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De cité Richelieu à la police d?Essex
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De cité Richelieu à la police d?Essex
La pauvreté n?est pas une fatalité. On peut s?en sortir avec de la volonté et de la persévérance. À l?exemple de Fabien Pascal Ménélas (photo), 22 ans, originaire de cité Richelieu, Petite-Rivière. Admis à la police d?Essex, Londres, il reçoit, aujourd?hui, son insigne de policier.
La vie n?a pas été rose pour Sybille Ménélas, son fils Pascal Fabien et sa fille Christine. Elle a aussi sa maman aveugle à sa charge. Pascal Fabien n?a que neuf ans lorsque son père met toute la famille dehors dans un moment d?ivresse.
Sa mère loue une maison à Quatre-Bornes et les quatre vivent avec la pension de la grand-mère, les Rs1 500 versées par le père. Sybille fait aussi du baby-sitting et du repassage mais elle a du mal à joindre les deux bouts. ?Toute la semaine, nous mangions des brèdes mouroumes et du riz, confie Pascal Fabien. La vie était difficile et ma mère nous lisait régulièrement la Bible et en particulier le psaume 23 pour nous réconforter.? Il perd son père à 13 ans.
Sybille, ne se laissant jamais abattre, encourage son fils et sa fille dans les études. Fabien Pascal est admis au collège du St.-Esprit après son Certificate of Primary Education et Christine au couvent de Lorette de Quatre-Bornes. Fabien Pascal, qui réussit brillament sa Form VI, rêve de devenir policier.
La situation financière des Ménélas s?améliore légèrement lorsque Christine est employée comme enseignante au collège Adventiste de Phoenix. Sybille est heureuse d?avoir rempli sa mission : assurer l?instruction et l?éducation de ses deux enfants.
La rencontre de sa mère avec un Réunionnais est déterminante pour l?avenir de Fabien Pascal. Lorsqu?elle se marie et s?installe à l?île-s?ur, Pascal obtient la nationalité française. En 2003, Fabien Pascal part pour la Grande-Bretagne avec pour seule fortune Rs 45 000, les économies de sa s?ur et de sa mère. Il trouve du travail comme agent de sécurité dans une compagnie pétrolière puis il devient Security Access Control Supervisor dans la banque d?investissement la plus connue au monde, la Goldman Sachs. Ses salaires lui permettent de s?acheter une maison dans la capitale anglaise et de faire des études de droit à temps partiel à l?université de Londres.
C?est Valérie, sa compagne, qui l?encourage à aller au bout de ses rêves pour devenir policier. Fabien Pascal n?est pas peu fier quand sur les 300 postulants, lui, le seul étranger, figure parmi les 45 candidats recrutés. Il est dorénavant affecté à la Response Unit de la police d?Essex. Au bout de deux ans, il aura la possibilité d?être muté à Scotland Yard mais Fabien Pascal lorgne surtout du côté de la Fraud Squad. Il termine bientôt son LLB...
Fabien Pascal a un message pour ses compatriotes et surtout les défavorisés. ?J?ai vécu dans une case en tôle et aujourd?hui, je fais partie de la police d?Essex et je suis au service de la Reine. Même si je pense que le système éducatif mauricien est l?ennemi n° 1 des enfants et, en particulier, de ceux issus de familles modestes, je leur demande de ne jamais reculer devant l?épreuve. Il faut persévérer et ne pas se sous-estimer.?
Fabien Pascal n?abandonne pas l?idée de revenir à Maurice pour y apporter sa contribution. ?Si après des années d?expérience en Angleterre, l?Etat mauricien me donne la possibilité ou l?opportunité d?exercer mes compétences et mettre mon expérience à profit, je serai fier de pouvoir servir mon pays. Travailler à l?Independent Commission against Corruption m?intéresserait beaucoup.? Le ballon-sonde est lancé?.
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