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Cuttaree annonce une bataille difficile pour un assouplissement de l?Agoa
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Cuttaree annonce une bataille difficile pour un assouplissement de l?Agoa
La demande mauricienne en faveur d?un assouplissement des conditions de l?Africa Growth and Opportunity Act (Agoa) concernant les third party fabrics n?est pas aussi simple que l?on pourrait imaginer. Tout changement sur ce plan devra au préalable passer par le processus législatif aux Etats-Unis. Il ne s?agit pas d?une unique démarche administrative.
C?est ce qu?a affirmé hier le ministre de l?Industrie et du Commerce international, Jayen Cuttaree. Il intervenait lors d?un déjeuner organisé par la branche mauricienne de l?American Chamber of Commerce au Domaine Les Pailles.
Une dérogation aux third party fabrics, comme demandée par Maurice, permettra aux producteurs mauriciens d?importer des matières premières à partir des pays tiers, dont les sources compétitives de l?Asie. Cette exemption s?applique normalement aux pays moins développés (PMD) de l?Afrique subsaharienne. Néanmoins, deux pays ne se trouvant pas dans cette catégorie, à savoir la Namibie et le Botswana, bénéficient de cet avantage. Maurice veut, lui aussi, être du lot car cela profitera énormément à son industrie de textile qui passe actuellement par une phase très délicate.
Selon le ministre Cuttaree, les Américains ont consenti à une telle exemption en faveur de la Namibie parce qu?ils y ont fait des investissements importants. Les Etats-Unis ont vu à travers une telle faveur un moyen d?aider le Botswana à combattre le sida qui prend des proportions alarmantes. Maurice a donc de gros efforts de lobbying à faire sur ce chapitre. Le ministre se veut toutefois optimiste. Le Common Market for Eastern and Southern Africa (Comesa) a décidé de recommander aux Etats-Unis d?inclure Maurice sur la liste des pays qui devraient bénéficier de cette dérogation.
<B>La diplomatie en marche</B>
Jayen Cuttaree a aussi parlé dans les grandes lignes des initiatives diplomatiques de Maurice en vue de continuer à bénéficier des accords préférentiels. Selon lui, il n?est pas réaliste de demander un renvoi du démantèlement de l?Accord multifibres qui doit intervenir en 2005. En revanche, la diplomatie mauricienne a une meilleure marge de man?uvre sur le plan des tarifs douaniers préférentiels.
?Notre position n?est pas bien comprise dans certains milieux. Nous ne voulons nullement bloquer le processus de libéralisation du commerce international. Les pays développés veulent voir les tarifs disparaître complètement. Si tel est le cas, toutes nos préférences tarifaires deviennent nulles?, précise-t-il.
Un moyen de contourner le problème serait de demander des dérogations sur des produits qui ont une importance vitale pour les pays africains, mais qui ne remettraient pas en cause les intérêts commerciaux des Etats-Unis.
Le ministre s?est appesanti sur l?impact du textile chinois sur l?industrie mauricienne. Il a évoqué la nécessité pour Maurice et les producteurs américains de vêtements de trouver une position commune pour contrer l?influence de la Chine sur le marché américain du textile-habillement.
L?ambassadeur des Etats-Unis à Maurice, John Price, a, lui, exhorté l?industrie mauricienne à être plus innovatrice pour pouvoir mieux faire face aux forces de la libéralisation et de la mondialisation. ?Les préférences seront appelées à disparaître ou à diminuer considérablement. Vous aurez à vous réinventer. Vous ne pourrez pas chercher des protections tout le temps?, a-t-il affirmé. Il a invité Maurice à explorer les possibilités autres que le textile dans le cadre de l?Agoa.
Le responsable de ce dossier au sein de l?American Chamber of Commerce, Maurice Vigier de Latour, partage lui aussi les vues du ministre sur une concertation des efforts entre les industriels américains et la partie mauricienne pour faire face à la déferlante chinoise.
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