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De la cosmétologie à l?offshore management

31 mai 2008, 00:00

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De ses années de Miss, Dhandevy Jeetun, qui aura bientôt 37 ans, a conservé un sourire éclatant ? il ne faut pas oublier qu?elle s?est d?abord illustrée comme Miss Blooming Smile au concours Miss Sourire de 1989. Tout comme elle a gardé une conscience aiguë de sa ligne. Elle avoue d?ailleurs se surveiller constamment. De ces temps-là qui ne sont pas si lointains, elle n?a pas oublié comment être impeccablement maquillée et habillée. «C?est important de veiller à ces choses-là, d?abord pour soi et ensuite pour l?image que l?on projette.»

Dhandevy est l?aînée de quatre enfants. Feu son père était inspecteur au Sugar Insurance Fund Board et sa mère est femme au foyer. Cette habitante de Baie-du-Tombeau entame sa scolarité secondaire au SSS de Triolet et la complétera au collège Bon et Perpétuel Secours. Bien que timide, tout ce qui a trait à la mode l?intéresse.

C?est ce qui l?incite à participer au concours Miss Sourire en 1989 et à décrocher un titre. «Ce n?est pas que j?avais dompté ma timidité ou mon trac mais, pour ce concours-là, il ne fallait que sourire.» C?est son père qui l?inscrit à son insu au concours Miss Mauritius. «Je ne savais pas ce qui m?attendait à ce concours mais mon père m?a encouragée à foncer. C?est ce que j?ai fait.» Conseil qu?elle applique à la lettre au point de décrocher la couronne.

Rétrospectivement, elle déclare que le concours a été une expérience «très enrichissante» car il lui a permis de rencontrer des gens qu?elle n?aurait pas côtoyés dans son entourage immédiat. Il en a été de même à Las Vegas aux États-Unis où elle a participé au concours Miss Universe. «Là-bas, nous n?étions pas concurrentes mais camarades. Les reines étaient très sympathiques. À Maurice aussi, l?ambiance était bien dans l?ensemble mais on sentait l?esprit de compétition. À Las Vegas, ce n?est que durant la finale qu?on l?a ressenti.» Ce qu?elle a également apprécié, ce sont les cours sur la façon de se comporter dans les grandes soirées. «Les Miss ont participé à plusieurs grandes soirées et nous avons rencontré des gens de la jet-set américaine. Les cours qu?ils nous ont préalablement donnés nous ont été très utiles.»

«Maintenant qu?elle s?est trouvée, Dhandevy veut se spécialiser (...) et s?engager socialement. Elle est membre de Women in Networking et envisage d?intégrer la Jeune Chambre Internationale.»

À son retour à Maurice, Dhandevy reste momentanément sous les feux des projecteurs car elle est invitée à être membre du jury pour le concours Miss India à Bombay. Séjour qu?elle apprécie également. Mais le temps arrive où elle doit songer à sa vie professionnelle. Comme le tourisme l?intéresse, elle postule auprès de plusieurs tour-opérateurs et White Sand Tours, qui fait à l?époque partie d?Ireland Blyth Ltd, la recrute comme accounts clerk. Département où elle passe trois ans. Air Austral la débauche et là, elle s?occupe des tickets. Elle fait aussi un stage à la réservation chez Air France.

Mais comme tout ce qui a trait à la mode et à la beauté la fascine, elle décide de se spécialiser en cosmétologie à New York aux États-Unis. Pendant un an et demi, elle étudie, tout en travaillant à AT & T en tant que télé-agent. Elle aurait pu avoir joué les prolongations mais sa mère et ses frères et s?urs lui manquent. Son diplôme en cosmétologie obtenu, elle rentre à Maurice et pratique son métier à domicile, quand elle ne se rend pas chez des clients.

Elle est agréablement surprise par la réaction positive des gens qui n?hésitent pas à faire appel au cosmétologue. «Les gens sont très curieux et veulent savoir de quoi il en retourne.» Dhandevy finit par réaliser que cette activité professionnelle est trop statique et ne lui convient pas tout à fait. Pendant quelques mois, elle fait du marketing pour une société de produits de soins, de même que pour un chausseur. Elle agit aussi comme hôtesse dans des foires au port franc.

Mais au fond, Dhandevy rêve d?emplois plus sérieux et envoie son curriculum vitae à plusieurs sociétés dont Maersk, compagnie maritime qui recherche un import officer. Embauchée, elle se familiarise au trafic maritime. Mais cela ne lui suffit pas. Elle est en quête d?un emploi «plus valorisant dans le monde des affaires».

C?est alors qu?elle apprend que l?Intercontinental Trust Ltd, compagnie de gestion de 110 employés, créée en l?an 2000 dans l?offshore, recrute. Dhandevy fait acte de candidature et elle est embauchée comme administrative officer. Elle commence par apprendre à gérer le bureau. Mais son désir d?évoluer dans l?entreprise la pousse à suivre tous les cours de formation à sa portée. «Les directeurs m?ont également envoyé suivre des cours sur l?offshore et les finance global opportunities à l?étranger.»

À force de forger, Dhandevy finit par être nommée manager of corporate services et gère une équipe de six personnes. «Nous faisons tout, de l?enregistrement d?une compagnie à sa cessation d?activités. Entre-temps, nous gérons ses investissements et nous nous occupons de tout.» La jeune femme déclare que, pour être efficient dans ce secteur, il faut non seulement connaître les réglementations mais aussi savoir faire preuve de tact dans le suivi des dossiers. «Ce qui est extraordinaire, c?est que c?est un secteur qui progresse rapidement et où il y a bon nombre de défis à relever et d?opportunités à saisir. La routine, on ne la connaît pas.»

Maintenant qu?elle s?est trouvée, Dhandevy veut se spécialiser et prendre des cours par correspondance de l?Institute of Chartered Secretaries. Tout comme elle veut s?engager socialement. C?est ainsi qu?elle est membre de Women in Networking et qu?elle envisage d?intégrer la Jeune Chambre Internationale. «J?au-rais aussi voulu faire quelque chose pour les femmes battues et les enfants victimes de violence.»

Au niveau sentimental, son c?ur est pris. Mais elle place les affaires du c?ur sur un pied d?égalité avec sa carrière. A-t-elle clos définitivement le chapitre de la beauté et de l?esthétique ? «Pas du tout, je le garde pour moi?»

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