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consécration de la sincérité
«Aster mone retrouv mo boner, mone sirmonte mo laper, pou fer mo lavi meyer.» Paroles prémonitoires qui ont eu l?effet escompté sur le jury de Rêve de Star. Le refrain d?Aster, la chanson de Kama Moja a surclassé les neuf autres finalistes du concours organisé par IBL. Formation masculine composée de huit membres, elle a pour noyau Klarys Volcy à la guitare électrique et Norbert Jean-Pierre au chant. Articulé autour de l?esprit fédérateur du mot swahili signifiant «à l?unisson,» Kama Moja, brille par son refus de délimiter son style. «Nous voulons rester libres dans nos choix,» déclare Klarys Volcy. «L?important c?est de se sentir bien quand on fait de la musique.»
Sentiment décuplé, samedi dernier, à l?annonce des résultats, à l?issue du concert Rêve de Star au centre de conférence de Grand Baie. «L?intensité du moment est indescriptible. On a crié comme des fous. D?un seul coup, c?est trois ans de galère qui ont pris fin.»
Tout commence dans un quartier de Moka. Les frères Volcy : Klarys et Ariel, grattent de la guitare pour passer le temps. Au fil des mélodies, ils sont rejoints par les frères Jean-Pierre : Norbert au chant et Arnaud à la guitare acoustique. Puis par Jérôme Meurier aux percussions et au trombone, Taman Ramchurit le tablatiste, Teddy d?Eau à la maravanne et aux ch?urs. Une bande dont la moyenne d?âge est de 25 ans.
«On chante le quotidien.» Des expériences influencées par le rock, le jazz, le blues, les rythmes africains. Par l?admiration de certains pour le sens des percussions de Menwar et le seggae roots de Ras Ti Lang. Tempérées aussi par une fascination pour les tatouages polynésiens. Une passion inscrite en lignes abstraites sur les visages des membres du groupe lors de la finale. «Ce n?est ni de l?imitation, ni de l?excentricité. Les tatouages que nous portions au cours de la soirée symbolisaient l?individualité canalisée au sein du groupe. Par exemple, j?avais la moitié gauche d?un tatouage et mon frère portait l?autre moitié. Kama Moja est basé sur la libre circulation de l?énergie.»
<B>Musiciens en fusion</B>
Pour se faire la main, Kama Moja fait la tournée des fancy fairs et des cabarets. Avant de se retrouver parmi les sélectionnés de La Gamme d?Or pour la région Moka-Flacq, en juillet 2001. La même année, le groupe passe en première partie de Subhash Dhunoochchand & the Cosmic Sound, au Port-Louis Waterfront. «C?était super de côtoyer ces musiciens de fusion,» se souvient Klarys Volcy, quand il évoque le groupe dirigé par l?un des musiciens qui accompagne régulièrement Gilbert Pounia et Ziskakan.
Un an avant le concours de IBL, Klarys Volcy et ses amis démarchent les maisons de disques. Verdict sans appel : «Elles ont trouvé que notre musique n?était pas suffisamment commerciale.» Un avis démenti par Gérard Louis, Sandra Mayotte, Olivier Nina ? animateur sur Kool FM ? Surendra Brijmohun animateur sur Taal FM, membres du jury de Rêve de Star ; un panel présidé par Véronique Forget. «Nous avons déjà une dizaine de compositions qui attendent d?être gravées.» Elles profiteront du prix de Rs 50 000 et de la possibilité d?enregistrer un album, offerts par IBL. Plus que douze mois à patienter avant de savourer Sanz le monde, Manalela ? rêverie sur la vie après la mort ? et Enn signe, réminiscence des galères de l?avant-Aster.
A.G.
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