigeants politiques locaux. Sinon… pas de crédit de Rs 730 millions. Ils examinent à la loupe le projet de plan quinquennal de développement (1980-85) et l’épluchent ligne par ligne, n’hésitant pas à éliminer tout ce qui ressemble de près ou de loin à un projet de prestige inutile.
Il compare volontiers la requête d’un prêt de Rs 730 millions et le demi-milliard gaspillé en pure perte en surestaries (demurrage fees) en raison de la paralysie portuaire, imposée par la surenchère syndicaliste mauve. Ce demi-milliard ainsi gaspillé représente deux années de recettes touristiques, la deuxième source locale de devises étrangères.
Banque mondiale (BM) et Fonds monétaire international (FMI) ne partagent aucunement les espoirs gouvernementaux d’un autre boom sucrier, semblable à celui de 1973-76. D’ailleurs à quoi bon un boom sucrier si l’on ne sait pas en tirer le meilleur parti possible ? Leurs représentants en mission à Maurice rappellent que, depuis 1973, ils signalent au gouvernement mauricien qu’il fait fausse route, qu’il doit réduire ses dépenses et le déficit budgétaire, qu’il doit revoir ses priorités de développement, qu’il doit être plus prudent en ce qui concerne ses emprunts à l’étranger. A tous ces conseils de prudence et d’austérité, le gouvernement brandit l’argument de la souveraineté et de la dignité nationales. Ils ont ainsi conseillé, mais en vain, trois dévaluations successives de 10 %.
A présent que l’île Maurice n’a d’autre alternative que de frapper aux guichets de la BM et du FMI, ceux-ci ne peuvent faire autrement que de regrouper les mesures d’austérité qui auraient pu avoir été réparties sur trois ans si le malade avait consenti à se faire soigner en début de maladie au lieu d’attendre l’imminence de l’agonie. Les Mauriciens doivent donc s’attendre à de nouvelles dévaluations et dépréciations, à la réduction de la politique de l’Etat-providence, à celle des subventions sur la farine et le riz de ration, l’élimination graduelle de la Development Works Corporation et possiblement à l’abolition de l’éducation payée par les consommateurs et les contribuables et non par les parents d’élèves.
Au sein du gouvernement, le tiraillement est à son comble. Sir Seewoosagur Ramgoolam, soutenu en cela en partie par le secteur privé, souhaite la formation d’un gouvernement d’unité nationale. Il se contenterait même d’une coalition avec le Mouvement militant mauricien (MMM), excluant le Parti mauricien social-démocrate. Ce dernier ne se laisse pas faire. Soutenu par les faucons du Parti travailliste qui n’entendent pas transiger avec le MMM de Paul Bérenger, il pousse le Premier ministre à procéder au plus vite à un remaniement ministériel capable de donner un nouveau reflet et un nouveau dynamisme à l’action gouvernementale.
L’historien Rivaltz Quenette, quant à lui, conserve un optimisme inaltérable et publie La fin d’une légende, persuadé d’être capable d’ôter dans le subconscient de tant de Mauriciens le mythe que Maurice est ce qu’elle est avec ses 70 % d’habitants d’origine asiatique, ses riches et ses pauvres, simplement parce que les esclaves auraient refusé de travailler la terre et de continuer à suer sang et eau dans les plantations de cannes à sucre après l’abolition de l’esclavage, le 1er février 1835. Il faut plus qu’un livre pour détruire un mythe. Si La fin d’une légende était entre-temps devenu un manuel scolaire, étudié par tous les élèves de Maurice, il y aurait eu peut-être, un autre regard national sur le cours de l’histoire de notre pays. Relisons donc La fin d’une légende si l’on veut que notre Rivaltz Quenette national conserve son optimisme.
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