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Corruption : feu orange

27 septembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Il fallait s?y attendre. Transparency International (TI) met à l?index, dans un rapport publié hier, la gravité de la corruption dans le pays. Cette ONG classe Maurice à la 53e place sur 179 pays. La chute est considérable pour nous. Il y a un an, nous occupions le 42e rang au tableau de l?indice de perceptions de la corruption.

Les pays sont classés selon une échelle allant de 0 à 10. Plus l?indice est faible, plus est élevé le niveau de corruption. Maurice a obtenu une note inférieure à 5. Deux pays africains ont été notés au dessus de cinq : le Botswana et l?Afrique du Sud. Même le Cap Vert nous devance. Pour établir cet indice, TI s?est appuyée sur des évaluations faites par des organismes réputés tels que Freedom House, ADB, AFDB, EIU, UNECA et encore le World Economic Forum.

Les conclusions du rapport de Transparency International risquent d?écorner l?image de notre pays, en particulier auprès des bailleurs de fonds traditionnels. Ceux-ci étant très exigeants sur le respect de la bonne gouvernance, la mesure de la corruption reste l?un des indicateurs clés pour déterminer le montant de l?aide que doit recevoir un pays donné. Cela nous fait du tort quand TI écrit sur la page d?ouverture de son site que ?countries with a significant worsening in perceived levels of corruption in 2007 include Bahrain, Belize, Bhutan, Jordan, Laos, Macao, Malta, Mauritius??

L?indice de perception de la corruption a été calculé à partir de données rassemblées lors d?enquêtes réalisées en 2007 et en 2006. Il ne doit pas être confondu avec un autre indicateur rendu public cette semaine qui est, lui, plutôt favorable à notre pays. Le Index of African Governance, publié mardi, place Maurice à la tête d?une liste de 48 pays africains. Cet indice ?uses data from 2005, the last year with reasonably complete available data for nearly all sub-Saharan African nation-states?. Il est donc dépassé et n?a pas beaucoup de pertinence pour les bailleurs de fonds.

TI indiquait hier que les résultats positifs enregistrés par plusieurs pays ?sont le reflet des efforts anti-corruption mis en ?uvre sur le continent africain ?? Cela ne peut qu?inciter les dirigeants politiques locaux et l?Icac à engager une réflexion sur nos propres faiblesses dans la lutte contre la corruption.

En particulier, le directeur général de l?Icac, Anil Kumar Ujoodha, devrait chercher les raisons qui rendent peu efficace la commission anti-corruption. L?une d?elle pourrait tenir à sa propension à s?engager dans des polémiques inutiles. Hier, par exemple, Anil Kumar Ujoodha a fait une déclaration publique pour démentir notre information à l?effet que l?Icac a classé l?affaire Varma. Il a laborieusement expliqué que l?affaire est devant le DPP qui, dit-il, est seul habilité à prendre une décision. Mais c?est exactement ce que nous écrivions : ?Le dossier d?enquête a été remis au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), à qui incombe maintenant la décision finale?, est-il précisé dans l?article paru hier. Si nous annonçions en une que ?l?Icac classe l?affaire Varma?, c?est dans le sens que le Petit Larousse donne à l?expression ?classer une affaire?. Il s?agit de ?la considérer comme réglée?. Et, l?Icac a bien considéré qu?il ne faut pas poursuivre le député Varma.

Avec la mauvaise note de Maurice, le feu est à l?orange. Il passera au rouge si les autorités privent les médias d?un meilleur accès à l?information et la société civile du droit d?exercer un contrôle.

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