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Comme des petits pains

13 avril 2006, 00:00

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?La drogue fait des ravages ici. C?est devenue une banalité et elle se vend comme des petits pains sans que cela ne gêne personne. Nepli pas capave sorti asoir comme lizour?, déplore Marie-Noëlle Aristide, engagée dans le travail social à Cité-La Chaux. Elle avait à ses côtés Agniès Radegonde, la trésorière du Senior Citizen Club, Jacques Laval Murday, président de la Confiance Forces vives Cité-La Chaux et Roland Aristide, membre fondateur.

Inquiets pour l?avenir de ces jeunes qui traînent dans les rues du quartier, ces mères et pères de famille demandent au gouvernement de redémarrer les travaux qui ont été interrompus au centre communautaire, au terrain de foot et au jardin d?enfants. ?Nous ne comprenons toujours pas pour qu?elle raison les travaux ont été interrompus malgré l?argent qui a été voté pour ce projet. Notre village ressemble à un cimetière abandonné depuis. Faute d?un espace pour se divertir, nos enfants traînent les rues?, observe Jacques Laval Murday. Ces travaux, commencés quelques semaines avant les élections générales, avaient été confiés à la Development Works Corporation (DWC).

Il n?y a pas que les enfants qui font les frais de cette interruption des travaux. Les jeunes et les personnes du troisième âge aussi. Ces deux catégories de personnes pour la même raison : ?Nou bisin al enbas la boutik ou al cot dimoun pou organiz réunion. Vu notre âge, on n?aurait jamais dû nous infliger cette humiliation en nous traitant ainsi?, regrette Agniès Radegonde.

Ces hommes et ces femmes engagés dans le social sont exaspérés par l?attitude des autorités et de leurs députés. Ils ont le sentiment qu?au lieu d?organiser leur vie, ils deviennent complices de leur calvaire quotidien. ?Ils se battent entre eux. En attendant, c?est nous qui payons les pots cassés?, intervient un autre habitant.

Démolition

Ce n?est pas première fois que Roland Aristide attire l?attention sur l?interruption des travaux. Il a fait état du même problème en octobre de l?année dernière dans ces mêmes colonnes . ? Ils se fichent carrément de ce qui nous arrive ici, même si les trafiquants de drogue opèrent 24 heures sur 24 pour empoisonner l?existence de nos jeunes?, ajoute Marie- Noelle Aristide.

Jean Laval Murday aurait compris, dit-il, si les autorités mettaient les bouchées doubles pour accélérer les travaux pour la rénovation du terrain de football de la localité en attendant que les procédures soient complétées pour la rénovation du jardin d?enfants et du centre communautaire. «Au lieu de sa, zot bloque tout ban infrastructures zot faire craze, zot met en tas zot allé?.

Les membres des Forces vives ont le sentiment que les autorités nagent en pleine contradiction. ? Là où il y a des infrastructures sportives, elles n?hésitent pas à les démolir et prennent du temps pour reconstruire et elles ne font que de belles promesses?. Les habitants lancent un appel aux députés pour qu?ils viennent sur place pour un constat. ?Nous ne leur demandons ni le ciel ni le paradis. Mais de nous aider en nous donnant les moyens nécessaires pour améliorer nos conditions de vie pour que nos jeunes ne sombrent pas dans l?alcool ou dans la drogue et pour que le sort de ces jeunes victimes ne reste pas sur leur conscience?.

Les habitants disent avoir repoussé, en maintes occasions, l?initiative prise par certains d?organiser une grande manifestation à Cité-La Chaux, là où les travaux ont été interrompus ?Nou kroir safoila tou dimoun pou bizin al dan mem direksion?, avertit Roland Aristide.

Interrogé, Yatin Varma, député de la circonscription, dit être au courant qu?il existe un réseau de trafiquants de drogue dans cette région et qu?il faut faire un gros travail pour combattre ce fléau. ?J?ai déjà soulevé cette question au parlement et j?ai aussi attiré l?attention sur les travaux en cours pour la reconstruction du centre communautaire, la rénovation du jardin d?enfants et le terrain de foot. Le ministre Anil Baichoo m?a laissé entendre qu?il prend à c?ur ces projets et que les travaux reprendraient. Je comprends l?impatience grandissante de ces habitants. Je vais attendre quelques jours pour voir l?évolution de la situation avant d?intervenir une nouvelle fois au Parlement?, répond-t-il.

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