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Condition sine qua non

30 avril 2008, 00:00

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<B>Par Nico PANOU</B>

L?intégration régionale ne peut se faire sans le démantèlement des barrières douanières. C?est d?ailleurs l?une des principales recommandations sur laquelle la Conférence internationale de la Southern African Development Community (SADC) sur la pauvreté et le développement a insisté.

En effet dans le communiqué final, l?on peut lire qu?il est indispensable «d?accélérer l?intégration régionale, y compris la libéralisation du commerce intra régional, les investissements transfrontaliers et l?ajout de la valeur, et ce, en améliorant le climat des affaires et de l?investissement».

En formulant une telle recommandation, les participants à cette conférence étaient conscients des difficultés qui pourraient certainement émailler sa mise en application. Les frontières héritées de la colonisation sont pour la plupart de ces pays, un fonds de commerce incessible. Le démantèlement des barrières tarifaires et non tarifaires signifie pour la majorité des États concernés et pour les pays africains en général, un manque à gagner fort redouté.

Alors que ces mêmes États africains négocient des facilités dans le cadre de l?«African Growth and Opportunity Act» ou des Accords de partenariat économique, pour avoir l?accès libre et sans quota, aux marchés américain et européen, ils ne sont nullement préparés à s?accorder réciproquement, entre pays africains, les mêmes prérogatives.

Pourtant, les études jusque-là, ont démontré qu?en érigeant de tels obstacles, ces pays limitent le volume des transactions inter états, contribuant à l?aggravation de la grande pauvreté (caractérisée par un revenu par tête d?habitant inférieur à un dollar par jour) qui frappe environ 45 % de la population de leurs pays.

Afin d?éviter que ces braves représentants africains ne campent sur leurs positions, bloquant toutes possibilités d?avancement des travaux, il a fallu l?heureuse et salutaire intervention des bailleurs de fonds. La communauté internationale, qui veillait au grain, a été obligée de mettre la main à la poche. Elle a dû promettre de compenser les déficits budgétaires qu?une telle décision pourrait entraîner.

Face à de telles attitudes, l?on ne peut s?empêcher de ressentir de la gêne. Un jeune Sud-Africain, qui a récemment participé à cette conférence sur la pauvreté et qui a bien voulu livrer ses impressions, n?y est pas allé par quatre chemins. «Je me sens profondément gêné d?être à cette conférence de la SADC», a-t-il dit avant d?expliquer les raisons de son malaise. «Pour nos frères africains, tous les prétextes sont bons pour quémander de l?argent.»

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