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Clément Jeewooth, par amour pour Plaisance

2 avril 2006, 00:00

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Homme de petite taille, porté par un immense sens du devoir, Clément Jeewooth se donne corps et âme à la mission qu?il s?est attribuée : prévenir et faire prendre conscience de la toxicomanie et du sida parmi les habitants de Plaisance.

Tout commence lorsqu?il voit arriver le ministre Rama Valayden. Il se dit alors, que lui, simple habitant qui côtoie tous les jours ces toxicomanes, devrait leur venir en aide et faire de son mieux pour redorer le blason de ce lieu. Autrefois, plusieurs activités étaient organisées dans le village : concerts, matchs de football. Mais aujourd?hui, plus rien. Les habitants n?ont plus de loisirs et sont ainsi tentés de se tourner vers la drogue.

En tant que chauffeur de taxi, Clément Jeewooth sillonne tous les jours les rues de Plaisance. Il est témoin de l?ampleur que prend la drogue parmi les jeunes.

« Les jeunes sont l?avenir. S?ils sont en danger, c?est notre avenir qui est en danger », confie-t-il, inquiet.

Clément Jeewooth fait alors de son mieux pour regrouper le maximum de citoyens. Ces derniers, également conscients du besoin d?un travail sur le terrain, répondent nombreux. `

Le 5 décembre 2005, ils organisent leur première réunion et vu le succès qu?elle connaît, ils en font une deuxième le 12 décembre. Par la suite, ils étoffent leurs actions et mettent en place une campagne de dépistage du sida le 17 décembre.

Les chiffres de cette campagne révèlent parfaitement le besoin d?un travail sur le terrain. Sur les 80 tests qui ont été faits, huit sont positifs sans compter le nombre déjà existant, et d?autres qui n?ont pas été répertoriés ou détectés.

Un travail qui porte ses fruits

La motivation se fait donc de plus en plus grande. Au sein même du groupe, Clément Jeewooth établit une autre cellule composée, de lui-même, d?Iqbal, un ancien toxicomane, et des membres du groupe OSB. Ils véhiculent gratuitement les toxicomanes ou les malades du sida vers les centres d?aide et de soin. C?est, pour eux, une manière de venir en aide à ceux atteints du virus et à l?entourage qui est émotionnellement affecté. « C?est une grande satisfaction de voir que nous sommes capables d?aider ces gens et de les soulager », déclare Clément.

Il apporte également sa contribution à la minimisation de la propagation du virus en distribuant gratuitement des préservatifs aux toxicomanes et aux prostitués. Ce dévouement porte ses fruits, car six toxicomanes se sont déjà rendus au Centre de Solidarité pour tenter de se sortir de l?emprise de la drogue.

Mais pour Clément Jeewooth, il y encore du chemin à faire. Il s?indigne devant l?attitude des autorités qui semblent se focaliser principalement sur l?après-consommation. « Que faire de ces toxicos ? », semblent-elles se dire. Leur action se limite à mettre ces derniers en prison.

Ce dont on a besoin, c?est d?une prévention, arriver à cerner tout ce qui peut pousser un individu vers cette substance. « Personne n?est à l?abri. N?importe qui peut succomber à la tentation et ne plus pouvoir s?en sortir. On ne condamne pas celui qui fume tranquillement sa cigarette mais le toxicomane est stigmatisé et victime de discrimination. Où se trouve la logique ? », s?interroge Clément Jeewooth. Ce regard sans tolérance de la société doit changer. « Le toxicomane ou celui atteint du virus finit par avoir honte à cause des préjugés et reste caché. Et il faut à ce moment-là trouver le moyen de l?aider », déclare-t-il.

Clément Jeewooth ne s?arrête pas au Groupman solidarité Plaisance. Il participe aussi activement à la préparation de l?AIDS International Commemorial Candlelight Memorial qui aura lieu le 21 mai. Maurice sera le 95e pays à y prendre part et il s?agira de sensibiliser la communauté internationale sur le sida.

Clément Jeewooth sait qu?il lui reste encore beaucoup à faire. Néanmoins, il continue à faire ce travail avec assiduité et persévérance, et il y a une réelle progression. De plus, les gens n?hésitent pas à le suivre dans son combat?

S. A

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