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Collégiennes le jour, prostituées la nuit
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Collégiennes le jour, prostituées la nuit
La prostitution, on le sait, touche aussi les mineurs. Mais contrairement à ce que l?on pourrait croire, ce phénomène concerne de plus en plus de collégiennes pour la plupart âgées entre 16 et 18 ans. Ces dernières se prostitueraient à l?occasion.
Alors que leurs copines de classe se rendent sagement à leurs leçons particulières, ces adolescentes troquent leurs uniformes pour des tenues affriolantes. Il ne s?agit pas seulement d?attirer l?attention des hommes, mais bel et bien de donner un avant-goût de ce qu?elles sont prêtes à offrir. Contre espèces sonnantes et trébuchantes, bien entendu. Nous avons voulu en savoir plus sur cette pratique qui fait toujours plus d?adeptes?
Nous choisissons comme point de départ une pension de famille de Curepipe réputée pour accueillir, après les heures de classes, des étudiantes. Au premier coup d??il, tout semble pourtant en règle. Comme l?indique l?inscription au feutre au-dessus du comptoir : « Carte d?identité obligatoire. » Le gérant de l?établissement, avenant, nous propose de visiter l?une des chambres. Nous acceptons.
« Bokou peres de fami vinn pass letan ek zot ti maitress »</B>
Au cours de la visite, nous abordons discrètement l?une des femmes de chambres qui y travaille pour lui poser quelques questions sur les clients qui fréquentent la pension de famille. « Pensionnat la plein tous les zours. Ena bokou ban peres de fami ki vinn pass enn letan ek zot ban ti maitress », nous confie-t-elle d?une voix à peine audible, craignant que quelqu?un surprenne la conversation. Les « ti maitress », nous fait-elle comprendre après quelques hésitations, sont en fait des étudiantes des collèges environnants.
De retour à la réception, nous faisons comprendre au gérant que notre ami, venu passer ses vacances à Maurice, est à la recherche de jeunes étudiantes, âgées entre 16 et 18 ans. Faisant d?abord mine d?être surpris par une telle demande, il acceptera finalement de nous aiguiller vers un autre contact, un certain Rajen, après s?être assuré de notre « bonne foi ». Il nous tend discrètement un numéro de téléphone. « Nimero sa dimoun la, li kapav fer ou gaign ban contak la. Kapav gaign ce ki ou pe roder la », dit-il, nous enjoignant de lui téléphoner de sa part.
Après avoir pris congé de lui, nous appelons le dénommé Rajen. Il nous faudra une bonne dizaine de minutes pour le mettre en confiance. Les questions fusent. Nous tentons tant bien que mal d?y répondre sans nous faire prendre. Il refuse de nous rencontrer, mais il consent tout de même à nous donner les numéros de téléphone de cinq jeunes filles qui explique-t-il, « rod la vie parti Curepipe ». Nous décidons de prendre contact sans perdre de temps.
Nouvelle rafale de coups de fils. Les questions pleuvent. Les explications également. Notre première interlocutrice, qui se fait appeler Reena, se montre quelque peu réticente face à nos exigences. Tout en affirmant qu?il n?est pas impossible, mais difficile de « trace enn tifi lekol ». Devant notre perte d?intérêt, elle se propose de porter elle-même un uniforme de notre choix. « Mo habitue fer sa parski ena bokou zomm ki diman mwa sa », lâche-t-elle, à notre grand étonnement. Nous choisissons néanmoins de suivre une autre piste.
Notre troisième tentative sera la bonne. Nous fixons des rendez-vous dans l?après-midi. Dans ce milieu, tout se monnaie. L?une des jeunes filles, Nausheen, nous réclame la somme de Rs 500 pour « deranzman ». Nous refusons et nous nous engageons dans une négociation ardue pour pouvoir la rencontrer. Connue dans le milieu, elle travaillerait avec des étudiantes de la région. Ces dernières, scolarisées, se prostitueraient à l?occasion. Elle accepte de s?entretenir avec nous.
Rendez-vous est finalement pris en face de la succursale de Mauritius Telecom de Curepipe. Moins d?une heure plus tard, une jeune femme, vêtue entièrement de noir, se présente à l?endroit convenu. Méfiante, elle nous demande aussitôt de nous éloigner de la route principale et elle nous entraîne vers une ruelle isolée.
