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De la communication

12 janvier 2004, 20:00

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Près de onze mois après l?éclatement de l?affaire MCB-NPF, l?Independent Commission against Corruption (Icac) a enfin bouclé l?essentiel de son enquête. Mieux vaut tard que jamais.

L?Icac s?est fait fort de faire savoir hier sur son site Internet qu?elle a remis quatre dossiers concernant l?affaire MCB-NPF au Directeur des poursuites publiques (DPP). Tous ceux qui ont suivi cette affaire depuis le 14 février 2003, s?impatientaient de voir l?Icac arriver à une action décisive. Il était devenu urgent de savoir si l?Icac avait oui ou non un dossier. Depuis hier, elle dit en avoir un. Encore une fois néanmoins, la manière de faire de l?Icac surprend. Le fait qu?elle ait choisi de rendre publique la remise de ses dossiers au DPP jette un trouble.

On peut avancer, sans risque de se tromper, que l?Icac a choisi de médiatiser ce développement en réaction au discrédit dans lequel elle est tombée, depuis peu, aux yeux de l?opinion publique en raison de ses problèmes internes et de son incohérence. Par ce coup d?éclat, l?Icac cherche certainement à redorer son blason. Alors qu?on lui reproche, entre autres, son manque de résultat, elle tente de démontrer qu?elle n?est pas paralysée par ses crises internes successives.

Elle cherche sans doute à faire oublier à l?opinion les guerres intestines qui la minent et qui occupent les devants de l?actualité depuis plusieurs jours. Mais il faut cependant reconnaître qu?elle avait déclaré en cour le 29 décembre qu?elle bouclerait son enquête dans un mois. Sauf que le dossier de l?Icac est muet sur Robert Lesage,celui que la MCB accuse d?être à l?origine de la fraude.

Sur le fond, dans les dossiers soumis au DPP, l?Icac reprend en gros les accusations déjà formulées contre les parties concernées.

Il appartient maintenant au DPP et à la justice de prendre le relais. Si le DPP juge les dossiers solides, que les accusés soient traduits en justice. Mais rapidement cette fois. La MCB, le système bancaire et financier, l?économie du pays en général ne peuvent se permettre de vivre plus longtemps ce psychodrame.

Personne ne veut d?une justice expéditive. Mais une affaire de cette importance qui concerne une institution représentant la moitié des transactions bancaires du pays et qui traite plus qu?une bonne part des investissements du secteur privé mérite qu?on y accorde l?absolue priorité.

D?autant plus, qu?en choisissant de rendre publique sa dernière initiative, l?Icac n?a pas, une fois de plus, mesuré la portée de son action. Aujourd?hui, le monde entier sait déjà que la commission anti-corruption de Maurice dit avoir un ?prima face evidence? contre les numéros un et deux de la plus importante institution bancaire du pays.

Le mal est déjà fait. Moody?s qui révise actuellement le ?rating? de la MCB, sera sans doute sévère à l?encontre de la banque. Si le ?rating? de la MCB est rétrogradé, le ?rating? de Maurice risque de l?être aussi compte tenu du poids de la banque dans l?économie. Mais qui se soucie de l?économie et du pays dans cette affaire ?

Si les commissaires de l?Icac ont eu l?audace de prendre une telle initiative avec les conséquences qu?elle entraîne pour le pays, c?est qu?ils doivent avoir de bonnes raisons de penser que l?épée de Damoclès qui pend prétendument sur leur tête est en toc.

La preuve est faite : l?Icac se sent, se sait puissamment protégée.

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