Publicité
Dérèglements
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Alors que les autorités réfléchissent toujours sur les moyens de combattre la recrudescence des exactions contre les femmes, les actes d?horreur et de barbarie se multiplient. La guerre faite aux filles et aux femmes de ce pays est quotidienne. Si nous ne réagissons pas face à cette violence omniprésente, la cruauté envers les plus faibles sera vite banalisée. La situation est grave. Les plus élémentaires des valeurs de notre société sont foulées aux pieds.
Hier, un nouvel acte odieux a fait irruption dans l?actualité. Deux jumelles ont été victimes d?un viol prémédité. Les auteurs présumés du délit auraient agi par vengeance. Les jeunes filles ont été enlevées, abusées sexuellement par deux hommes en présence de trois complices, puis menacées par leurs agresseurs. La veille, le frère d?Ashna Rajaram, l?adolescente de 13 ans retrouvée pendue à un arbre, a avoué qu?il abusait de sa s?ur depuis deux ans. Ces drames ne sont que les deux plus récents d?une longue série dont l?actualité nous assaille chaque jour.
Certes, rien ne peut mitiger le calvaire de ces filles et femmes affectées physiquement et psychologiquement, mais nous pouvons tirer soulagement du dénouement survenu hier dans une affaire qui avait révolté le pays en mars dernier. Il s?agit du viol collectif perpétré sur la plage de Flic- en-Flac. La sentence prononcée par le juge Paul Lam Shang Leen est extrêmement sévère. La peine qu?il a infligée est proportionnelle à la gravité de la monstruosité commise. Chacun des condamnés a écopé de plus de 20 ans de réclusion criminelle.
Non seulement la peine est lourde mais, surtout, le jugement a été rendu peu de temps après le délit. Cela a pris moins de sept mois pour que le couperet tombe. Ceci est le résultat de la décision courageuse prise par le DPP de référer ce cas de viol aggravé à une cour d?assises. Sans cette procédure exceptionnelle, il n?est pas sûr que le procès de l?horreur aurait abouti à un jugement rapide et une peine lourde.
Procès de l?horreur ? Le juge Lam Shang Leen en a bien pris la mesure car il a refusé la clémence de la cour malgré le fait que les accusés aient plaidé coupables et aient exprimé des remords. Au final, la souffrance, les dégâts et le traumatisme qu?a subis la jeune fille de 17 ans, violée et brutalisée sous les yeux de son copain, ont eu plus de poids que les regrets exprimés par les malfrats. Le juge explique sa sévérité par le «horrendous traumatic moment and the abhorrent features of the treatment of this victim».
Heureusement que le judiciaire a cherché à envoyer le «the right signal? to would-be offenders that streak of sexual arrogance would be severely checked». Parce que les politiciens et les religieux, eux, sont préoccupés par la sodomie et retardent le durcissement de la législation régissant les délits sexuels.
Publicité
Publicité
Les plus récents