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Désordres ministériels et procès d?assises
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Désordres ministériels et procès d?assises
Faisons l?impasse sur le suivi à donner aux affaires Singhania, Badry et son meeting anti judiciaire de Mare-Albert, pour parler de quelques procès d?assises ayant aussi fait la une de l?actualité d?il y a 25 ans. Mais parlons d?abord du désordre créé au cabaret Blue Mauritius par un des ministres de Seewoosagur Ramgoolam. Une dizaine de pages de l?occurrence book de la police de Rose-Hill sont noircies des dépositions données contre ce ministre plutôt turbulent. On l?accuse d?avoir préféré des injures et des menaces contre le directeur de ce night-club, Toolsi Bhoyroo, mais aussi contre des constables de service et un sergent de cette station de police. Le directeur n?était pourtant pas chaud pour le laisser entrer car l?entrée est réservée aux couples et il s?amène seul. Un couple intervient en sa faveur et, de guerre lasse, on lui accorde l?accès. Il se met par la suite à faire, à voix haute, des commentaires désagréables sur la décoration de l?établissement. Le barman essaye de le raisonner, il a droit à une bordée d?injures et des remarques du genre: ?Nous ki mari dans ça pays-là !?. S?adressant aux policiers présents, il leur crie: ?Moi ki paye zotte ! Zotte pas capave faire moi narien.?
Il se laisse aller à des remarques encore plus désobligeantes à l?arrivée des renforts policiers, mandés par le Blue Mauritius. Au poste de police où il est conduit, le ministre tente de frapper M. Bhoyroo. Ce dernier compte envoyer des lettres de protestation au Premier ministre et au commissaire de police afin qu?une suite judiciaire soit donnée à cet incident et pour que ce ministre soit sanctionné. Il compte inviter ses collègues de l?AHRIM à lui refuser l?entrée dans leurs établissements. Ce ministre n?est d?ailleurs pas à son premier esclandre. Deux policiers de faction à l?hôtel Trou aux Biches ont également porté plainte contre lui pour coups et blessures.
L?incident fournit à l?opposition parlementaire d?interpeller le Premier ministre, entre autres, à travers une PNQ d?Anerood Jugnauth. Les députés du MMM ont droit aux réponses évasives coutumières du genre : ?L?enquête suit son cours?, ?As far as I know, I don?t know..., I need notice of question?, ou encore ?On ne peut rien faire sur des rumeurs?. Bérenger rapporte d?autres incidents dans lequel est impliqué ce ministre, notamment une altercation au poste de police de Petite-Rivière, une autre à Pointe-aux-Piments contre des policiers, un geste répréhensible au Casino de Curepipe. Boodhoo intervient au nom de la moralité et s?inquiète du tort commis au GM par ce ministre. SSR s?inquiète du tort commis à la vérité par Boodhoo.
Aux assises, l?agresseur du Dr S. Jawaheer à l?hôpital du Nord se reconnaît coupable des accusations portées contre lui. Il a agi de la sorte parce qu?il a été transféré, en avril 1979, à la salle de consultation du Dr Jawaheer. Insatisfait de ses services, ce dernier le réprimande. Il le prend en grippe. Il réclame et obtient son transfert mais avant de s?en aller, il veut se venger des remarques désobligeantes du Dr Jawaheer à son égard. Le jour de l?agression, il n?est pas de service mais tient à se rendre sur place pour le provoquer. Il porte avec lui une arme tranchante avec laquelle il lui assène plusieurs coups.
Dans le procès d?assises intenté à un policier, il est accusé de l?assassinat du chauffeur de taxi Hajee I. Gooram dans un champ de cannes à MTMD, le 26 février 1979. Ce jour-là la victime conduit son futur agresseur de l?Escalier à Savannah S.E. En cours de route, il lui confie son intention de vendre son véhicule, une Datsun immatriculée BC 245. L?accusé se déclare intéressé. Il passe chez lui prendre argent et chèques en vue de la transaction. Le chauffeur de taxi prévient sa femme de ne pas l?attendre pour déjeuner. Ils se dirigent ensuite à Mahébourg, effectuant diverses démarches à la magistrature et à la banque en vue de la vente de la voiture. Après quoi l?accusé rentre au poste de police de l?Escalier dans la voiture du chauffeur de taxi. Ce dernier est porté manquant, le lendemain. On retrouve son cadavre, trois jours plus tard, dans un champ appartenant à Mon Désert Mon Trésor S.E. Le décès est attribué à une fracture du crâne.
Un autre procès aux assises défraie la chronique. Il s?agit de celui intenté au présumé meurtrier d?un boutiquier d?Anse-Jonchée, Yuk Fong Law Ching Yung. On l?accuse aussi d?avoir grièvement blessé sa femme, Lorna, et sa fille, Nora. Ces méfaits sont commis le 25 mars 1979. L?accusé nie les accusations portées contre lui. Il reconnaît seulement avoir pris plusieurs verres chez le tavernier et de s?être attardé avec des amis sous la varangue après la fermeture de la boutique. Il explique la présence d?un côté de savate lui appartenant sur les lieux du crime par le fait qu?il l?a égaré, la veille, en quittant la taverne. L?épouse du boutiquier confirme en cour sa déposition initiale, dans laquelle elle indique avoir reconnu l?accusé et même de l?avoir interpellé au moment de l?agression.
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