D?entrée de jeu, Nausheen nous explique qu?elle travaille comme strip-teaseuse dans une boîte très connue à Grand-Baie et qu?elle peut nous « fournir » d?autres filles si nous le souhaitons. Prétextant l?organisation d?une soirée en l?honneur de notre collègue, nous lui assurons que nous retiendrons les services de deux « danseuses ». « Si zot le, mo kapav fair zot gagn de tifi 16 ou 17 ans. Zot enkor lekol, zot pu kapav vinn zoin zot dan week-end », nous explique Nausheen. Et de préciser les tarifs : Rs 600 par fille pour une danse d?une demi-heure. Et pour ce qui est des relations sexuelles : « Zot ava négocier ar tifi la mem. Zot mem ki fixer zot prix. » Après lui avoir communiqué la date de la tenue de la soirée fictive, Mehzabeen, tient à nous présenter une étudiante âgée de 17 ans, qui, affirme-t-elle, réside non loin de là. Elle fréquenterait un collège de filles de Curepipe. Nous la suivons donc sur une centaine de mètres, jusqu?à une croisée où elle nous demande de l?attendre pendant qu?elle appelle l?autre jeune fille. « Atan enn ti moman, li fek sort lekol la, li pe vini », nous lance Mehzabeen.
Entre-temps, un homme, qui s?avérera être son proxénète, s?approche et se tient debout à une dizaine de mètres de là. Il nous observe du coin de l??il. Nous restons sur nos gardes. Les minutes passent. Une étudiante, vêtue d?un chemisier et d?une mini-jupe, apparaît au bout de la ruelle. Elle fait un signe de la main à Mehzabeen en récupérant son portable dans un sac qu?elle porte en bandoulière. Se retournant vers nous, Mehzabeen nous réclame à nouveau de l?argent pour le « deranzman ».
« Pour attirer leur attention, il faut avoir des moyens »</B>
Nous refusons catégoriquement. Elle insiste. Nous mettons fin à la conversation et nous nous éloignons. L?homme, qui était jusqu?à présent resté silencieux s?interpose alors et nous demande d?attendre un instant qu?un arrangement soit mis sur pied.
Nous restons sur notre position et refusons de payer. Le ton monte. Le proxénète se fait menaçant. Nous lui faisons comprendre que nous ne débourserons pas d?argent aujourd?hui, mais que nous prendrons contact avec lui dans quelques jours pour lui communiquer le lieu de la soirée. Il semble alors reprendre son calme et s?éloigne, suivi des deux jeunes filles.
Ayant eu confirmation de la participation de collégiennes dans ce réseau, nous choisissons d?explorer une autre piste. Direction Rose-Hill où l?on nous apprendra, après maintes prises de contact, que des filles fréquentant des établissements secondaires des Plaines-Wilhems, travailleraient quelquefois comme escort-girls.
Cette fois, pas de numéro de téléphone. Le contact se fait de bouche à oreille.
« L?unique moyen de les aborder est de faire partie d?un cercle restreint à qui elles ont appris à faire confiance », nous confie un cadre d?une compagnie privée. Devant notre insistance, il accepte de dévoiler les rouages de ce milieu. « Pour attirer leur attention, il faut avoir des moyens », prévient cette même source. Et pour cause, le prix des prestations peut atteindre des sommets.
« Elles testent votre capacité à payer »</B>
Ce groupe, composé de cinq amies, se serait fait connaître après qu?une étudiante, proche de ses membres, a défrayé la chronique il n?y a pas longtemps pour être apparue sur des clips pornographiques. Même si dans leur attitude au quotidien, rien ne laisse transpirer de leurs agissements en dehors des heures de classe.
Les choses se compliquent lorsque nous essayons de savoir comment les rencontrer. La réponse est cinglante : « Vous n?allez pas vers elles. C?est elles qui viennent vers vous. »
C?est ainsi que nous apprenons que ce groupe de filles est à la disponibilité d?adultes qui travaillent. Ici, il ne s?agit pas d?une nuit ou deux, mais on compte en termes de semaines. « Les filles vous testent d?abord. Il faut les faire sortir, les emmener faire du shopping ou aller en boîte. Elles testent votre capacité à payer », nous explique ce cadre dont des amis auraient déjà eu recours à leurs services. « Elles se font désirer tout en se faisant plaisir. Ce n?est qu?après ce test que la fille décidera si elle acceptera de coucher avec son compagnon du moment ou pas. Et ceci, contre paiement bien sûr. »
Si leur faire la cour peut facilement coûter cher au client ? vêtements de marque, bijoux, sorties en boîte, dîners dans des restaurants huppés ? nous n?obtenons aucun chiffre sur ce que peuvent demander les filles en échange de leurs « prestations ». Car, nous explique-t-on, ce sont elles qui définissent les sommes, dépendant de la personne. Cet accord tacite peut durer des semaines, jusqu?à ce que l?une des filles commence à se lasser de la compagnie de son « client ». Et le « jeu » recommence.
Malgré le scepticisme affiché par nos premiers interlocuteurs quant à l?existence d?un tel phénomène, force est de constater que la prostitution touche de plus en plus d?étudiantes. Ce serait un moyen pour certaines d?entre elles d?obtenir un confort matériel (voir hors-texte) que leur argent de poche ne leur permet pas.
