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Déclarations et inactions

9 janvier 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Une décennie et un tsunami après, les îles se révèlent toujours aussi vulnérables. La conférence de la Barbade, riche en recommandations, n?a pas apporté grand-chose en termes d?actions concrètes pour protéger l?environnement fragile des petits États insulaires.

Barbade 1994 est réputée pour sa belle Déclaration. « Mais nous avons échoué quand il a fallu appliquer ces décisions », reconnaît Anwarul Chowdhury, secrétaire général de la conférence des Nations unies sur les SIDS (voir son interview plus loin). Qu?en sera-t-il de la Réunion de Maurice ?

Les sommets mondiaux mobilisent des ressources colossales, sans pour autant arriver à dépasser le stade de la rhétorique. Il n?y a pas que la Barbade, il y a eu Rio, Johannesburg et Kyoto. Toutes ces conférences internationales ont tiré la sonnette d?alarme sur la détérioration de l?environnement dont dépend la vie sous toutes ses formes. Mais il est triste de constater que le tableau s?assombrit au fil des ans, que l?image paradisiaque des îles (lagons crystallins, récifs luxuriants et forêts tropicales) s?abîme. Sur l?autel du développement économique, dans un contexte de plus en plus complexe, les atouts des îles sont sacrifiés, laissant des écosystèmes fragilisés, exposés aux changements climatiques et autres catastrophes naturelles.

La prise de conscience ne date pas d?aujourd?hui. À chaque sommet, la communauté internationale promet de soutenir les efforts des petits États insulaires en développement « pour conserver, protéger et remettre en état leurs écosystèmes ». Et puis plus rien. Un peu comme ces impressionnantes promesses de don, largement médiatisées, au lendemain d?une catastrophe naturelle, mais qui n?arrivent pas toujours à destination. Souhaitons que les sinistrés d?Asie n?attendront pas aussi longtemps que ceux du tremblement de terre qui a dévasté la ville iranienne de Bam en décembre 2003, et qui n?ont eu jusqu?ici qu?un faible pourcentage de l?aide promise.

La participation active de la société civile au sein de la conférence SIDS augure des lendemains plus réalistes. Le fait de tendre le micro aux gens du peuple, de démocratiser le dialogue, jusque-là réservé à des politiques, souvent coupés de la réalité du terrain, mérite d?être salué. Mais le dialogue doit être proactif. Une fois la Déclaration adoptée, le suivi doit être appliqué par les acteurs sociaux, au sein de leur pays respectif.

Mais pour que le mécanisme de coordination puisse démarrer, la société civile et les décideurs doivent ?uvrer de pair, en parlant le même langage. La mondialisation n?est plus un concept creux. Elle renvoie invariablement à la compression de l?espace dans lequel les hommes de la planète vivent et échangent expertises, produits, valeurs et pleurs.

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