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Critère racial

28 août 2008, 20:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

L?événement est historique. L?Afro-Américain Barack Obama est devenu cette semaine le candidat officiel d?un grand parti à la présidence américaine. Hier, il a prononcé son discours d'acceptation de l'investiture démocrate pour la présidentielle. Beaucoup disent que le rêve évoqué par Martin Luther King, il y a 45 ans, s?est concrétisé. Si Obama l?emporte sur le républicain John McCain le 4 novembre prochain, on parlera de miracle. Mais il lui reste des obstacles sérieux à franchir avant le sacre final. Lui et son rival républicain sont, pour l?heure, au coude à coude.

Le monde a changé mais pas assez. Le candidat Obama a connu une ascension fulgurante au début mais la réalité semble désormais le rattraper. Son avance dans les sondages face à John McCain a fondu ces dernières semaines. A deux mois de l?échéance, il semble que la lutte sera serrée.

La question raciale a fait une irruption brutale durant la phase finale de la campagne. Elle semble aujourd?hui en mesure de compromettre les chances de succès du candidat noir. Le Parti démocrate a pris conscience de cela et tente d?occulter le sujet. Les intervenants à la convention démocrate de Denver ont exalté les racines modestes d'Obama mais n?ont pas mentionné le fait que son père était africain.

Barack Hussein Obama, fils d?un musulman kenyan, est né à Hawaii, a vécu une partie de son enfance en Indonésie et a été un travailleur social dans le ghetto noir de Chicago. Son parti fait l?effort de passer sous silence ses racines noires parce qu?il cherche à rassurer les électeurs blancs. Pourtant, au départ, les origines africaines d?Obama ne semblaient pas un handicap électoral. Au contraire, cela lui permettait de mieux incarner le changement. Peu à peu, l?insidieuse question raciale a fait son chemin dans l?Amérique profonde et a modifié les rapports de force.

Un conseiller de Hilary Clinton admet la prédominance du facteur racial et déclare cyniquement que «tous ces articles sur son enfance en Indonésie ou sa vie à Hawaii, qui mettent en avant la diversité de ses origines et de sa culture, exposent une faiblesse réelle : les limites de son enracinement dans la culture et les valeurs fondamentales de l'Amérique... Ce sera bon pour l'élection de 2050».

Le magazine «Economist» estimait dans sa dernière édition que le meilleur atout d?Obama demeure son appartenance minoritaire : «His hard-core supporters regard him not just as a ?change agent? but also as a ?transformational figure? ? a man who, simply by dint of who he is, can repair America?s global image and, more important, make amends for the country?s racist past.» Cela reste vrai pour ses partisans et pour les éléments progressistes de la société américaine. Toutefois, de nombreux Américains blancs ne parviennent pas à dépasser les clivages ethniques : ils ne souhaitent pas que le pouvoir «échappe» de leurs mains.

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