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Combat olympique pour l?audimat

12 août 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les Mauriciens attendent avec impatience ce jour. Si Stéphane Buckland arrive à s?aligner sur la grille de départ de la finale du 200 mètres le jeudi 26 août, tous les yeux seront braqués sur Athènes. Il est le plus grand espoir de Maurice dans sa quête d?une première médaille olympique.

Autre première : les Mauriciens auront l?embarras du choix pour suivre les Jeux (J.O.). La Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) ne sera pas la seule à couvrir Athènes 2004. Le nouveau paysage audiovisuel offre des alternatives. Les trois radios privées seront également de la partie, en plus des bouquets satellitaires.

Au niveau des chaînes locales, la MBC gardera toutefois la mainmise sur la couverture des jeux olympiques. La chaîne MBC3 sera entièrement dévouée à Athènes 2004. Elle proposera des directs entre midi et une heure du matin en jours de semaine et entre 9 h 30 et une heure et demie du matin pendant le week-end.

?Nous essaierons de couvrir tous les sites mais le suivi des neuf athlètes mauriciens sera une priorité?, souligne Palmesh Cuttaree, directeur de la Communication de la radio-télévision publique.

Les chaînes radio de la MBC seront aussi mises à contribution mais elles auront du pain sur la planche. La concurrence des trois radios privées sera féroce, chacune voulant attirer le plus grand nombre d?auditeurs.

?Les gens verront les jeux olympiques à la télévision mais il faut que la radio prenne le relais quand ils ne seront pas devant le poste?, confie Bruno Laurant de Radio One.

Cette chaîne proposera des directs mais aussi des rubriques liées aux Jeux. L?objectif est de faire vivre Athènes 2004 ?à la sauce Radio One en mettant l?accent sur les résultats et la passion du sport?, précise notre interlocuteur.

Radio Plus allongera les bulletins sportifs faisant suite aux informations et offrira autant que possible des directs. L?objectif est de permettre aux auditeurs de rester collés à l?actualité des Jeux olympiques .?Nous ferons de notre mieux pour offrir le maximum aux auditeurs? explique-t-on.

Aucun média mauricien n?aura de représentant à Athènes. Les radios et la télévision dépendront donc des sources satellitaires et de l?internet pour informer l?audimat. Certaines radios espèrent interviewer par téléphone athlètes et entraîneurs mauriciens.?Nous suivrons tous les athlètes mauriciens à travers des instantanés des jeux à toute heure?, souligne Balkrishna Caunhye, directeur de Top FM.

L?engouement des radios pour Athènes 2004 est justifié par la passion des Mauriciens pour le sport. Les publicitaires suivent car ils sont heureux de faire passer leurs messages au plus haut de l?audimat. ?Nos rubriques sont sponsorisées. Les annonceurs veulent s?associer avec un événement ayant une connotation romantique?, assure Bruno Laurant.

Ce ton positif n?est pas partagé par tous les médias. La MBC note que les annonceurs n?ont pas augmenté leurs dépenses mais tout simplement bougé leurs pubs vers MBC3. Ailleurs, on s?accorde à dire que les J.O. sont moins intéressants que la Coupe du monde ou que l?Euro .? La pub n?a pas vraiment suivi. Il n?y a pas eu beaucoup d?intérêt par rapport aux Jeux olympiques?, dit Balkrishna Caunhye.

Les agences de publicité ne sont pas au septième ciel. La situation économique morose a obligé des sociétés à charcuter leurs budgets publicitaires. D?autres ont déjà investi gros dans des campagnes cadrant avec l?Euro 2004. Les annonceurs recherchent ainsi les meilleures offres dans les médias car il ne leur reste plus beaucoup de ressources financières.

?Nous avons opté plus pour la presse écrite et la radio car elles offrent des packages intéressants? dit Géraldine Neubert. Et pour cause, la production d?un spot télé et son passage à l?écran engloutirait tout le budget publicitaire qu?une firme aurait prévu pour les J.O.

Sport et spots

Malgré la situation économique, certaines sociétés continuent à investir dans la publicité. La logique veut que le public achète tant qu?il y aura des commerces, et qu?il est essentiel de faire de la publicité pour stimuler les ventes.

Contrairement à la Coupe du monde de football, les Jeux olympiques n?offrent pas d?attrait particulier à la majorité des annonceurs. Les produits associés aux jeux, comme les équipements sportifs par exemple, sont souvent trop chers pour le grand public.

?Ceux qui misent sur les Jeux olympiques ont généralement une marque forte et sont prêts à utiliser tous les moyens ou occasions pour vendre leurs produits?, soutient Cyril Palan de l?agence de pub Logos. Certaines entreprises seront obligées de faire de la pub car la marque qu?elles représentent figure parmi les sponsors officiels d?Athènes 2004.

La course à l?audimat ne se fait pas qu?ici. La retransmission télévisée mondiale d?Athènes 2004 devrait battre les records: plus de 300 chaînes et 35 000 heures (2 000 heures par jour) de programmes. Plus de 3,9 milliards de personnes pourraient voir les jeux.

Alors qu?annonceurs et médias se battent pour séduire, le vrai gagnant est le Comité international olympique (CIO). Il encaissera Rs 45 md en droits de retransmission. Presque la moitié en est fournie par la National Broadcasting Corporation (NBC) pour obtenir l?exclusivité sur les Etats-Unis.

La télévision est le moteur de croissance du mouvement olympique. Les revenus des droits de retransmission ne cessent de prendre l?ascenseur. Ils ont plus que doublé depuis Barcelone 1992. Ils représentent aujourd?hui la moitié des revenus du mouvement olympique. Ce pactole est majoritairement réinvesti pour le développement du sport dans le monde.

Si Stéphane Buckland parvient à décrocher une médaille le 26 août, il fera très certainement un tour d?honneur avec le quadricolore. Les larmes de joie fuseront dans les maisons mauriciennes. Les publicitaires ayant misé sur cet instant seront émus. Mais la victoire sera au groupe Mon Loisir, sponsor officiel. Jamais un demi-tour de piste n?aura autant compté pour le sport mauricien et le marketing.

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