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Climat propice pour une reprise du tourisme

31 janvier 2006, 20:00

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Le tourisme pour remonter le moral. En attendant que les nouveaux pôles industriels atteignent leur vitesse de croisière, la croissance nationale devra beaucoup compter sur une activité touristique revigorée.

Le gouvernement mise sur une progression annuelle de 10 % (avec à la clé un objectif de 2 millions d?arrivées par année à partir de 2015). Une ambition calculée et réalisable, selon les décideurs politiques. L?année 2006 sera le point de départ d?une dynamisation de cette industrie: augmentation de la capacité de transport aérien, consolidation des marchés traditionnels, développement de nouveaux marchés et élargissement de la gamme de produits.

Les Assises du tourisme prévues pour les 9 et 10 février prochain se pencheront sur les forces et faiblesses de ce secteur et essayeront de dégager la voie à suivre. ?Ces assises permettront de créer une synergie et une plus grande concertation au sein de l?industrie vers un objectif commun, c?est-à-dire la croissance forte et durable. D?où l?idée de faire comprendre que le tourisme est l?affaire de tous les Mauriciens. Nous devons absolument doper la croissance. Il y a un travail titanesque à abattre. Nous devons tous ensemble contribuer à rendre le produit plus attrayant?, souligne Karl Mootoosamy.

Les assises détermineront les nouveaux contours de l?industrie. L?objectif de 2 millions d?arrivées en 2015 ne saurait se faire dans les conditions existantes même si elles s?améliorent. Il faut un changement en profondeur du produit et dans la stratégie de pénétration des marchés.

Le gouvernement jette les premières bases de cette nouvelle impulsion du tourisme : maintenir l?effort de la libéralisation de l?accès aérien et revoir le branding de Maurice comme un produit touristique. ?Nous devons susciter la grande confiance dans la destination en repartant avec beaucoup plus d?agressivité sur les marchés?, affirme Karl Mootoosamy.

2005 aura été une année riche en enseignements. Les autorités ont favorisé une plus grande ouverture du ciel lors de la période de pointe de fin d?année. Le résultat est éloquent: le nombre d?arrivées en décembre 2005 s?est accru de 16 % par rapport à la période correspondante en 2004.

Les hôtels ont réalisé des taux de remplissage beaucoup plus importants que lors des années précédentes. L?hôtellerie a retrouvé un certain feel good factor. Et il n?y a pas que les grands groupes qui en profitent. ?Il y a eu un changement drastique. Le taux d?occupation s?est nettement amélioré. Il y a de la place dans les avions tous les jours. Nous en profitons pleinement. Puisque la demande a augmenté, nous pouvons maintenant nous permettre d?augmenter les tarifs de nos chambres?, indique Alain Pinagapany, directeur de l?hôtel Villas Caroline.

Grâce à une plus grande capacité aérienne, les hôteliers disposent d?une meilleure marge pour négocier avec les tour-opérateurs à l?étranger. En raison du manque de places dans les avions, les opérateurs mauriciens étaient contraints d?accepter les termes des voyagistes qui avaient pris l?habitude de vendre Maurice à bon marché. Les petits établissements, en particulier, subissaient ce diktat.

Peut-on bâtir une croissance forte sur cette nouvelle ambiance ? Le vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, Xavier Duval, dit croire en une croissance de 10 % pour 2006. Il mise sur un accès aérien plus ouvert par rapport à certains marchés porteurs et ceux en pleine croissance. Le ministère explore actuellement des marchés qui soient plus à même de remplir les chambres d?hôtels durant la basse saison. Les Indiens, par exemple, voyagent le plus souvent durant les mois de mai à septembre pour fuir la moisson dans leur pays. C?est justement la période creuse chez nous. Une mission sera en Inde du 13 au 17 février prochain pour voir dans quelle mesure la destination mauricienne peut attirer cette clientèle.

Le branding de la destination et les efforts de promotion plus agressifs devraient donner des résultats dans le court terme. Les premières estimations du Bureau central des statistiques (BCS) font état de 825 000 arrivés pour 2006, soit une croissance de 8,5 % (les statisticiens du BCS sont moins optimistes que le ministre Xavier Duval).

Encore faut-il pouvoir maintenir le tempo. En tout cas, les solutions à la va-vite ne suffiront pas. La solution durable se trouve en grande partie dans l?ouverture de l?espace aérien. Le transporteur national, Air Mauritius, est au c?ur de cette équation, même si les critiques postulent que la politique aérienne ne saurait être centrée sur Air Mauritius.

?Tous ces résultats positifs dont l?on est en train de faire état sont le reflet de nos efforts. Nous sommes un acteur incontournable dans le monde touristique. Nous sommes liés à Maurice. Nous n?avons pas la latitude de nos concurrents qui eux peuvent délaisser ce marché si jamais les choses ne vont pas bien pour eux. D?autre part, un client qui voyage par Air Mauritius est plus précieux à l?économie mauricienne que celui qui voyage par une ligne étrangère?, explique Robert Alizart, conseiller à Air Mauritius.

L?ouverture du ciel devra se faire avec plus de prudence. L?arrivée de nouveaux transporteurs dans le paysage mauricien ne signifie pas nécessairement un agrandissement du marché. Air Mauritius craint une possible déviation de la clientèle existante vers d?autres lignes. ?Si le résultat final est d?affaiblir Air Mauritius et non pas d?agrandir le marché, on n?aura pas obtenu grand-chose?, met en garde Robert Alizar.

Dans une grande mesure l?action d?Air Mauritius correspond à la politique du développement de l?industrie touristique. Sa stratégie est du reste de consolider ses parts de marché dans des gisements de touristes importants en Europe, et de développer des nouveaux marchés qui sont porteurs de croissance; telles l?Inde et l?Afrique du sud.

Les opérateurs sont convaincus qu?il faut compter de plus en plus sur les autres lignes aériennes pour exploiter les opportunités qui se présentent et réaliser les objectifs fixés.

Maurice devra réunir les conditions pour profiter de la bonne conjoncture du tourisme mondial (croissance de 5,5 % en 2005, après un taux de 10 % en 2004, et prévision de croissance de 4 à 6 % pour l?année en cours). L?Afrique subsaharienne a récupéré une partie de cette progression. Maurice devra améliorer sa visibilité sur la carte mondiale du tourisme tout en élargissant sa gamme de prestations. D?autres pistes de création de richesses sont identifiées par le gouvernement. Le tourisme d?affaires et le tourisme médical sont des créneaux à même d?attirer une clientèle qui dépense beaucoup.

Le produit se diversifie. D?où la nécessité d?un nouveau brand pour la destination.

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