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Corruption : bénéfice du doute pour deux policiers

8 août 2008, 00:00

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Les allégations de corruption dont il faisait l?objet l?ont traumatisé. Au point où sa santé s?est gravement détériorée. Mais depuis hier, le chef inspecteur Shyam Jugmohun, «peut reprendre goût à la vie». L?ancien responsable du poste de police d?Abercrombie et son collègue, le sergent Geerish Puryag, qui comptent tous deux 28 ans de service dans les forces de l?ordre, ont été blanchis d?une accusation de corruption formulée par un suspect qu?ils avaient arrêté en 2006. La magistrate Véronique Kwok Yin Siong Yen leur a accordé le bénéfice du doute.

«Il y a des éléments troublants dans le dossier de la poursuite? Je vous accorde donc le bénéfice du doute.» En entendant ces mots, les femmes des deux policiers et leurs enfants, dans la salle d?audience, sortent leurs mouchoirs pour essuyer leurs larmes. D?aucuns pensaient que les deux hommes allaient sauter de joie. Mais ce sont les larmes qui ont marqué ce «moment d?intense bonheur». A leur sortie du tribunal, les deux hommes appelent «ceux qui les ont soutenus» pour leur annoncer la bonne nouvelle et les remercier. Ils sont aussi félicités par des policiers présents en cour, dont d?anciens collègues. «C?est un grand moment de joie. Tout le travail que j?ai accompli dans lapolis pa ti capav al dan dilo», déclare le chef inspecteur Shyam Jugmohun, qui se ressaisit en essuyant ses larmes une nouvelle fois.

Ce procès, qui a duré deux ans, n?a pas été sans conséquence pour Shyam Jugmohun. Ces allégations lui ont valu d?importants soucis de santé. Geerish Puryag affirme de son côté qu?il a toujours cru en la justice «car les conséquences d?une fausse allégation empoisonnent votre vie à jamais». Maintenant qu?il est lavé de tout soupçon, le sergent n?a qu?un seul désir : réintégrer le service au plus vite. «C?est mon plus ardent désir : de reprendre le service. Le travail m?a beaucoup manqué.»

Le chef inspecteur Shyam Jugmohun et le sergent Geerish Puryag avaient été arrêtés par l?Independent Commission against Corruption (ICAC) le 19 juin 2006 après les dénonciations de Salim Roodur, un habitant de Sainte-Croix. Ce dernier était alors en liberté conditionnelle pour une affaire d?escroquerie. Il avait allégué que des policiers l?avaient emmené au poste d?Abercrombie pour rencontrer le chef inspecteur Jugmohun. Et que ce dernier lui avait demandé Rs 10 000. Il est retourné chez lui prendre l?argent et est revenu à Abercrombie. Entre-temps, il en a informé l?ICAC qui a immédiatement monté une opération.

Les deux hommes ont été pris en flagrant délit, dit la poursuite. Mais la cour n?est pas de cet avis. La magistrate dit constater plusieurs incertitudes au dossier d?accusation, notamment quant à l?heure alléguée du délit. Salim Roodur affirme leur avoir remis l?argent à 11 heures alors que l?Occurrence Book du poste de police montre qu?à cette heure, le sergent était en patrouille. «Salim Roodur maintient que le sergent était présent quand il a remis l?argent au chef inspecteur. Le sergent ne peut avoir le don d?ubiquité», fait ressortir la magistrate. Plusieurs autres zones d?ombre ont été relevées, dont les rectifications apportées par Salim Roodur lors de son contre-interrogatoire.

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