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De mal en pis au collège Aleemiah

29 août 2006, 00:00

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On n?est pas encore sorti de la crise au collège Aleemiah? Une réunion, hier, pour essayer de règler les problèmes, a failli tourner au lynchage de la direction. Il a d?ailleurs fallu l?intervention de la police pour permettre au président du conseil d?administration, Yusuf Joonas, et au directeur de l?établissement, Peerbye Owasil, de sortir des griffes des parents, enseignants et élèves.

La réunion débute peu après 10 heures, à l?établissement de Phoenix, devant un parterre d?environ 400 personnes. La direction du collège et de la Parent Teacher Association (PTA) essaie de trouver une solution pour désamorcer la grève des élèves qui a commencé mercredi dernier.

La tension est palpable. Pour corser le tout, la direction indique qu?elle n?a pas d?explications à donner sur sa décision de suspendre deux enseignants du collège. A l?entrée du nouveau bâtiment où a lieu la rencontre, le ministre des Utilités publiques, Abu Kasenally, qui veut être présent, est gentiment conseillé de changer d?idée. C?est ce qu?il fait d?ailleurs. Idem pour l?ancien conseiller spécial au bureau du Premier ministre, Swaley Kasenally.

Tout confirme que les choses vont empirer. Les enseignants, qui ne sont pas invités à la réunion, forcent l?entrée. La colère monte au fur et à mesure et la réunion échappe rapidement au contrôle. Parents, enseignants et élèves accusent. La direction réfute. Les orateurs se succèdent au micro, avec ou sans invitation, alors que l?assistance montre des signes de nervosité grandissante.

Peu après 11 heures, l?intervention énergique d?une élève fait déborder le vase. Lorsqu?elle se fait arracher le micro, des parents s?en mêlent. Un membre de la PTA essaie de raisonner la foule mais c?est déjà trop tard. C?est la pagaille et rien ne va plus. La direction essaie de sortir de la grande salle mais on entend des cris dans la confusion générale. ?Pa les zot sorti! Zot bizin demisyone, bat zot!?

Une soixantaine de personnes encerclent et malmènent Yusuf Joonas et Peerbye Owasil. Certains essayent même de les frapper. C?est la grande bousculade. Pris dans la mêlée, les deux font des pieds et des mains pour s?en sortir. Au passage, ils prennent quelques coups mais sans gravité.

Des policiers indécis

La vingtaine de policiers, présente sur les lieux, ne sait trop quoi faire. La situation est tellement irréaliste que l?issue est bloquée par la police. Ce qui donne involontairement un coup de main aux parents et enlève toute chance de sortir au président et au directeur du collège. La foule, qui prend toujours à partie des personnes de la direction, se retrouve de l?autre côté de la salle. Ce n?est qu?un bon moment après que la police décide d?agir pour ramener l?ordre.

A la sortie, et alors que des gens scandent des propos hostiles depuis la salle de réunion qui se trouve au troisième étage du collège, Peerbye Owasil déclare: ?Certains élèves et des profs ont organisé ce désordre. C?est triste que les choses se soient déroulées ainsi. Ils ne connaissent pas la vérité.... La direction ne peut pas décider de réintégrer les profs comme cela car il y a toute une procédure à suivre. Nous travaillons dans l?intérêt supérieur de l?éducation. Des bousculades par ici par là, ça peut arriver, mais c?est le bon sens qui doit prévaloir.?

Dans l?après-midi d?hier, la PTA tient une nouvelle réunion pour décider de la marche à suivre. ?Nous n?avons pas encore décidé si la direction doit démissionner ou non, explique le président de la PTA Goolam Sokeechand, mais en revanche, nous demandons que les deux enseignants soient réintégrés.?

La direction et la PTA sont convoquées à une réunion à la Private Secondary Schools Authority (PSSA) aujourd?hui. Alors que la PTA indique que les classes reprennent normalement aujourd?hui, des élèves soutiennent le contraire.

Mercredi dernier, la police avait dû intervenir d?urgence en faisant usage de matraque et de gaz paralysant du fait que des élèves tentaient d?enfoncer le portail du collège pour descendre dans la rue. Un étudiant de 15 ans avait été interpellé par la police qui le soupçonnait d?avoir lapidé la voiture d?un enseignant.

En fait, les choses ont commencé à s?envenimer en février dernier lorsqu?un membre de la direction a interpellé un enseignant dans la cour de l?école. Cela donna suite à une lettre de protestation signée par une soixantaine d?enseignants du collège et envoyée au ministère de l?Education et à la PSSA. ?Mais les autorités n?ont pas réagi?, soutient un enseignant.

La direction aurait répondu à ce courrier de dénonciation en proférant des menaces à l?encontre des enseignants. Il y a quelques semaines, un enseignant de maths, Shariff Peerun, qui compte 28 ans de service, est suspendu. Puis c?est au tour de Jyoti Ramchurn, prof de physique depuis 15 ans. A partir de là, les relations entre enseignants, parents et élèves, d?un côté, et la direction, de l?autre, n?ont cessé de se déteriorer.

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