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Dahi a 25 ans
Déjà un quart de siècle pour le lait caillé commercialisé par Maurilait du groupe Food and Allied Ltd (FAIL), sous la marque Dahi. Il est mis sur le marché pour la première fois, le 27 février 1980. Il constitue la première étape d?un projet de diversification industrielle annoncé pour cette année-là et devant comporter une production locale de fromage de type ?Boursin?. FAIL veut à la fois introduire sur le marché mauricien des produits laitiers ayant fait leurs preuves à l?étranger mais encore valoriser les produits locaux ou faisant partie des traditions alimentaires locales. Le produit tient compte du résultat d?enquêtes menées auprès de consommateurs potentiels. Dahi commence son aventure commerciale en trois variétés qu?on pourrait qualifier de classiques : nature sucré, vanille, amande. D?autres arômes sont prévus à un stade ultérieur, dépendant des préférences des consommateurs. L?emballage utilisé est de type ?Doypack? qui a l?avantage de tenir verticalement. Maurilait démarre avec une production de 10 000 logements de 25 cl. par jour. Le prix de vente est de Re 1.75 pour le nature sucré et Re 2 pour le Dahi vanille ou amande.
Les nouvelles sont moins bonnes du côté de la pomme d?amour si chère (sans jeu de maux) à toutes les ménagères mauriciennes. Le moins qu?on puisse dire c?est que la tomate se retrouve en pleine purée, purée de tomate que les consommateurs ne trouveront malheureusement pas sur les étagères des boutiques et des grandes surfaces, à Rs 4.50 la livre. La raison en est que le Marketing Board a attendu jusqu?à la dernière minute une autorisation officielle qui ne viendra jamais car un gouvernement, se prétendant socialiste et travailliste, préfère de beaucoup protéger les mercantis et autres producteurs voulant faire la pluie et le beau temps avec les denrées alimentaires plutôt que la grande masse des consommateurs. L?option prise sur une cargaison de 50 tonnes de purée de tomate en boîte a expiré le 25 février sans que le Marketing Board puisse obtenir à temps l?indispensable feu vert ministériel, la signature que seul un haut fonctionnaire imbu de sa puissance peut refuser de donner pour bien montrer à tous que c?est lui le grand manitou et que tout dépend de lui. Que peut, en effet, un politicien et même un ministre face à un fonctionnaire se croyant hyper-protégé ?
La possibilité d?importer de la pomme d?amour pelée en boîte et de la purée de tomate est pourtant évoquée lors d?une réunion de travail, convoquée après les dernières inondations pour parer aux inconvénients des prévisibles pénuries de légumes résultant de celles-ci. L?Agriculture sollicite du Commerce le permis d?importation nécessaire mais faut croire que ce dernier ne possède ni c?ur ni oreille. En revanche, d?autres communiqués font mystérieusement leur apparition informant commerçants et importateurs d?une augmentation des quotas d?importation de pomme d?amour et de purée de tomate en conserve. Les ingrédients pour un scénario de pénuries artificielles et de spéculations commerciales se trouvent ainsi réunis, alors que le Marketing Board s?engageait à vendre les produits importés par lui à Rs 4.50 les 500 grammes.
Il n?y a pas que le commerce à vouloir priver les Mauriciens de ce divin condiment. Le port le plus moderne d?Afrique et d?Asie (Port Louis), Ramnarain dixit, bloque depuis le 18 janvier, à bord du ?Palm Trader? une cargaison de 50 tonnes de matières premières qui, si elle avait été débarquée, aurait été transformée, en 48 heures, en boîtes de purée de tomate. Autre subtilité d?un gouvernement protégeant les mercantis : des marchands sont invités à importer des produits finis de première nécessité mais des producteurs, comme Food Canners, se retrouvent dans l?impossibilité d?approvisionner sa clientèle car les autorités portuaires ne parviennent pas à donner priorité au débarquement d?une cargaison de matières premières pour une production alimentaire pourtant impatiemment attendue. Il faut savoir qu?à l?heure où le Marketing Board attend en vain un permis d?importation réclamé de toute urgence, et Food Canners la livraison d?une commande de matières premières alimentaires, la pomme d?amour se vend à Rs 30 la livre au marché central. Les méchantes langues assurent que la cargaison commandée par Food Canners et le permis d?importation réclamé par le Marketing Board, organisme d?Etat, seront respectivement débarquée et accordé quand la pomme d?amour inondera de nouveau les étals du marché central et des autres foires du pays, autrement dit quand les conditions climatiques permettront de nouveau une production vivrière normale et abondante.
Tout cela n?empêche pas, bien sûr, Sir Seewoosagur Ramgoolam de signer, avec Jean de Quengo de Tonquedec, directeur général d?Equipétrole, une convention de financement, permettant au gouvernement français d?investir une somme de FF 700 millions (Rs 1,3 milliard) dans l?implantation d?une raffinerie de pétrole à Maurice. Quarante pour cent du pétrole raffiné sera vendu à Maurice et le reste sera exporté. Qu?est devenu ce projet mirobolant ? Quelqu?un quelque part doit toujours attendre, peut-être, un permis officiel ou un feu vert ministériel?
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