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Daniel Plaîche, Conversion réussie

16 avril 2006, 00:00

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«To pu vine enn avocat ek enn politicien. » Aussi anodine que cette petite phrase puisse paraître, elle a été le déclic qui a donné à Rodrigues son troisième homme de loi.

Daniel Plaîche est venu ajouter son nom à la liste très restreinte d?hommes de loi originaire de Rodrigues après les magistrats Jean-Baptiste Darcet Mélotte, le premier Rodriguais lauréat du Collège Royal de Curepipe, en 1892, et plus récemment Joseph Chenlye Lam Vo Hee, aujourd?hui président de l?Assemblée régionale de Rodrigues.

« Lorsque sir Gaëtan m?a fait cette prédiction vers la fin de 1994, j?étais loin de m?imaginer que sa vision se matérialiserait.

Ce jour-là, il m?a remis une copie du Mauritian Laws et une photo le montrant avec un cheval. Lorsque je suis retourné en Australie, j?ai rangé le livre dans ma study room. Sans trop savoir pourquoi, quatre ans après, avec l?accord de mon épouse Joyce, je décide d?abandonner une activité commerciale florissante de vente d?accessoires d?ordinateurs pour retourner sur les bancs de l?école. »

Un parcours qui n?a pas été de tout repos. En 1998, alors qu?il a 38 ans, il suit un cours de remise à niveau de six mois. En 1999, il entame un programme d?études d?une durée de trois ans pour déterminer son aptitude à entreprendre des études d?avocat. Il opte pour une licence en politique et en relations internationales et après deux ans d?études seulement, il est apte à s?inscrire à la faculté de droit de l?université Le Trobe, à Melbourne.

Il obtient son diplôme deux ans plus tard et commence à plaider en 2005 après son pupillage au cabinet de Me Jean-François Brasse & Associates, originaire de Maurice. « Je lui suis extrêmement reconnaissant », précise Daniel Plaîche.

Jusqu?ici Daniel a plaidé dans des affaires traitant de harcèlement sexuel auprès du Victorian & Civil Administrative Tribunal et dans des cas d?excès de vitesse, d?agression, de violence domestique au niveau de la Magistrate Court. Cette dernière instance est l?équivalent de notre Cour de district.

Il a déjà plaidé devant la Cour suprême de l?État de Victoria dans le cas d?une compagnie qui avait été rayée de la liste des opérateurs économiques. « La première fois que j?ai plaidé, j?étais un peu nerveux. C?est un peu normal. Maintenant, je suis plus à l?aise. »

Le jeune avocat n?hésite pas à parler de ses honoraires. « En Australie, l?intérêt du client est bien protégé. Les honoraires sont déterminés par un barème émis par la Cour suprême. Tout se fait dans la transparence. Cela ne me gêne pas de dire que pour un cas devant être plaidé devant le Victorian & Civil Administrative Tribunal, je réclame $ 250 l?heure. »

« Tout se fait dans la transparence »

Il explique que la première demi-heure, période pendant laquelle le client expose l?objet de sa visite et où l?homme de loi parle de ses honoraires, est gratuite. Puis, on commence à compter les minutes. Une parution devant une Cour de district coûte $ 750 les deux heures.

Les frais de parution en Cour suprême sont plus élevés. Il n?est pas exagéré de dire qu?une parution de quarante minutes au niveau de cette instance pourrait coûter dans les $ 1 100. « Étant nouveau, je me réfère au barème établi. D?autres avocats tiennent compte de la gravité et de la complexité d?un cas pour déterminer le montant de leurs honoraires », ajoute-t-il.

Daniel ne veut toutefois pas dormir sur ses lauriers. « Il n?est pas facile de devenir avocat en Australie. J?entame la dernière partie d?une maîtrise. »

Un membre actif du parti libéral

Le jeune homme s?intéresse également à la politique de son pays adoptif. Il est un membre actif d?une cellule du parti libéral à la cité Kingston qui compte quelque 500 000 habitants. Il a été très impliqué dans la campagne électorale de Peter Costelo, actuel ministre des Finances.

« Je pense que la communauté mauricienne et rodriguaise doit se faire connaître par les leaders politiques. C?est un peu pour cette raison que le 14 août dernier, j?ai organisé un cocktail avec le leader de l?opposition à Melbourne, Robert Doyle, et les élites du parti libéral avec les leaders d?une vingtaine d?organisations. Pour le dixième anniversaire du club de Rodrigues, j?ai invité Murray Thompson, ministre du Multi-Cultural Affairs, et Gordon Philips, ministre d?État du parti libéral pour les petites et moyennes entreprises », raconte-t-il

Par ailleurs, Daniel Plaîche refuse de se prononcer sur la situation politique de son pays avant de s?y être rendu. Mais il a quand même un avis : « Le gouvernement local et l?opposition doivent cesser de s?entre-déchirer dans l?intérêt supérieur de Rodrigues. Les dirigeants doivent pouvoir s?asseoir autour d?une même table, tomber d?accord sur ce qui essentiel tout en gardant leur différence dans le cadre strict du bipartisme. »

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