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Conflit tribal : les natifs lancent un dernier avertissement

28 décembre 2005, 20:00

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La question tribale pointe son nez. Le meeting avorté des 3FN sur la Place du 13 Mai du 17 décembre continue de faire des vagues. Une partie de l’opposition, qui se réclame être des natifs des régions du Sud et du Sud-est, lance à la fois un “appel et un avertissement”. Sous forme de tract, des parlementaires et des personnalités issus des régions du Sud et du Sud-est de l’île “lancent un appel à toute la population”.

Des élus comme Mektoub Omar El Camille, Razafimily Constance, Alphonse Randrianambinina, Rakotoarimavo Louis Joseph, Malazamanana Jean Noël ou encore Ranoelson Roche ou de simples citoyens comme Tabera Randriamanant-soa de-mandent une sorte de réparation pour “laver les affronts” nés des événements du 17 décembre.

L’appel en question a été signé par les intéressés au lendemain des événements sur la Place du 13 Mai. Les signataires dénoncent les brutalités dont certains d’entre eux ont été victimes lors de la non-manifestation de l’opposition. En même temps, ils pointent du doigt “l’esprit qui règne en Imerina et véhiculé par le régime”.

Les initiateurs du tract déplorent “le non-respect des valeurs nées des us et coutumes de leurs régions”. “Dans certaines régions de l’Île, il est interdit de toucher à une partie du corps des grandes personnes. Malheureusement, des parlementaires comme Fahara Ratsimbalson ont été agressés jusqu’à leur tête, chose inadmissible”, lance Ndremanjary Jean André.

<B>Boîte de Pandore</B>

Le tract en question définit “la voix unique pour préserver le fihavanana et le fiharaha-monina”. La lettre laisse aux notables locaux de “préciser les conditions” pour y arriver. En cas de refus, les parlementaires signataires “s’en remettent à chaque région pour réfléchir sur la voie à suivre afin de coordonner les efforts”.

Ce n’est pas la première fois qu’on entend des réactions fustigeant les brutalités du 17 décembre. Des appels au calme, des communiqués de condamnation ou de transmission de l’“incompréhension de la population des régions périphériques”, comme l’a annoncé le député Alphonse Randrianambinina se sont multipliés ces derniers temps.

Mais le tract du 18 décembre est beaucoup plus précis dans sa démarche. Outre l’“appel” à la conscientisation de la population, le texte lance également un “avertissement” contre le pouvoir en cas de refus de l’initiative. Seuls la façon dont les initiateurs comptent concrétiser la démarche et le calendrier pour sa réalisation ne sont pas communiqués.

L’esprit de la lettre, qui sonne comme un ultimatum, a même été précisé par Jean André Ndremanjary ; il s’agit de dégager la responsabilité des uns et des autres. “Le gouvernement a maintenant entre ses mains le choix : la tension ou le fihavanana”, souligne l’ancien ministre de la Population et des Sports.

La déclaration vaut ce qu’il vaut. L’appel en question est à mettre au crédit de ses seuls initiateurs dont la plupart sont issus du rang de l’opposition. Mais l’on remarque qu’avec les réactions contre la condamnation du député Voninahitsy Jean Eugène, les esprits s’échauffent un peu du côté de l’opposition. Et cela, au risque de reléguer au second plan les arguments transitoires véhiculés depuis le mois de juin.

Dans l’une de ses interventions, Manandafy Rakotonirina a annoncé que “toutes les conditions sont réunies pour provoquer une guerre civile” même s’il n’est pas convaincu de l’effectivité d’une telle hypothèse. Le MFM qu’il dirige a déjà tiré la sonnette d’alarme il y a plusieurs mois après la réunion du comité directeur du parti.

Mais à force de toucher la fibre tribale, certains membres de l’opposition, bon gré mal gré, risquent d’ouvrir la boîte de Pandore. “Il est plus facile de mettre le feu sur le tribalisme mais il est difficile de s’en sortir”, s’empressent de déclarer Jean Lahiniriko, président de l’Assemblée nationale, ainsi que les députés Marson Evariste et Alphonse Randrianambinina.

<B>Iloniaina A.

