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De l?imagination à en revendre

1 octobre 2006, 00:00

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Innover et créer. À la SME Fair 2006 organisée par la Small Enterprises & Handicraft Development Authority (Sehda) au Centre de conférences Swami Vivekananda, à Pailles, la créativité est bel et bien présente. Certaines entreprises parviennent à se démarquer grâce à la passion qu?elles insufflent à leurs ?uvres.

Comme ce groupe de 30 femmes parties de rien, mais maître de leur destin aujourd?hui. Membres de l?association Mo ti rev Co. Ltd, elles commencent à récolter les fruits de leur dur labeur. Pour nous en convaincre, elles nous invitent à une agréable incursion dans le monde de l?artisanat. Vêtements, gâteaux, maquettes de bateaux, sacs, bijoux et accessoires de cuisine se disputent la vedette.

La directrice, Nathalie Magon, elle-même créatrice de bougies parfumées, est la tête pensante de tout ce petit monde. « Je crée en permanence, je guide les membres de l?association pour que nos ?uvres sortent des sentiers battus », souligne-t-elle.

Et ce ne sont pas des paroles en l?air. L?une des femmes entrepreneurs fabrique des colliers en utilisant des écailles de poisson qu?elle va récupérer au marché de Port-Louis. Traitées, teintes puis séchées au soleil, les écailles de poisson ressemblent au final à des pétales de rose. Bleues, roses, oranges, elles s?associent à des billes et à des pierres pour composer des colliers originaux. Le résultat est remarquable. Les algues ont aussi inspiré l?artiste pour des clips à cheveux.

Innover encore et toujours pour rester dans la course. Rizwana Mohebahal, une créatrice de sacs à main l?a bien compris. Pour que ces accessoires plaisent au plus grand nombre, elle attache un soin particulier à la recherche des matières premières qu?elle déniche localement. Puis, elle les transforme en sacs branchés, ornés de paillettes.

Récemment elle a décidé de diversifier ses produits en ajoutant à sa collection des sacoches pour portables fabriquées en jute et décorés de pierres. Sa présence à la foire de la Sehda a un but très clair : celui de faire connaître ses produits.

« Ne pas hésiter à foncer »

Rizwana Mohebahal, n?a pas encore la réputation ni l?expérience de sa voisine, Jinette Nookiah qui fabrique depuis plusieurs années déjà des « poupettes séga » qu?elle place au Craft Market, au Caudan Waterfront. Elle a tenté une nouvelle expérience depuis peu en parant ses poupées de feuilles de banane. Ce qui n?est pas une mince affaire. Les feuilles doivent être préalablement séchées au fer, (l?artisane n?ayant pas encore les moyens d?investir dans une presse), puis vernies pour obtenir le plus bel effet.

Cela a l?air de plaire aux touristes de plus en plus friands de nouveautés. Aidée de sa fille et de sa belle-fille, Jinette parvient à en produire suffisamment en un mois pour sa clientèle.

Alkistis Loukides-Bestel, est de la même trempe. Voilà un an et demi qu?elle a lancé sa boutique Handmade où elle vend des rideaux, des draps, des nappes, mais surtout de la mosaïque. Une technique apprise et maîtrisée après quelques cours en Angleterre. Et qui, aujourd?hui, lui permet de gagner sa vie et d?employer une dizaine de personnes.

La mosaïque parsème le cadre des miroirs, les tablettes, les cadres de photographie. La compagnie a fait une percée dans la boutique des hôtels et veut exporter ses créations. « Le secret pour réussir ? Il ne faut pas hésiter à frapper aux portes, à offrir des produits différents et à foncer ! », lance la gérante.

S?adapter aux nouvelles tendances

Ce n?est pas le président de l?Association des bijoutiers, Navind Gunnoo, qui dira le contraire. Il est, de plus, impératif de se ressourcer continuellement, car tout bijoutier qui se respecte doit connaître ses produits avant de pouvoir les proposer au public. « C?est dommage que la profession compte des brebis galeuses qui ne font que du business sans vraiment connaître le produit. Le rôle du bijoutier est aussi de conseiller la clientèle », dit-il.

Mais au-delà de ces préoccupations, il estime que la bijouterie mauricienne a de beaux jours devant elle à condition de s?adapter aux nouvelles tendances tout en innovant.

Son confrère, Kessaven Nursingen de la bijouterie Mingold, abonde dans le même sens, mais est d?avis que la bijouterie mauricienne se porterait mieux sans la dernière mesure budgétaire consistant à frapper tous les bijoutiers de la TVA indistinctement. Auparavant, seuls ceux générant un chiffre d?affaires de Rs 3 millions étaient imposables. Ce qui ne doit pas empêcher le secteur de décoller. « Pour continuer, il faut de la détermination et profiter de l?aide de la Sehda qui offre une série de facilités. Mais le maître mot reste la créativité », dit-il en montrant sa dernière ?uvre. C?est une bague dont la pierre précieuse est sertie dans les courbes du métal au lieu des griffes habituelles.

QUESTIONS A VIJAY RAMGOOLAM, DIRECTEUR DE LA SEHDA

« Le secteur des PME bouge »

La SME Fair, a-t-elle atteint ses objectifs ?

J?ai été impressionné par la variété et la qualité des produits proposés, que ce soit dans le secteur de la bijouterie, de l?ameublement ou de l?agro-industrie. La Sehda a aussi enregistré, à jeudi, 150 entreprises et a informé autant d?entrepreneurs potentiels des mesures d?accompagnement accordées par le gouvernement. Ceux souhaitant se lancer dans l?entrepreneuriat gagneraient à visiter le stand de la National Small Industry Corporation of India, un pourvoyeur de nouvelles idées d?entreprise. Par ailleurs, cette foire nous permettra de connaître les forces et les faiblesses des PME et de prendre les mesures qui s?imposent.

Les entreprises profitent-elles suffisamment des facilités offertes par les agences locales ?

Elles commencent à en profiter. Nous avons réuni dans ce but toutes les agences locales sous un seul toit pour aider les futurs entrepreneurs. La Sehda, la DBM et l?Areu sont là pour les guider et les aider à se professionnaliser. Le secteur des PME bouge : en août, 500 entrepreneurs se sont enregistrés alors que le Business Facilitation Act n?est pas encore entré en vigueur.

Certains exposants proposent des produits importés. Cette foire n?est-elle pas destinée aux PME ?

En effet, certains exposants ont enfreint le contrat qui précise que seuls les produits locaux devront être exposés. Nous avons pris les mesures nécessaires. Ces produits seront enlevés des stands.

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