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Dans les méandres des examens psychiatriques

23 juillet 2006, 00:00

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Depuis une semaine déjà, Marie-Linley Savriacooty a subi des examens psychiatriques, à la demande du docteur Satish Boolell, afin de déterminer son état mental. Mais qu?en est-il réellement d?un examen psychiatrique ?

Pour nous aiguiller, le psychiatre Parmanum Jagarnath a bien voulu décrire les étapes de cet exercice. « Un examen psychiatrique est comme tout autre test médical, avance-t-il. Mais l?approche et la manière de procéder dépendent des cas. Par exemple, avant même que l?examen ne débute, nous savons déjà si la personne est violente.

Dans ce cas précis, le dispositif de la pièce n?est pas la même. Il faut qu?il y ait une porte de sortie et le médecin ne demeure pas seul avec le patient. Le temps que demande un examen également dépend de la maladie. Pour certains une séance est nécessaire, alors que pour d?autres, il en faut plusieurs. »

Néanmoins, dans l?ensemble, certaines étapes sont à respecter pour déterminer la nature de la pathologie. Un des éléments clés pour la bonne marche d?un examen psychiatrique est le lien qui se créé entre le médecin et le patient. Il faut établir une relation de confiance, que ce dernier ait l?impression que le psychiatre est présent pour lui, est à son écoute et qu?il ait toute son attention. Ce n?est que lorsque ce lien s?est formé que l?examen peut réellement débuter.

● Les premières impressions

■ Les premières indications quant à la nature du problème viennent de l?aspect physique de la personne. Les vêtements, l?état des ongles, etc.. sont pris en compte. Des habits de couleur criarde ou trop excentriques peuvent indiquer un état maniaco-dépressif. De même, un aspect négligé et sale est peut-être l?indice d?un état de dépression ou de schizophrénie.

■ Les troubles du langage sont tout aussi révélateurs. Par exemple la personne est-elle capable de tenir une conversation ou reste-t-elle silencieuse durant de longs moments ? Arrive-t-elle à rassembler ses idées ? Des phrases qui se suivent mais qui n?ont aucun lien ou de sens indiquent certains troubles mentaux.

● Les problèmes de perception

Ces problèmes peuvent aussi être détectés, et ce, grâce au contenu du langage qui révèlera si la personne est la proie d?hallucinations visuelles, auditives, tactiles ou olfactives. Dans certaines maladies mentales comme la schizophrénie, la personne a des visions, entend des voix ou perçoit des odeurs qui n?existent pas.

● Les troubles de la pensée

Outre les problèmes de perception, les obsessions, illusions, fantasmes et paranoïas sont également révélateurs. Certains peuvent se prendre pour Jésus Christ, alors que d?autres se croient persécutés ou pensent avoir des pouvoirs télépathiques.

● Les aspects cognitifs

La prochaine étape est d?examiner l?aspect cognitif de la personne. La cognition concerne tout le processus au niveau du mental et des processus intellectuels. Le médecin teste alors si la personne est capable de lire ou de faire des calculs. La mémoire à court et à long termes est également évaluée. « On donne une liste de mots ou de chiffres sans prévenir la personne qu?on lui demandera de répéter la liste de mémoire par la suite », affirme notre interlocuteur. Tester la mémoire est très important, pour déceler des symptômes de démence, car une personne qui en est atteinte a une mémoire défaillante. « J?ai un patient qui ne se souvient même plus du nom de sa femme », confie le psychiatre.

● Le jugement

Par une question simple et qui peut sembler bête pour d?autres le jugement du patient est passé au crible. « On peut demander à la personne une question comme : ?Si vous êtes dans une pièce en feu que faites-vous ?? » Une réponse jugée aberrante serait une indication de l?état mental de la personne.

● Le discernement

La personne sait-elle ou non qu?elle est malade ? Se rend-elle compte que les hallucinations, illusions et autres paranoïas sont le fruit de son esprit ou croit-elle dur comme fer que c?est la réalité ? Cette étape est importante pour déterminer le degré de la maladie. Se rendre compte que tout cela est le produit de l?esprit est déjà un signe positif.

● Les examens physiques

Un examen physique est très important car toute cause de cette nature doit être exclue. Par exemple, une hyperthyroïdie peut provoquer une dépression ou un traumatisme crânien entraîner des complications d?ordre mentale. Si tel est le cas, la maladie physique peut alors être traitée.

● L?historique de la personne

L?histoire de la personne doit être passée au crible, de la gestation dans le ventre de la mère jusqu?à l?âge adulte, en prenant en compte les étapes marquantes de la vie qui sont examinées avec attention. Y a-t-il eu des problèmes d?ordre relationnels durant l?enfance ou l?adolescence ? Des conflits familiaux, amicaux ou d?autres traumatismes peuvent être la cause de problèmes d?ordre mental à l?avenir..

Il est donc primordial de retracer toute l?histoire et d?examiner le tout dans sa globalité. Des antécédents familiaux de troubles mentaux doivent également entrer en ligne de compte. Une maladie mentale peut être causée non seulement par des expériences, mais également des facteurs génétiques.

Grâce à ce procédé, il est très difficile pour une personne de simuler une maladie mentale. « Comme beaucoup d?attention est portée à l?histoire de la personne et chaque détail analysé il est pratiquement impossible de simuler un trouble mental. »

Dans le cas d?une enquête judiciaire le même procédé est adopté. Par contre, la personne doit se faire examiner par deux psychiatres qui corroboreront par la suite leurs résultats. « Si l?acte a été commis dans un état de démence c?est au juge de déterminer s?il faut l?interner ou pas. Mais contrairement à la croyance il y a très peu de cas ou l?accusé a été jugé comme étant dans un état de folie au moment de l?acte », explique le psychiatre Parmanum Jagarnath.

Aux dernières nouvelles Me Jacques Panglose, le nouvel avocat de Marie-Linley Savriacooty, conteste l?examen psychiatrique qu?elle a subi. Bref, le flou demeure toujours autour de l?issue de cet examen.

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