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Démocratie en danger

20 septembre 2003, 20:00

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ça baigne pour l?Alliance MSM-MMM ? tout est fin prêt pour la transition du 30 septembre. Elle fait preuve d?une grande sérénité. Mais dans l?opposition, c?est la pagaille après les récentes initiatives de Harish Boodhoo. Navin Ramgoolam n?est pas parvenu à surmonter les contradictions internes de l?Alliance sociale. Notre démocratie est en panne d?une alternance crédible.

Depuis sa défaite en septembre 2000, le PTr se cherche pour dégager une stratégie de reconquête du pouvoir. Trois ans après, elle ne l?a toujours pas trouvée. À deux ans de l?échéance de 2005, le leader et la direction des Rouges ont intérêt à s?inquiéter. Il faudrait qu?ils revoient leur copie en profondeur et lève boner, dormi tard comme leurs adversaires s?ils veulent être de la course dans deux ans.

Quand elle s?est retrouvée dans l?opposition en septembre 2000, le Parti travailliste et ses alliés ont basé toute leur stratégie sur un mauvais calcul : un troisième divorce SAJ-Paul Bérenger. Après 1983 et 1993 ils se sont dits, « jamais deux sans trois », mais le tandem SAJ-Paul Bérenger a tenu bon. Comme beaucoup d?observateurs et analystes de la politique, ils ont mal apprécié les rapports complexes entre SAJ et Paul Bérenger. La dénonciation virulente du deal Illovo n?a pu provoquer de fissures au sein de l?alliance MSM-MMM. Constatant l?échec de leur première stratégie, la direction des Rouges a tenté de chercher des solutions nouvelles à travers une tentative de refonder le PTr.

Il a beaucoup été question de réorganisation, de redistribution des responsabilités, de mise en place de nouvelles instances et d?un quadrillage du terrain. Or, un an après, cette refondation semblait relever davantage de l?effet d?annonce. Beaucoup a été dit mais peu a été fait. Cela fait penser aux fameux Computer Boys pour un New Labour dans les années 1990, avec les résultats que l?on sait. Cette refondation n?a été au bout du compte qu?un maquillage. Il a manqué au leader du PTr la volonté réelle, le courage et l?énergie voulue de se repenser et de repenser son parti. Il a choisi de ménager tous les courants et tendances pour disposer de contrepoids à toute tendance qu?il représente une menace éventuelle à son leadership.

Sur le plan idéologique, le PTr n?arrive pas à se défaire d?une confusion délibérée des interpellations découlant des contradictions communales et de classe au sein de la société. Dans les années 50 et 60, cette double interpellation avait pu s?articuler avec les contradictions populaires et démocratiques pour être efficace et rapporter des dividendes politico-électoraux. Mais depuis, il y a eu des transformations dans les structures sociales, de profondes mutations dans le système de valeurs et dans le paysage idéologique avec l?émergence de nouvelles contradictions socio-politiques. Le discours anti-gros capital et anti-blanc trouve de moins en moins de répondant auprès des masses populaires. Le PTr se trompe lourdement s?il croit qu?il ralliera une majorité de citoyens en 2005 avec un discours dépassé. On ne construit pas l?avenir en demandant à la population de regarder dans le rétroviseur en agitant l?icône de SSR. La population veut d?un PTr ancré dans le présent et l?avenir. Au-delà de leur dénonciation du comportement de Paul Bérenger et de l?opposition farouche à sa politique, les dirigeants de l?Alliance sociale n?ont jamais pu s?entendre. D?abord sur un plan de mobilisation. Harish Boodhoo et Rama Valayden d?un côté et Navin Ramgoolam de l?autre, sont aux antipodes s?agissant de l?organisation, de l?occupation du terrain. Ce n?est pas en cherchant des boucs émissaires que le PTr sera perçu comme une alternance crédible.

Avec l?existence d?un pouvoir qui ne lésinera pas sur les moyens pour consolider ses assises, la vitalité de la démocratie mauricienne passe par une opposition sérieuse et responsable. Ce serait triste si en l?absence d?une alternance crédible, l?issue des élections se décide par un vote by default pour les gouvernants.

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