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Coria croque tout le monde et se fait un nom
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Coria croque tout le monde et se fait un nom
Insatiable : en trois semaines, l?Argentin Guillermo Coria a ingurgité trois tournois, quinze matches et trente-deux sets de rang, sans laisser la moindre miette à ses adversaires, s?invitant ainsi à la prestigieuse table du grand Guillermo Vilas à qui il doit son prénom.
Dimanche le petit Argentin (1,75 m) a complété sa trilogie gargantuesque par un succès à Sopot, réalisant ainsi une performance inédite depuis l?Autrichien Thomas Muster en 1996. Mais plus encore que la succession de ses victoires, c?est la manière supersonique avec laquelle le N° 3 mondial les tisse qui impressionne.
Morceau choisi : le 19 juillet dernier à Stuttgart. Après avoir atomisé la veille le talentueux Russe Mikhail Youzhny 6-0, 6-0, Coria ne fait qu?une bouchée de l?Espagnol Feliciano Lopez 6-4, 6-0 en demi-finale.
Radieux, il se confie : ?Je crois que j?ai joué l?un des meilleurs matches de ma carrière. Mais la finale sera sans doute plus difficile.? Le lendemain, il explose l?Espagnol Tommy Robredo en finale 6-2, 6-2, 6-1...
Ce sera Guillermo
Coria n?a ainsi lâché que 62 jeux lors de ces 15 dernier matches, soit un tout petit peu plus que deux par set disputé. Une misère. S?il y en a un qui n?a jamais douté que le petit Coria allait devenir un tel ogre, c?est son père Oscar, entraîneur de tennis dans la petite ville de Venado Tuerto, à trois heures de route de Buenos Aires.
Lorsque le 13 janvier 1982, il aperçoit pour la toute première fois la frimousse de son fils, cela fait déjà un moment qu?il a choisi son prénom.
Ce sera Guillermo, en hommage à la légende argentine Guillermo Vilas, vainqueur de quatre tournois du Grand Chelem entre 1977 et 1979.
Le destin est tracé. Le petit Coria tient à peine debout, qu?il tripote déjà une raquette de tennis miniature. Et comme il est plutôt talentueux, il gravit rapidement tous les échelons, au son nerveux de son groupe de rock préféré des Guns N?Roses.
Il remporte ainsi l?Orange Bowl cadet, avant de devenir une terreur sur le circuit juniors, où il s?impose notamment à Roland-Garros. En 2001 il enlève son premier tournoi ATP, à Vina del Mar. Une trajectoire parfaite, lumineuse jusqu?au coup de tonnerre, au trou noir.
L?insouciance s?envole
Le 25 avril 2001, il est contrôlé positif à la nandrolone. Le coup est terrible, l?insouciance s?envole.
Coria clame son innocence mais est suspendu pour sept mois. Avant que l?ATP admette que les compléments alimentaires qu?il a consommés ont été contaminés pendant leur fabrication et que la substance interdite n?était pas indiquée sur l?étiquette.
Son honneur lavé, le jeune Argentin met néanmoins un an à s?en remettre. Ce n?est qu?en mai dernier qu?il retrouve définitivement la lumière en s?imposant à Hambourg, où il succède à... Guillermo Vilas, dernier Argentin à y avoir triomphé.
Cette victoire en fera un des grands favoris de Roland-Garros. A Paris, il bat même l?Américian Andre Agassi, son idole de toujours dont les posters ornent encore l?appartement de Buenos Aires qu?il habite avec sa grand-mère.
Mais au tour suivant, en demi-finales, il s?incline devant le Néerlandais Martin Verkerk sur une autre planète. Un demi-échec que depuis il essaie de digérer en se jetant comme un mort de faim sur tous les matches qui bougent.
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