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Célébrerons-nous le 125e anniversaire du décès de Darwin
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Célébrerons-nous le 125e anniversaire du décès de Darwin
Charles Darwin, célèbre pour sa théorie explicative de l?évolution des espèces animales et végétales, meurt à Down, le 19 avril 1882. La communauté scientifique mauricienne compte-t-elle célébrer cet événement, en tenant compte de la fructueuse décade qu?il passe à Maurice en 1836 ? Nous savons que la Société Royale des Arts et des Sciences prépare, d?ores et déjà, des activités dans ce sens. Nous ne pouvons qu?espérer que les autres organisations scientifiques locales en fassent autant afin de mettre davantage en exergue la place de l?île Maurice dans l??uvre puissamment féconde du célèbre naturaliste anglais.
En 1982, Mgr Amédée Nagapen apporte sa contribution au souvenir de Darwin à l?occasion du centième anniversaire de sa mort en publiant un article intitulé ?Charles Darwin au Mont Thabor?. Il raconte comment, alors âgé, de 27 ans et frais émoulu de l?université de Cambridge, il débarque au Port Louis, le 29 avril 1836.
Charles, né le 12 février 1809, à Shrewsbury, est le second fils du Dr Robert Darwin, et le petit-fils du médecin et poète déiste Erasme Darwin (12 décembre 1731 ? 18 avril 1802), auteur du Jardin botanique et de Zoonomia or Laws of Organic Life. On y trouve le germe d?un grand nombre d?idées dont l?hérédité, l?adaptation, les organes de protection des plantes et des animaux, idées que devait reprendre et approfondir son petit-fils.
Charles Darwin renonce aux études de médecine auxquelles son père le destine. Il s?en va faire ses humanités à Cambridge mais fait surtout preuve du plus grand dilettantisme. Cela l?amène, entre autres, à collectionner différentes espèces d?insecte. Il se lie d?amitié avec le botaniste Henslow qui lui propose, en 1831, de faire partie de l?expédition hydrographique Fitz-Roy en Terre de Feu. Il s?embarque donc à bord du Beagle, petit vaisseau de 242 tonnes, classé dans la catégorie des... cercueils, en raison de leur fâcheuse prédisposition à chavirer par mauvais temps. Plus tard, Darwin confessa que le voyage du Beagle est de beaucoup l?événement le plus important de sa vie au point de déterminer toute sa carrière scientifique. Le goût pour la science et pour l?observation prend alors le dessus sur toute autre considération. Le voyage est pourtant fort pénible. Il est logé à l?étroit à bord du Beagle et demeure sensible au mal de mer. Il comprend pourtant qu?il ne peut mieux employer sa vie qu?en ajoutant quelque chose aux sciences naturelles.
C?est dans ce nouvel état d?esprit qu?il débarque au Port Louis, le 29 avril 1836. Sa croisière de cinq années autour du monde lui fournit déjà une riche moisson d?observations et de données. Il échafaude déjà les idées qu?il développera, en 1859, dans son fameux traité : De l?origine des espèces. Féru de géologie, alors qu?il a précédemment juré qu?il n?ouvrira jamais un manuel de géologie, il étudie le sol de Maurice. Le 2 mai 1836, il grimpe au sommet du Pouce qui lui permet d?avoir une vue panoramique de toute l?île Maurice ou presque. Il rencontre le directeur des Travaux publics, John Augustus Lloyds avec qui il fraternise. Cela lui facilite d?autant ses recherches à Maurice.
Lloyd l?invite à loger dans son Llewellyn Castle, situé sur un promontoire, dominant la cascade de Beau-Bassin. Lloyd y a construit une réplique du château de Belvédère (d?Ecosse ou de Weimar) qui s?est successivement appelé Llewellyn, The Castle, La Tour blanche et aujourd?hui le Thabor.
Le 5 mai, Darwin quitte Llewellyn pour une tournée du district de la Rivière Noire. Il effectue une partie du projet à dos d?éléphant. A propos de cette visite, il consigne dans son journal : ?We were constantly tempted to exclaim : how pleasant it would be to pass one?s life in such quiet abodes?. Beaucoup peuvent considérer la théorie évolutionniste de l?agnostique Darwin comme une négation de l?activité créatrice divine. D?autres peuvent tout autant y trouver la main de Dieu poursuivant l??uvre de la Création par l?entremise des créatures.
De retour à Londres, il décide de consacrer le reste de sa vie à la science. Il classe ses notes et ses collections, les étudie plus attentivement. Il obtient une aide de l?Etat pour publier ses recherches. Il les consigne dans Voyage d?un naturaliste et dans Zoologie du voyage de Beagle.
En 1839, il épouse sa cousine Emma Wedgwood et s?installe à Down, à une heure de chemin de fer de Londres. Les idées de Malthus l?incitent à approfondir la thèse de la sélection naturelle et du struggle for life. En 1858, les recherches d?Alfred-Russel Wallace l?incitent à résumer ses idées scientifiques en cours d?élaboration. L?Origine des espèces paraît en novembre 1859 et le rend célèbre. La première édition de 1 250 exemplaires est épuisée le jour même de sa parution. Les nouvelles éditions se multiplient.
En 1982, nos services de poste émettent une série philatélique pour marquer le centenaire de la mort de Darwin et du 150e anniversaire du début de l?expédition du Beagle (1831-32). Elle comprend un portrait de Darwin, son télescope, sa tournée à dos d?éléphant et le Beagle subissant des travaux de carénage.
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