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Courts métrages ou l’art de court mémoire !

28 septembre 2011, 20:00

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“..Nous n’avons pas reçu d’aide mais nous avons changé nos difficultés en qualités, souligne David Constantin dans un article de lexpress.mu dans le contexte d’un concours de création d’images autour d’un format de réalisation vidéo, rebaptisé ‘île courts’.

Cette remarque venant d’un jeune amateur de l’image m’a interpellé et je me suis dit ‘enfin, il faut rétablir quelques faits’ dans cet univers des courts images.’

En 1995, dans le cadre des célébrations des 100 ans du cinéma, le tout premier festival de court métrage prit naissance. Les entrées étaient certes de mauvaise qualité, le jury ne voulait pas décerner de prix, mais il accepta de récompenser la création.  Vite, on s’était ressaisi, la seule solution était la formation.  J’ai créé un programme de formation calquée sur un modèle pédagogique appliquée…  ‘le cinéma expérimental’ avec l’appui d’Agnès Warda, grande personnalité de la nouvelle vague, qui avec quelques amis cinéastes français, venaient de lancer le cinéma dit court, avec des moyens très modestes de tournage.

Agnès tournait des sujets de sa vie, caméra au poing, toute émotion qu’elle a vécue.  Pendant presque dix ans, chaque mardi, j’enchaînais de cours en cours, autour des jeunes et moins jeunes, caméra au poing, je partageais connaissance et passion autour de l’image.  Le résultat : qautre saisons de ‘cinéma expérimental’, 2000 inscrits, 400 terminant les programmes, quatre festivals de courts-métrage de très haut niveau organisationnel de 1998 à 2002, avec 35 à 40 entrées par concours, des grandes réalisations sortaient de l’ombre…et des jeunes y marquaient leur présence à la Mauritius Broadcasting Corporation, festival oblige. Tous les films retenus pour chaque final, étaient projetés en Prime Time sur la première chaîne de la MBC…et la finale, en live…des grands moments de notre cinéma mauricien qui promettait.  Pleins projecteurs sur les Jay Bhunjun, Wassim Sookia, Laval Plaiche []]de Rodrigues], Marie Jose Baudot, Rakesh Gooljar, Jeewooth, Athanas, etc…

Au-delà du festival, avec le soutien de ceux qui croyaient dans nos jeunes…La Sentinelle/la MBC/ RFO Paris et Réunion/ Goupille / EMTEL/ SONY South Africa COI/RTA Madagascar et d’autres partenaires au fil des années. Il y avait tout un programme de formation ciblée avec des grands techniciens venus d’ailleurs, Jean Back, le directeur du CNA, Centre national de l’Audiovisuel de Luxembourg, Jim Damour, réalisateur documentaire de la Réunion, Gurunath, de Doordarshan Mumbai et ancien cadre du FTTI, Film and Television Institute of India, Francis Leroi, cinéaste et Michel Darmon, chef décorateur de France, Ben Zulu, scénariste du Zimbabwe et directeur de ASDF, African Script Development Fund.

Madkhur Thabet, cinéaste égyptien du Centre National du Cinéma d’Egypte, plusieurs éminents formateurs de l’Australie, de Singapour, du Japon, d’Afrique du Sud, de France, de Belgique, des Etats Unis, de l’Angleterre, de l’Inde… et pour couronner toute cette panoplie de formation de qualité, le célèbre ‘Atelier Varan’, de Paris, grande école du documentaire dirigea une des formations les plus complètes dans cette partie du monde, avec Jean Lefaux…le rêve pour 11 jeunes (dont Christian Comarmond, réalisateur de ECO Tv) qui avaient vécu peut être un des moments de plus intenses de leur vie ! et tout cela sans grands moyens financiers, mais avec une seule passion, un unique objectif, le plaisir du partage de la connaissance en création audiovisuelle et l’appui des bienfaiteurs.

J’ai rempli mon contrat, brève moment de ma vie de création intense, partagée avec des centaines de jeunes l’île Maurice se souviendra de ‘Tracée’,  ‘Nani’,  ‘Tanga’,  ‘CRI’, ‘La Pêche à la Senne à Rodrigues’, ‘L’esprit Chazalien’, ‘L’Arnak’, ‘Gondo’ parmi les centaines de courts métrages qui ont fait le vrai bonheur de leurs créateurs talentueux et le public mauricien, en créole, français, bhojpuri, anglais… Je tiens toujours à rendre hommage à tous ces créateurs, et ma pensée la plus profonde va à tous ces jeunes qui ont pu au moins réaliser un film dans leur vie avec seule motivation, leur détermination!

Personne ne pourra dire que rien n’a été fait qu’on n’a pas reçu d’aide !

 

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