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De l?ombre à la lumière?

5 août 2007, 00:00

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Arbitre local, puis de la fédération internationale Me Teverajen Ponamballum a été nommé en octobre dernier, juge-arbitre (referee). Il lui a fallu une décennie pour obtenir cette plus grande reconnaissance dans le domaine de l?arbitrage. Sa compétence est appréciée à la fois sur le continent et sur le plan international. D?ailleurs, depuis sa nomination, il est de plus en plus sollicité par la Badminton Africa Confederation (BAC) et la Badminton World Federation (BWF).

Après les Championnats d?Afrique en décembre dernier, notre compatriote a officié aux Internationaux de Maurice, en mai dernier, et, tout récemment, aux Jeux d?Afrique. À peine rentré d?Algérie, il s?est vu confier une autre mission, l?Open de l?Inde dont la date n?a pas encore été fixée.

Juge-arbitre étranger pour combattre la tricherie

Me Teverajen Ponamballum, que nous avons rencontré, revient, volontiers, sur son passage en Algérie le mois dernier. Un pays qui a été montré du doigt par nombre d?athlètes en raison d?un arbitrage partial qui a fait beaucoup de victimes. Le boxeur mauricien Bruno Julie en sait quelque chose.

« Mais le problème ne s?est pas vraiment posé en badminton. Il y a eu un ou deux cas de tricherie par les juges de lignes, mais avec l?aide de mes deux assistants, le Mauricien Hassen Hyderkhan et la Sud-Africaine Greta Prinslou, nous avons vite maîtrisé la situation », assure-t-il.

Selon Me Ponamballum, l?enjeu était trop important pour que les arbitres algériens, dont il a eu l?occasion de former, se laissent influencer. « Ils étaient notés pour leur performance en vue de leur prochaine nomination au statut d?arbitre de la BAC », souligne-t-il.

Notre compatriote estime aussi que le fait d?avoir un juge arbitre étranger dans une compétition aide à combattre latricherie car « il est difficile pour les autorités du pays hôte de le manipuler ».

Si les Jeux africains avaient démarré sur une note de frayeur avec l?attentat suicide qui avait fait plusieurs morts, hors de la capitale algérienne, Me Tevarajen Ponamballum souligne que « les efforts déployés par les autorités algériennes pour assurer la sécurité des athlètes et officiels nous ont vite rassurés ».

Le Mauricien précise, cependant, qu?il a fallu veiller au grain, pour s?assurer que l?arbitrage soit de haut niveau. Non, pour les raisons citées plus haut mais dit-il, « parce que le niveau de la compétition était très élevé ».

Me Ponamballum fait remarquer que c?est la première fois que les médailles ont été partagées entre sept pays africains.

« C?est un record », dit-il tout simplement avant de continuer : « Autrefois, on ne voyait que les Sud-Africains, Nigerians ou encore les Mauriciens sur le podium. Mais les données ont changé. Les pays comme la Zambie, l?Ouganda, l?Égypte ou encore l?Algérie, qui faisaient autrefois de la figuration, commencent à rivaliser avec les grandes nations du badminton africain. Et cela est très encourageant pour les arbitres car ils devont se mettre constamment en cause pour pouvoir satisfaire les attentes des joueurs sur le terrain. »

Investir dans la formation des jeunes

Notre représentant, qui avait présidéle comité ad hoc de l?Association mauricienne de badminton pendant plus d?une année regrette, cependant, que Maurice, qui dominait autrefois cette discipline, n?ait pas obtenu la moindre médaille à ces Jeux. « Je pense que nous devons tirer des leçons des autres pays africains. Si Maurice ne fait aucun effort pour améliorer son niveau, elle risque de ne plus se retrouver dans le peloton de tête», fait-il remarquer.

Selon lui, les autorités mauriciennes doivent investir dans la formation des jeunes. « L?équipe qui avait fait le déplacement en Algérie était très limitée techniquement. Kate Foo Kune a fait bonne impression pour une première participation aux Jeux d?Afrique, mais il lui reste un long chemin à parcourir avant d?atteindre le haut niveau. Quant à Sahir Edoo, il a quelque peu déçu. Je pense qu?il y a un gros travail mental à faire de son côté. Pour ce qui est de Stéphane Beeharry, on ne peut rien lui reprocher, il a déjà atteint son plus haut niveau», commente-t-il.

Sur le plan de l?arbitrage également, Me Ponamballum estime que Maurice, qui ne compte aucune femme arbitre, devrait faire un effort pour encourager les femmes à se lancer dans ce domaine. « Parmi les arbitres algériens que j?ai eu l?occasion de former au cours de mes visites en décembre et en avril dans ce pays, il y a quatre femmes qui peuvent aspirer au statut d?arbitre international », estime-t-il.

« Ce sont des dames qui ont un très haut niveau d?éducation. Donc, avec un bagage intellectuel impressionnant. Par conséquent, elles apprennent vite et assimilent sans grandes difficultés les règles qui régissent le domaine de l?arbitrage. Ceci pour vous dire que nous avons besoin de professionnels pour répondre aux exigences du sport, qui va de plus en plus vers le professionnalisme », a-t-il conclu.

Il faut savoir que Me Tevarajen Ponamballum a officié lors d? événements d?envergure tels que les Championnats du monde et les Super Series.

En Algérie, il était assisté de deux autres Mauriciens, en l?occurrence Diraj Gooneeadry et Hassen Hyderkhan. Ce dernier, qui compte plus d?une vingtaine d?années d?expérience d?arbitrage de haut niveau, n?a plus rien à prouver dans ce domaine tout comme Gooneeadry. Il avait d?ailleurs agi comme juge-arbitre pour les Championnats d?Afrique.

Hyderkhan et Gooneeadry sont tous deux accrédités auprès de la BWF comme arbitres internationaux.

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