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Construire une maison coûte 20 % plus cher qu?en 2006
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Construire une maison coûte 20 % plus cher qu?en 2006
Ils sont quelque 1 500 à avoir construit ou effectué des agrandissements de leurs maisons en 2006. Mais cette année, nul doute que beaucoup y penseront à deux fois avant de se lancer. Car malgré le boom dans le secteur industriel, la construction des maisons individuelles s?avère difficile. Les matières premières telles que le ciment, le bois et les fers se font rares ou coûtent de plus en plus cher. Alors que la peinture pour bâtiment a également subi une hausse.
Les entrepreneurs et particuliers qui ont investi dans le secteur sont en mauvaise posture. Le prix du ciment, matière première de base pour la construction, continue à grimper sur le marché mondial.
Bushan Ramloll, spécialiste dans le secteur de la construction depuis des années, explique que ?construire une maison où un petit immeuble coûte aujourd?hui 20 % plus cher qu?à pareille époque en janvier 2006?. Il estime que ce sont surtout ceux au bas de l?échelle qui représentent 35 % du marché qui seront les plus affectés et ensuite la classe moyenne qui représente 45 % du marché de la construction. Ayant les moyens financiers, l?upper market, qui représente 30 % du marché, n?est pas grandement affecté par ces hausses de prix.
Quand le ciment est disponible, c?est le fer qui fait défaut, si ce n?est le bois qui coûte plus cher. Du coup, il faut modifier le plan de sa maison en fonction de la disponibilité des matériaux de construction.
Quant au ciment, une hausse probable des prix dans une fourchette de 12 % à 18 % est dans l?air. Une hausse qui devrait intervenir dès le 1er février, laisse-t-on croire des milieux proches de l?Hôtel du gouvernement. Holcim (Kolos) et Lafarge (Baobab) surveillent de près ce dossier. Ils attendent une décision du Conseil des ministres, qui se réunira probablement aujourd?hui, pour ratifier ces augmentations afin de placer leur commande de ciment pour 2007. Une décision devait être prise vendredi dernier mais il n?en est rien. Lors d?une réunion spéciale du cabinet, mardi, le dossier n?a pas été abordé, comme souhaité par les opérateurs dans le secteur.
?Ce sera inévitablement la pénurie?
Un opérateur du secteur laisse comprendre que si le gouvernement décide de reporter la hausse des prix du ciment, une situation chaotique se fera sentir. Non seulement pour les importateurs, mais aussi pour les chantiers de construction. ?Ce sera inévitablement la pénurie?, indique un haut responsable d?un opérateur du secteur. ?Ce ne sont pas seulement les chantiers de construction qui vont souffrir, mais nous aussi.?
Les commandes de ciment qui devaient être placées depuis vendredi dernier par les firmes Holcim et Lafarge pour 2007 ont dû être reportées. Les opérateurs attendent que les nouveaux prix du ciment soient fixés par le gouvernement pour placer leur commande. ?Nous sommes déjà en retard sur nos commandes. Il ne nous reste que quelques jours pour placer cette commande car il ne faut pas oublier qu?un bateau prend 20 jours pour livrer sa cargaison de ciment jusqu?à Port-Louis.? Le ciment provient essentiellement de la Malaisie, d?Indonésie et des Philippines.
Les prix du ciment ont connu une hausse d?au moins sept dollars américains par tonne depuis le deuxième semestre de 2006.
A 160 dollars la tonne, les prix sont passés à 167 dollars la tonne. Une hausse attribuée à la demande grandissante des pays émergents économiquement tels que la Chine et l?Inde, la dépréciation de la roupie face au dollar américain et à l?augmentation du fret maritime.
Avec une majoration des prix de l?ordre de 12 %, la pochette de ciment de 50 kg pourrait passer à Rs 167 contre Rs 152 actuellement. Elle passera à Rs 181 si la hausse des prix est de 18 %.
Les opérateurs avaient demandé une révision des prix de l?ordre de 20 %. Mais, déjà, en prévision d?une hausse, certaines quincailleries de l?île gardent leur stock de ciment et laissent croire à leur client que ?Lafarge ek Holcim pe livre lor kota?. Allégations qu?ont démenties hier après-midi les deux opérateurs.
Outre le ciment, les fers de construction donnent aussi du fil à retordre aux petits chantiers de construction. Le marché fait en ce moment face à une pénurie de fers de construction de différentes dimensions alors que les fers de construction de Lam Po Tang/Murray & Roberts ne sont plus disponibles dans les quincailleries.
Les opérateurs du secteur expliquent qu?ils n?en sont pas responsables car les fers qu?ils produisent sont écoulés sur le marché immédiatement. Les proches de Desbro International et de la Consolidated Steel ajoutent que cette situation est due au fait que le gouvernement, notamment le ministère du Commerce, a pris du temps avant de majorer les prix des fers de construction. Ainsi les commandes ont été placées avec du retard.
Desbro avait réclamé une hausse des prix de 37 %, Consolidated Steel 25 % et Lam Po Tang/Murray & Roberts, un peu moins de 20 %. Finalement, le gouvernement a accordé une hausse des prix de 17 %. Une hausse jugée très insuffisante par Desbro qui estime qu?elle continue à opérer à perte.
D?un autre côté, le bois importé coûte de plus en plus cher. Les prix ont grimpé d?au moins 50 % ces derniers cinq ans. Cindy Li Tung Sang, responsable commerciale de la quincaillerie Li Tung Sang à Port-Louis, explique que ?le bois est aujourd?hui un produit de luxe. Il n?est plus à la portée de tous les Mauriciens et il coûte de plus en plus cher?. Pourquoi ? Notamment à cause des incendies de forêts et d?une campagne internationale de reboisement en raison de l?effet de serre. Le fret maritime élevé n?y est pas étranger non plus.
Dur, dur de construire sa maison en 2007?
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