Un phénomène répertorié
La prostitution estudiantine ne date pas d?hier. Les ONG et autres travailleurs sociaux sur le terrain en connaissent la réalité. Le Département d?État des États-Unis s?est même penché sur la question pour le dossier de Maurice. Après avoir consulté et recueilli les informations des gens qui opèrent sur le terrain, le Département d?État des États-Unis a publié un rapport, en 2006, qui fait état de ceci : « Maurice est une destination pour le trafic d?enfants à des fins d?exploitation sexuelle. L?étendue de ce business est limitée à des enfants engagés dans la prostitution infantile, bien que leur nombre soit estimé à des centaines. L?augmentation de la prostitution peut être le résultat de collégiennes qui s?engagent dans ce trafic, possiblement avec l?encouragement de leurs pairs. Certains enfants peuvent être entraînés dans la prostitution par des femmes plus âgées qui font partie de la famille (?)
Peuvent-elles s?en sortir ?
Le terme « prostitution juvénile » peut laisser certains indifférents. Ceci s?explique de par les préjugés sur les pratiques dans certaines zones défavorisées du pays. Mais ce phénomène existe dans toutes les sphères de notre société et les causes sont plus diverses et variées que ce qu?avancent les manuels sociologiques.
Toutefois, le résultat est plus que dramatique, à l?image de la situation dans les centres de réhabilitation du Centre d?éducation et de développement pour les enfants mauriciens (CEDEM). Cette ONG s?occupe de plusieurs aspects du développement de l?enfant, mais se penche aussi sur la réhabilitation des enfants victimes de la prostitution dans des centres spécialisés.
« La population mauricienne n?est pas au courant de la réalité », déclare Rita Venkatasamy, fondatrice et directrice du CEDEM. « Il faut que la population connaisse les séquelles que traînent les enfants abusés à travers la prostitution », insiste cette travailleuse sociale qui compte 20 ans sur le terrain et qui est aussi formatrice auprès du ministère de la Femme et de la Protection des enfants.
« L?érosion des valeurs et des repères »
Toutefois, que les enfants soient entrés dans ce cercle volontairement ou pas, ce n?est pas facile de les en sortir. Car, raconte-t-elle, il y a aujourd?hui des filles au centre du CEDEM dont le corps réclame ces activités auxquelles elles ont été exposées. Et devant le comportement de ces enfants, les formatrices et psychologues du centre sont, parfois, impuissants. Et cela ne concerne pas que les filles, mais des jeunes garçons aussi.
« Il faut constamment occuper l?esprit de l?enfant, notamment à travers des activités artistiques ou autres. Mais quelquefois, nous ne savons pas quoi faire.
Car malgré les thérapies, ces enfants ont adopté une attitude sexualisée. Tout ce qu?ils font est axé sur le sexe et parfois, ils ne peuvent pas se contrôler. Et c?est là que nous constatons notre impuissance », confie-t-elle.
« Les jeunes vivent mal leur sexualité à Maurice et ils sont surtout mal encadrés. Il y a ces enfants qui sont forcés et abusés à travers la prostitution. Mais il y a aussi l?érosion des valeurs et des repères. L?appel d?une vie matérielle et confortable pousse souvent des enfants à la prostitution », explique Rita Venkatasamy. « Car la prostitution ne se limite pas à des relations sexuelles en échange d?argent, mais aussi à des cadeaux ou tout autre forme de services. »
« C?est très difficile de les sortir de là. Et il faut que les Mauriciens en prennent conscience et développent une forme de responsabilité collective afin de prévenir ce phénomène », poursuit-elle.
Mais avoir recours à une thérapie n?est pas une simple affaire à en croire Rita Venkatasamy. Car parfois, il faut un travail impliquant quatre à cinq personnes pour suivre un enfant.
TÉMOIGNAGE
« Je l?ai fait pour me sentir au-dessus des autres »
Du haut de ses 19 ans, Cynthia (prénom fictif), donne l?image d?une jeune femme bien sous tout rapport. Seul son regard, vitreux, contraste avec sa décontraction apparente. Cette jeune fille, à peine sortie de l?adolescence, s?est longtemps prostituée, presque que sans même s?en rendre compte, alors qu?elle était encore étudiante. Comme elle le dit elle-même, tout a débuté comme un « jeu », avant qu?elle y « prenne goût ». Et à force de jouer avec le feu, elle a fini par se brûler. Aujourd?hui, même si Cynthia affirme ne rien regretter, on sent chez elle une blessure qui n?est pas tout à fait guérie.
Comme chez de plus en plus d?adolescentes, c?est l?appât du gain qui a d?abord attiré Cynthia. Et avant même de s?en rendre compte, elle s?est laissé entraîner dans une spirale infernale. Cette sombre période lui a laissée pas mal de séquelles.
