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C?était tout sauf un ippon !
Dimanche, à la 23e seconde de la finale des championnats nationaux des -90 kg, Ricardo Vythilingum envoie Jean-Paul Azie sur le tatami par un jet d?épaule. L?arbitre, James Boodhoo, annonce d?emblée un ippon. L?un des deux juges, Doobooree Poorunsing, proteste. Ce qui pousse l?abitre central à consulter ses deux juges. André Kanhye soutient sa décision et il confirme son verdict. Ricardo Vythilingum remporte le duel à la décision des juges (2-1).
L?assistance est offusquée. ?Jean-Paul Azie est bien tombé mais la sanction est trop lourde. C?est un yuko ou, au pire, un waza-ari mais certainement pas un ippon?, relate un ancien judoka de haut niveau.
Ce judoka a bien raison. Selon l?article 20 du règlement d?arbitrage de la Fédération internationale de judo : ?L?arbitre doit annoncer ippon lorsqu?une technique répond aux critères suivants :
(a) Le combattant projette son adversaire avec contrôle, largement sur le dos, avec force et vitesse.
(b) Le combattant tient son adversaire en osaekomi (NdlR : immobilisation) pendant 25 secondes consécutives, après l?annonce d?osaekomi .
(c) Le combattant abandonne en tapant au moins deux fois avec la main ou le pied, ou en disant ?Maitta?, généralement à la suite d?une technique d?osaekomi, d?un shime-waza ou d?un kansetsu-waza.
(d) Le combattant est dans l?incapacité de continuer le combat suite à l?application d?une technique de shime-waza (NdlR : étranglement) ou de kansetsu-waza (NdlR : technique de luxation) par son adversaire. Or, aucune de ces conditions n?était présente. Le Rodriguais, champion national sortant, est simplement tombé sur le côté.
Le président du comité régional de Rodrigues et chef de la délégation rodriguaise, Eddy André, n?a pas manqué d?en informer immédiatement les commissaires, Joseph Mounawah et Sylvio Joseph. Après consultation avec les trois arbitres, ils ont maintenu la décision. ?On était trop loin pour juger l?action. Une chaise était dans mon champ de vision et je ne suis pas apte à donner mon avis?, déclare Joseph Mounawah, également entraîneur national.
Eddy André trouve aberrant que les deux commissaires se soient tenus éloignés du tapis où se tenait la finale des -90 kg. ?Au moins l?un d?entre eux aurait dû être là?, lance-t-il. Ce dernier regrette également une politique de deux poids deux mesures.
Un peu plus tôt, les commissaires intervenaient dans le combat entre Nanon Lathemer et un autre Rodriguais, Laval Perrine. L?arbitre avait accordé un yuko au premier nommé alors qu?il méritait un ippon. Laval Perrine avait fait le pont (NdlR : tête et talons en contact avec le tapis et le reste du corps arqué ne touchant pas le tapis) après avoir été projeté et les commissaires avait bien raison d?intervenir. ?Mais pourquoi ne l?ont-il pas fait dans le cas d?Azie?, lance-t-il.
Jean-Paul Azie avoue s?être fié aux commissaires pour que la situation soit inversée. ?C?est pour cela que je suis sorti du tatami sans protester. Je croyais que le fair-play et l?honnêteté allaient prendre le dessus?, dit-il, visiblement abasourdi.
Ce qui met le judoka en rogne, c?est le fait que personne ne soit intervenu. ?Tout le monde l?a vu. Même les autres arbitres de la fédération, mais personne n?est intervenu. Je suis dégoûté?, insiste-t-il.
Pour Eddy André, son poulain a certainement manqué de vigilance mais il ne méritait pas de perdre sur cette action-là. Jean-Paul Azie est d?accord sur ce point. ?Je respecte Ricardo Vythilingum car c?est un bon judoka. Je ne dis pas qu?il ne pouvait gagner le match mais la victoire n?aurait pas dû lui être offerte sur cette action-là?, conclut-il.
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