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Dans les coulisses des concerts

3 septembre 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Jeux de lumières et de couleurs, apparition de fumigènes, notes de guitare qui s?égrènent, roulements des batteries, etc. Puis ce sont les notes qui s?enchaînent, avant de céder le pas aux voix suaves ou mélodieuses. L?ambiance est à son paroxysme et la foule euphorique. Que le concert commence?

Nombreux sont les chanteurs et musiciens à se produire à Maurice. Le 6 septembre prochain, Lara Fabian enflammera le Centre Swami Vivekananda à Pailles. Elle sera suivie par Francis Cabrel, qui fera escale, chez nous le 19 septembre.

Il y a quelque temps, Maurice a été bercé par les voix de Kay Kay, Steel Pulse, Julian Marley, Shaan, Yannick Noah, et tant d?autres. Ces artistes ont fait le déplacement grâce à des agen-ces événementielles. Comment déterminent-elles leur choix ?

« Nous avons des contacts avec la Réunion pour les artistes français et avec Mumbai pour les chanteurs indiens. Ils nous proposent régulièrement une liste d?artistes qui peuvent effectuer une tournée dans l?océan Indien. Nous choisissons l?artiste en fonction de sa popularité à Maurice, du coût du projet et de la disponibilité pour la période proposée », déclare Rama Poonoosamy, directeur de l?agence Immedia, qui organise des concerts d?artistes étrangers depuis 1990, notamment celui de Francis Cabrel, prévu dans deux semaines.

« Nous recherchions une voix d?or »

Pour Dominique Raya et Robert Yip Tong, de Kawai Entertainment, le choix s?est arrêté sur Lara Fabian, après des tentatives auprès de Céline Dion : « Après le succès de Maurane, nous recherchions une artiste à la voix d?or. Grâce à notre réseau avec l?île s?ur pour les artistes qui peuvent se déplacer dans l?océan Indien, nous avons sollicité Céline Dion, qui est malheureusement prise jusqu?en 2008. Puis, nous avons choisi Lara Fabian. »

En général, les organisateurs négocient les frais encourus pour le concert avec des Tours Management Com-panies, qui font l?intermédiaire avec les managers des artistes. « Il faut établir le cachet de l?artiste, ses frais et ceux de ses musiciens, des techniciens, des agents de sécurité, les billets d?avion, l?hébergement, la nourriture, etc. Nous inscrivons tout cela sur un rider avant de rédiger un contrat, avec le montant total », ajoute Dominique Raya.

Une fois le contrat signé, il faut déterminer le lieu où le concert aura lieu. S?il s?agit d?un stade, une demande doit être faite auprès du ministère de la Jeunesse et des Sports pour la location. Une somme sera alors fixée par cette instance. Pour les salles de conférences telles que le Centre Vivekananda, il est impératif de les réserver au moins six mois ou un an à l?avance.

Ensuite, place aux autorisations. La demande doit être faite auprès des administrations régionales concernées, selon le lieu choisi pour le concert. « Il faut rédiger une lettre, avec les détails du concert, afin d?obtenir une Entertainment and Occasional License. L?organisateur sera convoqué et devra soumettre son dossier », déclare Ramesh Basenoo, président du Conseil de district de Grand-Port/Savanne.

Les administrations régionales en font alors part à la police. Celle-ci devra étudier l?emplacement choisi et établir le nombre de policiers à affecter pour assurer la sécurité. Un mémo est envoyé pour attester de l?autorisation de la police. Les organisateurs doivent également s?adresser à la Mauritius Society of Authors (Masa) pour une licence des droits d?auteur, selon les dispositions des sections 34 f et g du Copyright Act.

Les différents coûts des concerts sont financés par les organisateurs, à leurs frais ou encore grâce au sponsoring.

« Nous travaillons en collaboration avec le conservatoire de la Réunion. Parfois, si l?artiste se produit dans les deux îles, il peut y avoir une synergie Mau-rice/Réunion pour les coûts. Sinon, on peut subventionner les événements », souligne Paul Olsen, du réseau Otayo, qui organise des concerts de musique classique. Nicolas Decotter, Managing Director de Pick?n?Eat, franchise de KFC, sponsorise le concert de Francis Cabrel, entre autres spectacles. « On s?associe aux concerts car nous voulons encourager, promouvoir la culture et nous parrainons aussi des spectacles d?humour. » Il indique également qu?un barème quasi-fixe est établi pour aider au financement de ces activités culturelles.

Un tiers des recettes est taxable

Après avoir discuté des modalités de paiement, les organisateurs se penchent sur le prix des billets. Environ un tiers des recettes des ventes est taxable par les administrations régionales, la Mauritius Revenue Authority et la Masa. Les taux peuvent être sujets à exemption, dans la mesure où le concert est à but caritatif. Au total, le concert de Francis Cabrel a coûté Rs 2,5 millions, alors que le cachet de Lara Fabian, excluant les autres frais de location de salle et de déplacement, est d?environ Rs 840 000.

« Les coûts sont énormes, mais on sait que les Mauriciens sont friands de musique live. Il y a un engouement pour les concerts, mais l?organisation sera facilitée par une meilleure collaboration des autorités », indique Robert Yip Tong. Malgré les frais exorbitants, les organisateurs s?attellent à la tâche et songent déjà aux prochaines vedettes qui fouleront le sol mauricien. Pour mieux envoûter notre public.

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