C?est en faisant un pari avec des amies dans une boîte de nuit que tout cela a commencé. « C?était pendant les vacances à la fin d?année. Je devais séduire un touriste qui était dans la boîte et à la fin de la soirée, il m?a proposé de l?accompagner à son hôtel. Mes amies m?ont poussée à accepter et j?ai donc passé la nuit avec lui. Je suis restée trois jours à l?hôtel en sa compagnie », explique Cynthia, esquissant un sourire.
Pour ne pas se faire prendre, elle explique à ses parents qu?elle dort chez l?une de ses copines. Trois jours durant, l?adolescente, alors âgée de 17 ans, est traitée comme une « véritable princesse » : dîners à l?hôtel, balade en catamaran et une journée entière à l?île-aux-Cerfs. Et ce n?est qu?un début.
Cynthia comprend très vite qu?elle peut enchaîner les conquêtes auprès des touristes en vacances à Maurice ? « pour frimer devant les copines » ? et profiter de leur train de vie. « Pour moi, cela n?avait rien à voir avec de la prostitution. C?était simplement des petits copains qui me faisaient beaucoup de cadeaux », lâche la jeune femme, qui affirme vouloir aujourd?hui une vie « plus stable ».
« Ce qui comptait, c?était d?avoir de beaux cadeaux »
Mais ça n?a pas toujours été le cas. Il lui est arrivé d?enchaîner des relations avec des hommes dont elle ne connaît même pas le prénom. « Cela n?avait aucune importance. Ce qui comptait, c?était d?avoir de beaux cadeaux. Je savais bien qu?ils m?offraient tous ces présents pour pouvoir seulement coucher avec moi, mais je m?en fichais », confie-t-elle.
Lorsqu?on lui demande pourquoi elle a choisi de se prostituer, Cynthia s?énerve et affirme qu?elle ne demandait pas d?argent en échange de ses faveurs sexuelles. Enfin, pas toujours. « Il m?arrivait d?en demander, mais c?était uniquement lorsque j?en avais vraiment besoin », clame-t-elle. Et d?ajouter : « Mo ti pe plito bat bis. »
Après quelques mois, Cynthia présente deux de ses amies de classe à un groupe d?Italiens en vacances dans l?île pour une dizaine de jours. Les cadeaux pleuvent. Les relations sexuelles s?enchaînent. Les trois amies mènent la grande vie. « Ils nous donnaient tous les jours des euros que nous partions échanger aussitôt. Nous n?avions pas vraiment honte de ce que nous faisions. Ils avaient ce qu?ils voulaient, nous aussi », explique Cynthia, qui dit avoir trouvé cela normal.
« Mo kroir ki zot contign bat bis »
À demi-mot, elle nous confie également que les rapports sexuels n?ont pas toujours été protégés. Elle est même tombé enceinte à deux reprises et s?est fait avorter. « Je ne regrette pas de l?avoir fait. Je ne voulais pas d?enfants à ce moment-là, et de toute façon, mes parents ne l?auraient jamais accepté », nous assure-t-elle.
Les trois amies ne se refusent rien.
« Nous avions beaucoup d?argent. Les autres filles de la classe nous enviaient et cela nous faisait plaisir. Elles voulaient tout savoir de nos soirées et de nos week-ends.
Je pense que je l?ai fait pour me sentir au-dessus des autres », confie Cynthia. Il ne se passe pas un week-end sans que cette dernière et ses amies ne « chassent » des vacanciers en boîte de nuit.
Jusqu?au jour où l?une de ses copines est vue par certains de ses proches en compagnie du groupe de vacanciers. « Elle a eu de gros ennuis avec ses parents. Apre, zot finn racont tou mo ban parant ek mo finn gaign problem ossi », raconte la jeune femme. Ses parents lui ont mené la vie dure, la récupérant tous les jours à la sortie de l?école, surveillant la moindre de ses sorties.
Mais Cynthia a mis fin à ses études secondaires il y a un peu plus d?un an, après avoir échoué à deux reprises à ses examens du School Certificate. « Je n?ai jamais vraiment aimé l?école », résume-t-elle, en balayant cette période de sa vie d?un revers de main. Depuis, elle s?est trouvé un emploi dans un restaurant de la capitale où elle est serveuse. « Quand j?ai fini le travail, je rentre directement chez moi. Mes parents ne veulent plus que je sorte en boîte de nuit », lâche Cynthia qui assure que cette situation ne la dérange pas trop.
Et qu?en est-il pour ses amies ? « Mo pa truv zot tro souvan. Mo kroir ki zot contign bat bis. » Une situation dans laquelle se laisse entraîner de plus en plus d?adolescentes.
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