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Créer et pérenniser l?évènement

31 août 2007, 20:00

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LA première réaction de cette belle femme de 35 ans est de dire non à l?idée d?être croquée en portrait. Cette Algérienne qui a, avec sa famille, mis le cap sur la France alors qu?elle n?avait que huit ans, essaie de s?esquiver par des protestations. «Je n?aime pas parler de moi, ni me mettre en avant.»

Lorsqu?on lui fait remarquer qu?il lui sera difficile de faire autrement avec le Festival de la mode que sa société, Odysseus Events, organise en novembre prochain, elle finit par se ranger à notre opinion. Et à reconnaître ses contradictions. «Je sais, je suis très contradictoire. J?aime le blanc et le noir. Je fais une chose et son contraire. Peut-être que cela tient au fait que tout au long de ma vie, j?ai évolué dans différentes cultures, arabe, française et aujourd?hui mauricienne.»

C?est à Paris que Leila et les siens s?installent. Elle se jette dans ses études. A l?issue de son baccalauréat, elle s?oriente vers l?informatique car elle pense qu?il s?agit d?un secteur prometteur. Sa spécialisation a trait au multimédia.

Leila démarre dans la vie active au sein du service informatique d?une société de grande distribution. Responsabilités qui l?amènent à passer un an dans le Sud de la France, puis un an à Paris. En 1996, elle vient à Maurice pour travailler dans une société informatique.

«Nous rencontrons certes des obstacles mais ils nous poussent à nous dépasser. Il faut rêver. C?est ce qui permet d?avancer.»

Elle rencontre Sanjeev Ghurburrun, avocat. Le courant passe bien entre eux. Ils se marient en Inde le 12 juillet 1998. «Le jour de la coupe du monde durant laquelle Zidane fait gagner la France, quel bonheur !» (rires).

Bien que la culture de son mari soit différente de la sienne, Leila fait tout pour s?adapter car elle considère que «c?est à la personne qui vient s?installer de s?intégrer. M?intégrer a été ma priorité. Tout en conservant mes différences, je crois que j?ai bien réussi. Aujourd?hui, je suis mauricienne avant tout.»

N?étant pas femme à rester inactive, Leila fait des petits boulots par-ci, par-là. Jusqu?à se faire embaucher pour développer les services multimédias du programme Environnement de la Commission de l?océan Indien. C?est là qu?aura lieu son déclic pour l?évènementiel. «J?y ai appris sur le tas les métiers de la communication, y compris l?organisation de conférences.»

Enceinte de sa fille Helya qui a aujourd?hui sept ans, elle décide de se mettre à son compte et ouvre Géroudis Communications, agence qui se spécialise dans l?évènementiel. «Petit à petit, Géroudis Communications s?est fait connaître et j?ai eu des contrats pour l?organisation de divers évènements.»

Un de ses contrats phare est l?organisation du Festival de Cannes Junior pour le compte de la Mauritius Film Development Corporation. «C?est là que j?ai réalisé que j?aimais rencontrer des gens. Rencontrer des gens est une bénédiction car on apprend toujours des autres et la majorité des personnes que j?ai rencontrées dans ma vie, m?ont apporté d?une façon ou d?une autre, quelque chose de positif. Je ne suis pas faite pour rester derrière un ordinateur. J?aime échanger, organiser. J?aime ressentir cette poussée d?adrénaline qui vient avec. Et puis, l?organisation d?évènements fait appel à la créativité, de même qu?à l?inventivité car il faut harmoniser l?organisation à l?objectif du client et jouer avec les budgets.»

Sa rencontre avec Christine Rochecouste-Collet qui s?associe à elle, vient donner un coup de fouet à la société. «Nous étions une petite structure et nous faisions tout. Nous nous sommes beaucoup amusées. Cela n?a été que du bon.» L?aventure dure en tout et pour tout quatre ans. Leur besoin de souffler y met un terme.

Après quelques mois, Leila accepte de développer le département évènementiel de Marcom, filiale de la British American Investment. Ainsi pendant neuf mois, elle met la structure en place et organise bon nombre d?évènements dont le célèbre Zee Cine Awards en mars 2006 au Swami Vivekananda de Pailles.

Leila n?est pas femme à s?encroûter. Quand elle sent qu?elle a accompli ce qu?elle devait, elle s?en va. Lorsqu?elle a ce sentiment-là, elle quitte Marcom. Quelques mois plus tard, elle scelle un nouveau partenariat avec son ami, Rajesh Dindoyal, directeur d?Odysseus Public Relations. La nouvelle compagnie qu?ils fondent est nommée Odysseus Events.

Les organisateurs de Zee Cine Awards n?ont pas oublié la contribution de Leila car en mars dernier, ils font à nouveau appel à elle pour l?organisation de leur événement en Malaisie. La jeune femme se remet aussitôt en orbite. Elle et son partenaire organisent aussi le concert d?Himesh Reshamiya, une grosse pointure de la chanson indienne du moment.

Si Rajesh et elle continuent à organiser des évènements pour des compagnies, ils réalisent que pour s?inscrire dans la durée, ils doivent aussi créer leurs propres évènements. Ils ont sorti de leur chapeau le Festival de la Mode, prévu du 21 au 25 novembre. L?objectif de cette manifestation, explique Leila, est de valoriser la créativité et le savoir-faire mauricien et des pays participants qui sont ceux de l?océan Indien, de l?Afrique de l?Est, l?Inde et la Malaisie. La majeure partie des évènements tombant sous ce festival aura lieu au centre Swami Vivekananda à Pailles.

Le grand public aura accès à des défilés quotidiens, à un plateau débat et à une exposition-vente de prêt-à-porter, d?accessoires de mode et de bijoux. Il pourra aussi admirer l?exposition de produits liés à la mode fabriqués par des sociétés locales et assister à des démonstrations de coiffures, de pause de henné, etc.

Les professionnels de la mode seront invités à un séminaire sur les métiers de la mode, qui aura lieu également à ce centre de conférences.

Cette manifestation d?envergure comprend aussi trois concours. Il y a d?abord celui du meilleur styliste dans trois catégories : bijouterie, accessoires et vêtements, qui s?adressent aussi bien aux Mauriciens qu?aux créateurs des pays de la région. Les trois gagnants seront désignés à moitié par le public et à moitié par un jury de professionnels locaux et internationaux.

Le second concours est un relooking ouvert uniquement aux Mauriciens. «Tout Mauricien, homme comme femme, âgé de 18 ans et plus, doit envoyer sa photographie. Les photos seront publiées dans un journal et le public sera invité à sélectionner trois personnes. Au final, leurs photos seront exposées au centre et le public désignera le gagnant sur place.» Le dernier concours est celui de la meilleure photo de mode.

Ce festival se clôturera par une soirée de gala appelée la Nuit de la mode. Cette soirée grandiose, au cours de laquelle, tous les gagnants des concours seront récompensés, comprendra un dîner de gala et un défilé animé par les mannequins d?Elite India.

Leila tient absolument à rendre cette manifestation annuelle. Elle admet que ce projet est ambitieux. «Il l?est. Mais nous voulons montrer que les sociétés mauriciennes peuvent et savent organiser une telle manifestation. Nous rencontrons certes des obstacles mais ils nous poussent à nous dépasser. Il faut rêver. C?est ce qui permet d?avancer. Ce festival sera à la hauteur de nos espérances car nous ferons tout pour.» Rendez-vous est donc pris pour novembre?

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