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Controverse autour d?une «aide financière» aux collèges du BEC
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Controverse autour d?une «aide financière» aux collèges du BEC
En termes d?éducation, tout le monde doit être sur un pied d?égalité. C?est le non-respect de cette notion par les autorités que mettent en avant des managers de collèges privés.
«L?assistance financière» dont bénéficient les collèges catholiques ne fait pas que des heureux. La Banque de Développement devrait, au total, décaisser plus de Rs 160 millions que le gouvernement s?apprêterait à confier au Bureau de l?éducation catholique (BEC). Un protocole d?accord est en passe d?être signé entre ce dernier et le ministère de l?Education.
De quoi faire des jaloux. Les collèges privés veulent que les mêmes facilités leur soient conférées pour qu?ils puissent, eux aussi, améliorer les infrastructures de leurs collèges. Or, le gouvernement n?en a, du moins pour l?instant, pas l?intention.
«Nous apprécions que le gouvernement aide les collèges catholiques à améliorer leurs services, mais il n?est pas bon de limiter les facilités qu?à un groupe d?écoles», estime Rajen Chumroo, porte-parole de la Fédération des managers des collèges privés.
«Depuis des années nous demandons des facilités de financement à chaque rencontre avec les autorités pour pouvoir améliorer nos infrastructures, mais nous ne voyons toujours rien venir», ajoute celui-ci, en spécifiant que «si nous avions les mêmes facilités, le public verrait une nette amélioration des infrastructures dans nos écoles». Pour lui, limiter cette offre à quelques collèges seulement, relève de la «discrimination».
C?est le 17 octobre dernier que le conseil des ministres devait annoncer qu?en «ligne avec la politique du gouvernement d?intégration sociale et d?éradication de l?extrême pauvreté, le cabinet a pris note que l?assistance financière sera étendue au diocèse catholique pour la construction de quatre écoles confessionnelles dans des régions défavorisées».
En fait, le BEC reçoit Rs 40 millions pour chacun de ces nouveaux établissements. «Nous avons également des projets. Et nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. C?est très injuste», se plaint le manager d?une école privée huppée des Plaines-Wilhems.
«Garanti par les biens immobiliers de l?Eglise»
Au BEC, l?on tient à rectifier le tir. «Beaucoup de gens ont cru qu?il s?agissait de nouvelles écoles, mais en fait ces écoles ont déjà été construites et sont opérationnelles», affirme Gilberte Chung, sa directrice. Il s?agit en l?occurrence des collèges Lorette Bambous Virieux, St Mary?s West, BPS Fatima Goodlands et St-Esprit Rivière-Noire qui sont tous déjà en opération et ont même été inaugurés officiellement.
Quant à «l?assistance financière» dont parle le gouvernement, il s?agit en fait d?un prêt de la Banque de développement.
«Il s?agit d?un emprunt contracté par le diocèse de Port-Louis auprès de la Banque de développement. Cet emprunt a été avalisé par le gouvernement, au titre de la participation des collèges catholiques à l?éducation nationale», soutient Jean-Maurice Labour, vicaire-général du Diocèse de Port-Louis. Et il précise que «les conditions qui y sont rattachées sont les mêmes que celles accordées aux autres collèges confessionnels. Cet emprunt que nous contractons auprès de la Banque de Développement de Maurice est garanti par les biens immobiliers de l?Eglise, et sera remboursé sur vingt ans, au taux préférentiel accordé à tous les collèges confessionnels».
On rappelle, au BEC, que les facilités obtenues sont identiques à celles qu?ont eues les autres autorités éducatives confessionnelles, dont l?Arya Sabha, l?Islamic College et le collège Aleemiah.
En 2001, dans un protocole d?accord entre le ministère de l?Education et les autorités confessionnelles, dont le BEC, il était conclu que ces dernières bénéficieraient de prêts à taux préférentiels pour la construction de nouveaux établissements secondaires. Et jusqu?ici, le BEC n?avait pas profité de cet avantage, pour avoir rompu le protocole d?accord d?alors en 2003, après un jugement du Privy Council qui ne lui permettait plus d?enrôler des étudiants selon le critère religieux. Le BEC était néanmoins allé de l?avant avec la construction de quatre collèges, tous situés dans des régions défavorisées.
«Nous avons contracté un gros prêt pour pouvoir construire ces écoles. Nous ne pouvions plus tenir», dit Gilberte Chung. Depuis 2005, le BEC avait fait une demande de facilités financières, selon les mêmes termes que les autres collèges confessionnels.
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