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Combat pour la vie

31 août 2008, 00:00

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Le parcours de nombre de pratiquants d?un sport de combat est similaire. Le sport est pour eux un tremplin vers des horizons meilleurs, une fenêtre ouverte sur un rôle supérieur dans le théâtre de la vie.

Souvent issus de milieux modestes, ils ont eu pour uniques compagnons la pauvreté, le rejet, la solitude de la marginalité, coupables d?être en vie au mauvais endroit; coupables et jugés au tribunal des mornes quotidiens.

Dans ce processus de transformation des mains ou des jambes en armes, l?apprenti-combatant répète jusqu?à épuisement attaques et parades à tel point que ces gestes s?impriment dans son être physique jusqu?à se refléter parfois dans sa démarche ou rester gravés sur sa peau sous forme de callosités.

L?apprivoisement de la technique est bien évidemment un apprivoisement de la douleur dans un effort incessant visant à reculer ses limites un peu plus à chaque fois. Il n?y a pas de progrès possible tant que la paresse naturelle du corps n?a pas été vaincue et tant que l?effort multiplé à coups de séries endiablées n?a pas été domestiqué.

L?entraîneur, considéré tantôt comme un père tantôt comme un grand frère, remodèle le moi, détruit l?ego pour mieux le reconstruire. Il est le point d?appui d?une énergie qui cherche à se réincarner.

La violence des sports que pratiquent ces guerriers symbolise la violence de leur propre existence, la violence du combat qu?ils livrent pour la vie, une violence qu?ils essaient de sublimer en adoptant pour la première fois des règles communes à tous; une violence qu?ils subliment vraiment le jour où, « vilains petits canards », ils remportent une première victoire qui leur tend le miroir dans lequel ils vont se voir pour la première en « cygnes magnifiques ».

La reconnaissance seule, la reconnaissance enfin leur offre un jour la rédemption sous forme de promotion sociale, réconciliant sombre passé et accalmie d?un présent où brille enfin un arc-en-ciel. Et de victoire en victoire, les plus doués se forgent une nouvelle identité, portés sur les fonts baptismaux d?une nouvelle naissance.

Il y a ceux qui sombrent à nouveau dans les gouffres de leur passé, une fois la gloire estompée. Il y a ceux qui parviennent à prendre un nouveau départ. Mais quelle que soit la finalité de ces parcours, une constante demeure: une souffrance qu?on n?oublie pas. Une souffrance inoubliable même si les temps ayant changé ils sont en mesure de penser à autre chose.

Il faut espérer que ceux qui aujourd?hui tentent de s?approprier la victoire d?un sportif pratiquant un sport de combat aient des miroirs qui ne réfléchissent pas leur image de bons vivants, souvent machiavéliques. Et que leur conscience ne leur demande pas au nom de quoi ils s?approprient une victoire et une souffrance qui ne sont pas les leurs.

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