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De la cassette au CD, Act Industrial a survécu
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De la cassette au CD, Act Industrial a survécu
Elle a été, jadis, la préférée de tout le monde. Et aujourd’hui, le compact-disc (CD) a pris le dessus sur la cassette audio. La concurrence est rude dans ce marché et Act Industrial Limited a évolué pour s’adapter aux exigences de la clientèle. Suivant tendance, l’entreprise s’est mise à importer des CD vierges.
Petite entreprise de la capitale, Act Industrial fonctionne à la commande. Finie la belle époque où l’assemblage des cassettes audio vierges attegnait les 25 000 unités mensuellement pour répondre à la demande des Mauriciens, grands consommateurs. Avec l’appréciation croissante du CD, offrant une meilleure qualité de son, l’entreprise a vu sa production réduite de moitié dès 2001 pour chuter à une moyenne de 2 000 unités.
À ce rythme, ils auraient été nombreux à penser au licenciement, à mettre la clé sous le paillasson ou encore à investir leurs bénéfices ailleurs. Mais Jean-Charles Lan Hew Wah, directeur d’Act Industrial, s’est reconverti partiellement dans l’importation des CD vierges. En ce faisant, il est l’unique représentant de la marque japonaise TDK.
Cette marque est étroitement liée à la famille de Jean-Charles. Auparavant, Lan Hew Wah, le père, était revendeur des produits TDK. Mais la devise japonaise s’appréciant face à la roupie, l’importation se retrouve limitée. “En tant qu’importateur, nous avions déjà les clients de cassettes audio. Et je me suis lancé dans l’assemblage”, indique Jean-Charles, 43 ans.
Son investissement se chiffre à Rs 500 000 pour l’achat d’un loader de fabrication japo-
naise. Il s’installe au rez-de-chaussée de sa maison, rue Johanna, Port-Louis. L’entreprise démarre avec un employé, en avril 1992. Manini Ellapen intègre la micro-entreprise. Sa tâche consiste à poser le boîtier vide sur l’appareil, glisser la bande à l’intérieur et embobiner.
“J’ai bénéficié des facilités du gouvernement d’alors, qui favorisait la consommation des produits locaux pour freiner les dépenses en devises. Ainsi, j’ai lancé les cassettes audio ACT”, se souvient Jean-Charles.
Un marché difficile
Avec des clients, de gros consommateurs à l’instar de Damoo, Neptune, Power Music Shop, disquaires, aucun souci ne s’annonce à l’horizon. Sa part du marché local se chiffre alors à 30 %.
Aujourd’hui, l’entreprise ressemble davantage à un entrepôt, où toute la gamme de produits TDK est entassée pêle-mêle dans les pièces à l’arrière. A l’entrée, sur une étagère, des coffrets multicolores arborant le logo japonais se côtoient à chaque niveau. Des CD, évidemment. Également des haut-parleurs, microcassettes, bandes pour caméras digitales.
D’une part, à l’aube du millénaire, l’assemblage de cassettes est en chute. Et de l’autre, l’importation des CD augmente. En 2001, quand s’annonce le débarquement du CD en tant que support audio, sa production chute à 10 000 unités. Et il bascule sur TDK, une fois de plus.
Sa tâche s’annonce plus ardue dans la mesure où il distribue sur le marché de l’océan indien : Maurice, la Réunion, Madagascar, Seychelles et les Comores. L’importation se chiffre maintenant à 120 000 unités de CD par an.
Dans ce marché concurrentiel, chaque pas est mesuré, sans froisser ses partenaires. Fort de cette logique, Jean-Charles a évité de se lancer dans la vente de cassettes enregistrées, bien qu’il parte avec un avantage certain. “Je ne veux pas marcher sur les plates-bandes de mes gros clients, jadis demandeurs de cassettes audio, aujourd’hui principaux acheteurs de CD vierges”, indique-t-il. L’idée d’expansion est là. Jean-Charles envisage d’importer des CD bas de gamme.
Idem pour la fabrication de ces CD. Importer revient à meilleur prix dans la mesure où cette gamme n’est pas taxée. Or, les matières premières le sont. “Mon souhait est que l’État révise à la baisse les droits d’accises sur les matières destinées aux PME”, affirme le directeur d’ACT Industrial.
Entre-temps, Manini Ellapen embrasse une nouvelle carrière, celle de Stock Controller, après tant d’heures passées à embobiner des cassettes audio vierges. Évolution numérique oblige.
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