Publicité

Dépôt de candidatures : Pop et FMI créent la surprise

7 août 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le Maiden électoral et législatif du 21 août 1983 réunira 297 participants dont seulement 12 candidates pour représenter la gent féminine, soit 52 % de la population féminine. Ces 297 candidats sont soit indépendants de tout parti ou de toute alliance politique, soit affiliés à un des 16 partis ou alliances enregistrés auprès de la commission électorale. Ceux-ci sont le MMM, le MSM-PTr, le PMSD, l?OPR, l?IFB, Latit Travayer, mais encore d?autres formations politiques aussi oubliées et inconnues que les Groupement mauricien, Groupement socialiste du Sud, Mouvement démocrate, Mouvement de gauche unifiée, Muslim Rights, Parti du peuple mauricien.

En revanche les Mauriciens, ou plus exactement les téléspectateurs, sont condamnés à mieux connaître deux nouvelles formations-champignons : le POP et le FMI ou Front Mauricien Indépendant et Parti Ouvrier Progressiste. Il s?agit d?une ingénieuse invention du PMSD de Gaëtan Duval, présentant respectivement 39 et 35 candidats, mais travaillant en fait pour le PMSD. Cette roublardise électorale et duvalienne offre un double avantage non négligeable, non seulement au PMSD, mais encore à l?alliance Bleu-Blanc-Rouge. Grâce au POP et au FMI, le temps d?antenne pour la campagne électorale télévisée et le nombre d?agents, autorisés dans les différents bureaux de vote, triplent presque en faveur des candidats de l?alliance PMSD-MSM-PTr. Curieusement, nul depuis ne s?est prévalu de cet astucieux moyen de s?adresser, aux frais de l?Etat, via la MBC/TV, à l?ensemble de la population. Il suffit, en effet, de créer, de toutes pièces, un parti politique, même bidon ou fantôme, de l?enregistrer auprès de la Commission électorale dans les délais préélectoraux prescrits, de trouver au moins une quarantaine de candidats, pouvant dénicher les parrains signataires exigés par la loi électorale et en mesure d?investir, à fonds perdus, dans la caution électorale au montant symbolique, pour avoir ainsi le droit, comme n?importe quel grand parti politique, de s?adresser aux téléspectateurs, sinon à la nation, pendant quelques minutes, plusieurs soirs de suite, à un moment d?écoute privilégiée (à la veille d?élections législatives) et exposer, par exemple, ce qu?il faut faire pour que notre île Maurice natale devienne plus humaine, plus raisonnable, plus fraternelle.

Une des possibles spécificités des législatives du 21 août 1983 est le petit nombre de candidats. Ils sont certes 297 au départ mais quand on enlève les 124 candidats des deux principaux blocs en présence, y compris les principaux candidats rodriguais, auxquels il convient d?ajouter les 74 candidats plutôt factices du POP et du FMI, concourant en fait pour le PMSD, sinon pour l?alliance MSM-PTr, il ne reste qu?une centaine de postulants n?appartenant pas aux blocs politiques majeurs, soit entre quatre et cinq par circonscription. Ainsi les Nos 11 et 18 ne comptent chacun qu?un candidat, osant se mêler à la lutte des blocs majeurs, en excluant, bien sûr, ceux qui se désistent dans les délais et dont les noms ne paraissent pas sur les bulletins de vote. Les circonscription 8 et 15 ne comptent que 2 candidats additionnels. Puis viennent dans l?ordre le 2 (3), le 10 (4), le 4 et le 21 (4 chacune), le 13 (7), les 5, 7 et 17 (8 chacune), les 3 et 19 (9 chacune), le 20 (10), les 10 et 12 (11 chacune), les 6 et 14 (12 chacune). Les plus longues listes de candidats se trouvent donc dans les circonscriptions 1 et 19 avec 19 candidats chacune dont 13 n?appartenant aux deux blocs majeurs.

A Port-Louis, on note que onze des 12 élus du 11 juin 1982 se représentent mais pas forcément dans le même camp, du moins en ce qui concerne Kader Bhayat, Padaruth et Sylvio Michel. Le MMM les remplace par Rashid Tegally, Subhash Lallah et Mico Arunasalon respectivement. Kader Bhayat est le seul à tenter sa chance ailleurs (au No 10). C?est dans le Nord que le MMM souffrira le plus des séquelles de la rupture entre Paul Bérenger et Anerood Jugnauth. Dans les circonscriptions Nos 6 et 7, on peut s?attendre à ce que les candidats mauves obtiennent un pourcentage de voix inférieur à ceux obtenus, non pas le 11 juin 1982, mais en décembre 1976.

Si Anerood Jugnauth s?inscrit pour sa quatrième législative, Satcam Boolell en est à sa septième et Gaëtan Duval à sa sixième. A La Caverne-Phoenix, M. Crétin a finalement pu trouver les deux parrains faisant défaut à son formulaire d?inscription. Hélas, il les trouve deux minutes trop tard pour qu?ils soient acceptés par le Returning Officer. L?heure c?est l?heure. Après l?heure ce n?est déjà plus l?heure.

L?âge moyen des 297 candidats est de 36 ans. Les plus âgés ont 63 ans, dont Sir Satcam Boolell, et le benjamin 19 (Jean Raphaël Mario de Lalit). Il n?y a pas d?âge pour les braves.

Publicité