Publicité

A c?ur d?Afrique

31 mai 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Femme de conviction, militante pacifique, Dobet Gnahoré, 25 ans, est aujourd?hui celle qui parcourt le globe, des Etats-Unis au Brésil en passant par l?Europe. Elle distille ses messages pour un Afrique nouveau.

Usant de plusieurs langues africaines pour distiller ses messages, l?artiste veut «toucher un large public tout en mélangeant les langues. Il y a une chanson où je chante en dida, la langue de la Côte d?Ivoire et en arabe. J?essaie de valoriser les langues et les rythmes africains,» dit-elle.

Sa carrière prend forme lors de sa rencontre avec le guitariste Colin Laroche de Féline, celui qui deviendra par la suite son époux et qui l?accompagne encore aujourd?hui sur scène.

Après cette rencontre, elle quitte son pays pour Grenoble (France), où elle exprime son talent dans des cafés-concerts, «où les gens nous donnaient un espace pour nous exprimer.» Le duo se fait un nom, surtout au travers d?une vidéo de ce genre de concerts. Repérée par un producteur, la carrière de l?artiste prend son envol.

«Ce n?est pas facile d?émerger. Il faut juste trouver quelqu?un qui aime ce que vous faites. Ce n?est pas évident. Je fais partie de ceux qui ont eu la chance d?avoir trouvé un producteur (NDLR : Michel De Bock)» explique l?artiste sur les conditions des artistes africains surtout.

De cette rencontre avec Michel De Bock naîtra Ano Neko (2003), le premier opus de Dobet, qui signifie «créons ensemble.» «J?ai fait cet album avec beaucoup d?amis artistes. Le disque parle de créativité entre les artistes. J?aborde aussi des thèmes liés à la politique, à la maladie du sida. Je suis engagée dans tout ce que je fais, ce que je dis,» souligne Dobet Gnahoré.

Image négative de l?afrique

Certes, son engagement n?est pas aussi politique que ses «vieux pères», comme on dit en Côte d?Ivoire, quand on parle de Tiken Jah Fakoly ou d?Alpha Blondy. « Mon engagement est plus large, je chante mes émotions de l?amour à la mort en passant par la politique,» précise la chanteuse.

Trois ans après son premier disque, elle revient avec Na Afriki (Mon Afrique). «Ce disque est un regard externe de l?Afrique, cela faisait huit ans que je vivais en France. L?image qu?on a de l?Afrique quand on est en Europe est très négative. Dans ce disque, je parle de ce qui est va mais aussi de ce qui ne va pas en Afrique. Il faut critiquer, comprendre, juger et accepter. Ceux qui écoutent l?album peuvent en ressortir avec beaucoup d?espoir ou d?amertume.»

Ce disque dans son ensemble est un éveil de conscience. Un cri de secours. «On ne se réveille pas en tant qu?Africains. On est trop assisté. On a l?habitude d?indexer les autres. On est encore en retard. Il faut changer tout ça,» ajoute Dobet Gnahoré.

Outre ses albums, Dobet Gnahoré est aussi connue pour être une bête de scène, fougueuse et rageuse. « J?ai travaillé pendant six ans de 4 heures du matin à 20 h dans mon village à Ki Yi (Côte d?Ivoire). J?ai appris la volonté et la rage de réussir. Je viens d?une famille qui n?est pas riche et j?ai aussi appris à défendre mes idées. Sur scène, je le fais aussi. Je crois dans ce que je dis et j?assume mon métier,» avance Dobet Gnahoré.

Publicité