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Dans l?attente des premiers signaux

9 juillet 2005, 20:00

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Les investisseurs sont prudents. Si les intentions déclarées dans le manifeste électoral de l?Alliance sociale (AS) suscitent l?adhésion, le projet de démocratisation de l?économie provoque néanmoins une certaine frilosité.

Le monde des affaires ne change pas : la réserve face aux politiques est de mise ! Questionnés sur leurs attentes d?entrepreneurs, nombreux sont les investisseurs qui bottent en touche de peur de s?attirer les « foudres des autorités ». Mais une fois l?anonymat garanti, les langues se délient.

Au niveau institutionnel, le Joint Economic Council (JEC) a déjà pris les premiers contacts pour rencontrer le nouveau gouvernement. Il sera, entre autres, question d?une formule de collaboration. Le précédent gouvernement rencontrait le secteur privé une fois tous les deux mois. De telles réunions ont toujours eu lieu, mais à fréquence variée selon le gouvernement.

Le milieu des affaires se sent quelque peu en insécurité. Les investisseurs traditionnels attendent des premiers signaux du gouvernement pour se décider à « investir ici ou ailleurs ».

À la Bourse de Port-Louis, l?arrivée de Rama Sithanen aux Finances rassure. Cependant, la crainte demeure par rapport à la « démocratisation de l?économie » promise par l?AS. « Y aura-t-il une chasse aux sorcières ? », se demandent certains courtiers.

Beaucoup craignent un recul dans certains domaines. Par exemple, une aggravation de la corruption. « Soyons lucides : la corruption a toujours existé et ne disparaîtra pas de sitôt. Mais quelques bons signaux ont été donnés ces dernières années. Par exemple, à la douane, Bert Cunningham avait mis de l?ordre. S?il part, notre budget lamone dite risque de connaître une augmentation fulgurante », avoue Matthieu, haut cadre d?une entreprise de la grande distribution. Cette crainte est aussi présente chez Marc, directeur d?une P.M.E. importante de meubles.

Remplir l?engagement à ouvrir l?accès aérien

L?industrie sucrière accueille l?arrivée d?un « homme compétent » en Arvin Boolell avec « soulagement ». Certains craignent toutefois une remise en cause du plan de retraite volontaire de la réforme. Si le sérieux du ministre est reconnu, on craint que le gouvernement ne cède à la tentation de faire de la « cheap politics».

Le sucre à Bruxelles est LE dossier qui demande l?unanimité des politiques nationales, estime-t-on dans le milieu sucrier. D?où le souhait que la délégation, qui défendra le cas mauricien à Bruxelles, comprenne également des membres de l?opposition. L?arrivée de Madan Dulloo aux Affaires étrangères est appréciée. « Il connaît le dossier sucre et pourra faire le lobbying nécessaire en notre faveur .»

Les hôteliers aimeraient voir le nouveau gouvernement mettre fin à la politique de construction d?hôtels, du gouvernement sortant. Celle-ci avait été mal accueillie par les groupes établis, surtout qu?elle n?a pas été assortie, estime-t-on, de mesures d?accompagnement adéquates en termes de marketing de la destination.

Par conséquent, conjoncture internationale difficile aidant, les indicateurs de croissance pour le tourisme ont stagné, voire reculé. Pour remplir les hôtels et assurer la création d?emplois, l?industrie s?attend à ce que le nouveau gouvernement remplisse son engagement d?ouvrir l?accès aérien.

Le secteur aérien est un domaine qui intéresse également le textile. Lors d?une des dernières réunions gouvernement-secteur privé, la communauté des affaires avait proposé une réduction significative du fret pour permettre à Maurice de réduire ses coûts mais aussi de se positionner comme un rapid response producer.

Nouveau souffle pour le textile

« Cette mesure aurait le mérite de donner des résultats visibles rapidement. Cependant elle a un coût. L?Etat et Air Mauritius devraient se mettre ensemble pour en étudier la faisabilité », relève Ariff Curimjee, président du JEC. La Mauritius Exports Processing Zone Authority y travaille. Pour que la baisse soit efficace, le fret devra baisser de moitié au moins.

Le textile espère en outre avoir un nouveau souffle grâce au clustering. Ce concept a beaucoup été évoqué dans le cadre de la réforme du secteur. Malheureusement, il est resté essentiellement dans le domaine du projet. Le gouvernement en place lui accorde une large place dans son manifeste électoral, en faisant même un outil privilégié pour la démocratisation de l?économie, la création d?emplois et de richesses. L?espoir est donc de mise.

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