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Contre-attaque face à un projet d?hôtel à la falaise d?Anna

25 novembre 2005, 20:00

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Le rapport Environmental Impact Assessment (EIA) est «incomplet et trompeur». Pour étayer ses dires, l?Association des riverains de la falaise Anna (ARFA) de concert avec les Forces vives de Flic-en-Flac, a fait appel à des experts en zoologie, écologie marine, et conservation. Le rapport soumis par Osprey Co. Ltd concerne un projet d?hôtel sur les Pas géométriques Anna.

A travers son contre-rapport, l?ARFA espère déjouer le projet d?Osprey qui aura, selon elle, un impact néfaste sur une zone écologiquement vulnérable. «Le rapport EIA ne mentionne pas la méthodologie utilisée. Il mentionne simplement que les autorités ont accordé leur non-objection au projet. En conséquence, le promoteur reste silencieux sur sa méthodologie. Ce qui est totalement inacceptable et, en l?absence de telles informations essentielles, le rapport n?est pas un EIA», attaque d?emblée le contre-rapport.

L?ARFA y décrie également un autre manquement : le rapport n?a pas «détaillé la flore et la faune existantes». «On veut arrêter ce projet. Géologiquement, l?endroit est très fragile et il contient également le seul espace vert de la région», lance le président de l?ARFA, Raj Prayag.

Le bail pour les Pas géométriques a été accordé à Osprey en novembre 2001. Le projet d?hôtel trois-étoiles de 40 chambres comprend sept blocs résidentiels de deux étages, un restaurant, un centre de loisirs et un complexe administratif comprenant une gym.

Osprey estime dans la conclusion de son rapport que ce projet «stimulera le développement du secteur touristique» et «servira à accroître le développement économique au niveau macro». L?entreprise considère également que le développement « évitera des zones environnementales sensibles».

« contradictions dans le rapport EIA»

Mais le rapport n?est signé d?aucune firme de consultants. Un hôtel trois-étoiles doit aussi offrir un accès à la mer ainsi que des activités nautiques. Or, à l?emplacement de l?hôtel, il n?y a ni plage, ni lagon.

Ofsprey concède que le site se trouve en dehors du réseau d?égout. «La seule alternative viable et pragmatique sera de prévoir le traitement et l?enlèvement d?eaux usées on-site». On ima-gine mal une fosse septique sur des falaises connues pour leur porosité.

De son côté, l?ARFA argue que «les plaines côtières de Flic-en-Flac font partie d?une zone sensible qui sera sévèrement affectée par la montée du niveau de la mer. Elle souffre déjà d?un stress sévère lié à la population existante et au manque de drains en y ajoutant les effluves des égouts et la pollution de l?air». Elle relève aussi des contradictions dans le rapport EIA : «L?article 1.4 stipule que le site n?est pas sensible alors que l?article 1.8 explique que l?hôtel se trouve sur une zone sensible où l?impact visuel, les troubles environnementaux et la pollution sont d?une importance suprême.»

L?ARFA rappelle, en outre, que les directives de l?Integrated Coastal Zone Management stipulent qu?une distance d?au moins 30 mètres doit séparer la construction de la «high water mark». Mais, dans le cas d?Ofsprey, cette directive n?est pas respectée. «Lors d?une tempête, cette année, le site a été submergé par des vagues. En temps cyclonique, que fera le gouvernement pour porter de l?aide aux touristes logés par Ofsprey ? » se demande l?association dans son contre-rapport.

Dangers écologiques, mise en danger de la vie des clients éventuels de l?hôtel? l?ARFA s?attend à une réaction. Elle a soumis son analyse au ministère de l?Environnement le 19 novembre. « On espère que le ministre de l?Environnement prendra en considération nos inquiétudes », explique Raj Prayag. Mais déjà, l?expérience incontestable des experts, tels Owen Griffiths, Vincent Florens et Claudia Baider devrait donner plus de poids à leur plaidoyer.

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