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Concessions

27 avril 2004, 20:00

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L?alliance au pouvoir peut considérer qu?elle a franchi un cap dangereux. En obtenant le consensus sur la représentation proportionnelle (RP), elle a évité une implosion. Mais, pour les Mauriciens qui souhaitaient en finir avec un système électoral inique, vieux de 50 ans, le virage négocié par les dirigeants est raté. La réformette qu?ils proposent ne corrige pas les défauts intrinsèques du système actuel.

Le ?first past the post? (FPTP) a produit l?aberration des 60-0. Il a exclu du Parlement, tour à tour, Seewoosagur Ramgoolam, Gaëtan Duval, Abdool Razack Mohamed, Sookdeo Bissoondoyal, Anerood Jugnauth et Paul Bérenger alors que leurs partis recueillaient, au niveau national, un soutien significatif. En revanche, il a permis à un député du Hizbullah d?obtenir un siège au Parlement alors que ce parti avait obtenu à peine plus de 1 % de voix. En 1983, Swalay Kasenally obtient 47 % des suffrages et ne rentre pas au Parlement alors que Kamil Ramoly y entre avec 16 % des votes.

Il fallait trouver une formule plus équitable, plus fidèle au choix des électeurs mais capable aussi de produire des gouvernements relativement forts et stables. La commission Sachs a déblayé le terrain. Elle a analysé les options qui s?offrent au pays et indiqué clairement le modèle électoral qu?elle estime le plus approprié. S?appuyant sur les principes énoncés par Sachs, un comité d?élite parlementaire a ensuite fait des recommandations sur les modalités pratiques de la réforme. Il a préconisé la désignation de 30 députés selon un système de RP. Ceux-ci devaient figurer sur une liste élaborée d?avance par leur parti. Le MSM a torpillé le projet. Il croyait ses intérêts électoralistes menacés.

Certes, en proposant que le nombre de députés élus à la proportionnelle varie entre dix et douze, le critère de la stabilité politique est respecté. Mais, l?injustice du système n?est pas corrigée avec une dose si faible. La nouvelle formule n?élimine pas les distorsions causées par le FPTP même si elle préserve les droits de la majorité à constituer le gouvernement.

Dans ses recommandations Sachs était très clair sur le quantum : ?There shall be a further 30 members chosen on the basis of lists provided by parties receiving more than 10 % of the national vote?. De plus, le travailliste Rama Sithanen, qui a examiné la question en profondeur a amplement démontré qu?à moins de 30 députés, la correction était ineffective.

Les recommandations du comité Collendavelloo deviennent caduques avec la décision politicienne d?entériner la formule du MSM. Pourtant la Party List avait bien des avantages. La Commission Sachs le reconnaît: ?The list system could ensure a balanced ticket guaranteeing seats for the top party leaders, contributing towards gender representivity and enabling persons with skills and experience to enter Parliament without going through bruising fights at the hustings.?

Le seul changement positif qui a lieu dans le sillage de la nouvelle formule concerne la représentation féminine. L?idée d?octroyer 50 % des sièges de député correctif aux femmes va certainement inciter nos partis politiques à se féminiser.

Le nouveau mode de scrutin n?est pas à la hauteur des attentes même s?il a le mérite d?inscrire le principe de la RP dans notre Constitution.

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