L’express de Madagascar</B>

Le tourisme avance malgré des difficultés</B>

À la croisée des chemins. Les chiffres actuels témoignent de l’importance des potentiels touristiques de la Grande île. Le nombre de visiteurs et le niveau des recettes de l’exercice 2005 viennent concrétiser les efforts fournis par les acteurs de la filière. Les avis sont convergents, le tourisme est en passe de devenir un vrai pilier de l’économie nationale.

Le ministère de tutelle a sorti, la semaine dernière, un bilan du secteur pour la période janvier-septembre. Les prévisions de l’année 2005 se confirment. Le département et les opérateurs ont misé sur une augmentation de 20 à 25 % du nombre de visiteurs. C’est ce qui est en train de se révéler pertinent, d’après les réalisations actuelles.

Le nombre de visiteurs, pour 2004, s’élevait à 230 000. Les prévisions tablaient alors sur un chiffre de 280 000. La performance est déjà pressentie à partir des statistiques du premier semestre. La hausse était alors de 22 %, soit près de 105 000 visiteurs. Au mois de septembre, la hausse était de 21 % avec des entrées évaluées à 202 000.

Toujours selon les chiffres des trois premiers trimestres, le tourisme a contribué à la réserve de devises à hauteur de 104 millions de Dts, soit pratiquement la même somme récoltée en une année pleine en 2004. Ce qui représente 303 milliards d’ariary.

<B>2 000 chambres par an</B>

Les chiffres avancés restent, pour le moment, des records jamais atteints dans le domaine. Ainsi, le tourisme est l’un des plus grands pourvoyeurs de devises de l’économie malgache, surtout dans un contexte où les exportations affichent des performances plutôt mitigées.

En parallèle, cette embellie du secteur provoque un regain de vitalité au niveau des investisseurs. Il y a eu création de 79 établissements hôteliers et 130 entreprises de voyage durant janvier-septembre.

Le parc d’accueil vient d’augmenter de 619 chambres, dont plus de 200 dans la ville d’Antsiranana.

Malgré cette bonne santé apparente, le tourisme reste encore exposé à des problèmes que les spécialistes du secteur considèrent comme latents.

La contruction d’infrastructures d’accueil est encore dérisoire, malgré l’engouement des opérateurs. “Pour faire face aux défis de 2007, à savoir recevoir 500 000 touristes, il faut mettre en place environ 2 000 chambres par an”, explique Henri Roger, président du Conseil d’administration de l’Office national du tourisme de Madagascar (Ontm).

Avec les réalisations actuelles, les meilleures jamais effectuées jusqu’ici, Madagascar ne peut pas assurer l’hébergement des 500 000 touristes prévus. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Des mesures de facilitation ont déjà été initiées, parmi lesquelles la création de réserves foncières touristiques.

Le but consiste à attirer le maximum d’investisseurs. Aujourd’hui, Madagascar dispose d’un parc hôtelier de 1 011 établissements et de quelque 10 850 chambres, dont la majeure partie se trouve autour de la capitale.

De grosses pointures ont déjà annoncé leur volonté de s’implanter dans le pays. La plus médiatisée est le géant français Accor, prévoyant d’investir environ 25 millions de dollars américains. Pour Madagascar, l’existence de groupe hôtelier de cette envergure ne peut être que bénéfique. Le Club med et Legacy figurent également dans la liste des intéressés.

La présence de spécialistes de réputation internationale constitue, en plus, un facteur d’attraction des touristes et des investisseurs. L’hôtel Accor pourrait créer 180 chambres de normes internationales rien que dans la capitale.

<B>Code des investissements</B>

Les négociations entre les investisseurs et les responsables étatiques sont encore en cours. La pomme de discorde s’avère être l’exonération fiscale, sollicitée par les hôteliers, sur les matériaux de construction. Une faveur que le pouvoir actuel n’est pas en mesure d’accepter.

La publication d’un code des investissements, l’amélioration du régime fiscal, la résolution des problèmes fonciers et l’assurance d’une stabilité politique demeurent autant de mesures incitatives que les opérateurs économiques attendent de la partie malgache. “Les challenges sont encore à relever pour Madagascar”, mentionne Sonya Ranarivelo, président du Groupement des opérateurs touristiques de Madagascar.

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